10 octobre 2007 par Stéphane | Catégorie En campagne.
Dans un billet récent, je demandais la transparence sur les revenus des élus.
Bertrand Delanoë a décidé de rendre publics son patrimoine et ses revenus. Je m’en félicite.
«J’ai un appartement de 56 m² dans le VIe arrondissement, sur lequel j’ai un crédit jusqu’en 2016. Je viens d’acheter un terrain de 550 m2 à Bizerte, la ville de mon enfance, en Tunisie, et j’y ai fait construire une maison d’environ 200 m². Coût total: 250 000 dinars tunisiens, soit 150 000 €, financés par les droits d’auteurs de mon livre «La vie passionnément», ainsi que par quelques économies et un emprunt de 15 000 €. En tant que maire et président de conseil général, je gagne 8500€ bruts. Après impôts, déduction des cotisations retraite et au PS, il me reste 4500 € net. Je perçois également mes deux retraites de député et de sénateur, soit 2700 € au total (1100 € et 1600 €), ce qui me donne droit à la sécurité sociale. Je perçois aussi une indemnité de représentation de 2400 € mensuels (costumes, repas, fleurs…), votée au Conseil de Paris, et dont l’utilisation est encadrée. A titre de comparaison, tout parlementaire dispose d’une indemnité de représentation de plus du double, dont l’utilisation est à sa seule appréciation ».
En relation avec les régimes spéciaux, il est intéressant d’observer qu’avec un seul mandat de député (1981-1986) et un seul mandat de sénateur (1995-2001) Bertrand Delanoe percoit à l’âge de 57 ans seulement deux retraites d’un montant total de 2700 euros soit deux fois le montant moyen de la retraite des français
Voici les indemnités de fonctions des titulaires de mandats locaux.
A quand la publication des revenus et des patrimoines des candidats à la mairie de Nice ?
La transparence est un gage d’intégrité.





















je ferais bien la mienne mais je crains que tout le monde s’en foute
Sans sous-estimer ton importance dans la vie politique du deuxième canton des Alpes-Maritimes, je pensais uniquement aux têtes de liste des élections municipales.
En revanche, au titre des élections cantonales, c’est à toi de voir si l’intégrité mérite mieux qu’une boutade et n’est pas un mot vain.
En ce qui me concerne, l’honnêté d’une homme politique quant aux promesses faîtes au cours d’une campagne électorale et la mise en oeuvre pour que celles-ci soient tenues une fois élu m’importe bien plus que sa déclaration de revenus. Heureusement que la valeur d’un homme ne dépend pas du montant figurant sur ses relevés de compte. La transparence d’une homme politique est peut-être une bonne chose mais je pense que ce n’est pas l’essentiel, loin de là .
Et le montant de mon découvert, cela intéresse quelqu’un ?
Oui Fançoise, oublions que la vaste majorité de nos parlementaires s’acharnent à défendre leurs intérêts acquis en protégeant leur propre régime spécial. Tant qu’ils rendent le peuple heureux en tenant leurs promesses tout va bien. Cela permet aussi de stigmatiser les citoyens gagnant 4000 euros.
Ou bien encore cela permet de faire croire que les indemnités d’un maire d’une grande ville ne permettent pas de vivre "décemment" alors qu’il touche 5200 euros bruts par mois et 2700 euros d’indemnité de représentation.
Il y a le conservatisme compassionnel consistant à laisser les riches s’enrichir pour qu’ils puissent donner du travail au pauvre.
Il y a maintenant la politique compassionnelle consistant à fermer les yeux sur les conditions d’exercice des mandats afin que les élus rendent le peuple heureux.
Avec ce genre de raisonnement, les indemnités perçues par les élus locaux seraient toujours non imposables. Ce n’est que depuis 1992, grâce à un député socialiste, que ces indemnités sont soumises à imposition.
Je me demande quelle mouche à piquer Delanoë ? Il a pourtant tenu ses promesses. Et au surplus sa réélection est plus que probable.
La moralisation de la vie politique est nécessaire.
Stéphane, Stéphane, Stéphane !!! Je ne peux être que d’accord avec toi, évidemment ! Delanoë a toute mon estime et j’espère bien qu’il sera réelu !Il est d’ailleurs l’un des rares à avoir, lors de son élection à la mairie de Paris, démissionné de son siège de sénateur. Le cumul des mandats est une exception française et assure à un bon d’élus un parachute très utile !!!
Je me répète mais j’ai dit que la transparence est une bonne chose mais qu’elle constituait pas l’essentiel. Dans ce contexte de crise locale, il me semble plus important actuellement de relever ses manches et de préparer ces campagnes électorales locales que de s’interroger sur le montant des revenus des têtes de liste municipale et des candidats aux cantonales.
Ce n’est jamais le bon moment de parler des choses qui dérangent. Je ne vois pas pourquoi cela serait le bon moment pour Delanoë et pas le bon moment pour la tête de liste socialiste à Nice.
Lorsque l’on choisit l’intégrité comme thème de campagne, c’est au contraire le moment opportun de donner concrètement du sens à ce mot. Il s’agit là d’un geste emblématique.
D’autant que concernant Patrick Allemand, je ne crois pas qu’il s’agisse d’un point "qui dérange" comme tu dis. Plus exactement, parce que même si c’était le cas ça ne serait pas si dérangeant, je ne crois pas que Patrick a un patrimoine si important que ça (quoique je parle un peu sans trop savoir).
Alors que la transparence transparaissent…
La question devrait être posée differemment : dévoiler les revenus de chacun de nos élus (hors revenus tirés de leurs mandats, qui sont publics en bonne partie) n’a pour seul objet que de dévoiler ce que l’on sait déjà , à savoir que seules les classes moyennes et supréieures peuvent se permettre un investissement politique sur le long terme de nature à assurer un jour une chance, et seulement une chance, de se confronter au suffrage populaire avec succès. En revanche, il serait plus utile d’appliquer une politique de tolérance zéro à l’égard des élus qui ont "fauté" et ont été condamnés en justice (remboursement intégral des indemnités, interdiction définitive de droits civiques, suppression des retraites …). Que certains soient riches tout en faisant de la politique, ca ne contredit aucun principe républicain, alors quelle importance ? En revanche, toutes les amnisties, dispenses de peines, irresponsabilités etc etc etc en matière d’utilisation frauduleurses des fonds publics ou du pouvoir procuré par un mandat souillent la République d’une tâche de sang qui ne part pas au lavage (pour reprendre lamartine tout en l’adaptant à cette question).