Le blog de la Section du Parti Socialiste Nice Masséna - Urgence écologique !

Urgence écologique !

13 novembre 2008 par Bob | Catégorie Environnement.

L’ampleur des menaces qui pèsent sur les écosystèmes terrestres, le danger du dérèglement climatique, le développement des catastrophes naturelles, la montée des prix du pétrole, la rareté ou la réduction des stocks de gaz, d’énergies fossiles et d’eau vont bouleverser profondément les équilibres géopolitiques comme les données économiques et financières du monde. Plus que jamais, il y a urgence à ce que chacun soit responsable de la planète et la protège à son échelle.

Claude Lorius a reçu hier le prix Blue Planet à Tokyo. Père de la glaciologie moderne, il a été le premier à exploiter la présence de CO2 dans les carottes de glaces polaires pour établir un lien expérimental entre changements climatiques et concentrations des gaz à effet de serre. L’entretien accordé au journal Le Monde est sans équivoque sur la gravité de la situation…

Un peu plus de vingt ans après vos travaux publiés en 1987 dans la revue Nature, tout le monde se pose la question : est-ce réversible ?

Honnêtement, je suis très pessimiste… Sur les CFC (chloro fluoro carbures), on voit bien que l’arrêt de leur utilisation a permis de réduire le trou dans la couche d’ozone, mais en ce qui concerne la crise climatique, on sait que même si on stabilisait aujourd’ hui les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre ne disparaîtrait pas pour autant. Il est là pour un moment…

Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu’on va subir un réchauffement : on prévoit d’ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l’âge glaciaire à l’holocène ! Et je ne vois pas que l’homme ait actuellement les moyens d’inverser la tendance.

Poussant jusqu’au bout la logique d’un dérèglement du climat, certains évoquent aujourd’hui le retour d’une ère glaciaire. Est-ce envisageable ?

Dans un certain nombre de milliers d’années… Aujourd’hui, c’est totalement hors de propos ! Les périodes de réchauffement et de glaciation montrent des cycles de 100 000 ans, dus à la trajectoire de la Terre autour du Soleil en suivant une ellipse qui s’altère très légèrement, mais suffisamment pour modifier le climat sur ces très longs termes. Ce qui est nouveau, et que nous avons montré avec l’analyse des bulles d’air emprisonnées dans la glace, c’est que désormais l’homme, en multipliant les gaz à effet de serre, a accéléré un cycle de réchauffement sur un très court terme.

Rapide, irréversible… Cela ressemble tout de même à un scénario catastrophe.

Je ne crois pas que l’homme va disparaître. Les paysages vont changer, les glaciers vont fondre : la liste des impacts est impressionnante parce que, sur cette question, tout est interdépendant… Ainsi, si le permafrost - ce couvercle de glace qui recouvre les sols arctiques - fond, il va libérer du méthane qui, en retour, va accentuer l’effet de serre et aider ainsi à la fonte des glaces. Et plus la surface de celles-ci diminue, plus leur pouvoir réfléchissant disparaît, amplifiant encore le réchauffement…

C’est sûr, nous aurons des catastrophes, des cataclysmes, des guerres. Les inondations, les sécheresses, les famines s’amplifieront, mais l’homme sera toujours là. Ce que nous devons comprendre, c’est que nous entrons dans une nouvelle ère, l’anthropocène, où pour la première fois dans l’histoire de la Terre, l’homme gouverne l’environnement. Il est la première cause des menaces et modifications qui pèsent sur la planète : à lui de savoir ce qu’il veut en faire et comment il va se comporter avec elle.

Une nouvelle ère ?

L’idée n’est pas de moi, mais elle est essentielle dans la compréhension des évolutions du monde dans lequel nous vivons. C’est le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen, qui - le premier - a associé le début de l’anthropocène à l’augmentation des concentrations en CO2 telle que l’a montrée l’analyse des glaces. Mais cet impact humain ne concerne pas seulement le climat. L’occupation des sols, l’utilisation des ressources, la gestion de nos déchets sont autant d’agressions à la planète qui relèvent de l’homme et le menacent.

Pour le réchauffement climatique, la question de l’énergie est le levier essentiel. Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par quatre, la consommation d’énergie dont dépendent les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40 ! Certains affirment aujourd’hui que la courbe d’augmentation de la population va se calmer. Sans doute. Mais la courbe de la consommation d’énergie, elle, n’a aucune raison de plonger !

Si l’homme est responsable, gardien de cette Terre, quels moyens a-t-il de la sauver ?

Pour le coup, ce n’est pas mon domaine de compétence… Je ne sais pas. Et c’est là que réside mon pessimisme : je ne vois pas comment on va s’en sortir. Le problème majeur est la question de l’énergie. Il faut arriver sur ce plan à une gouvernance internationale, mais ce n’est pas possible actuellement, ou en tout cas je ne vois pas comment… Regardez le Grenelle de l’environnement ! C’était un bel effort, mais au final, il n’y a pas l’argent suffisant pour mener une politique efficace à court terme… La moindre velléité de mettre une taxe sur les 4×4 rend les politiques fébriles de devenir impopulaires… et ce n’est pas en habillant Total en vert qu’on va changer quoi que ce soit.

N’existe-t-il pas de possibilité d’un nouvel ordre économique basé sur le développement durable ?

Le développement durable est une notion à laquelle je ne crois plus. On ne peut pas maîtriser le développement. Et pour être durable, il faudrait être à l’état d’équilibre, or cet équilibre n’existe pas. C’est un terme trompeur. Avant, j’étais alarmé, mais j’étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. J’étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd’hui, je ne le suis plus… sauf à espérer un sursaut inattendu de l’homme.

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3 commentaires à l'article “Urgence écologique !”

  1. Yann | 13/11/08

    très bon post jean régis je suis un peu moins pessimiste que l’auteur mais je partage son diagnostique.
    L’écologie est un défi pour l’humanité toute entière et il faudra beaucoup de volonté politique pour inverser la tendance actuelle mais je sais qu’avec David nous sommes au moins trois militants résolus dans la section :)

  2. corine | 13/11/08

    4…je dirais que j’y pense depuis environs 15 ans..:)

  3. jean marc | 14/11/08

    j’en ai déjà fait part lors d’une réunion de section pendant l’election cantonale en présentant le livre de Larrouturou.

    Le stock d’air,d’eau,de matière premiere est fini.

    La population augmente,et ,le niveau de vie occidentale appliqué à l’humanité entière est impossible.
    Il nous faudrait 4,5,6 globes terrestres pour vivre au niveau de vie occidentale et encore pour quelques dizaines d’années.

    les références économiques avec taux de croissance,augmentation du PIB, sont, je pense à court ou moyen terme obsoletes.
    le partage des ressources pour le maintien de la vie est limité.
    Le partage se fera de grès ou de force par la limite naturelle.
    Le partage sera négocié ou imposé par la force quelle qu’elle soit.

    Gouverner,c’est prévoir,la langue de bois n’a pas lieu d’etre.

    Nos sociétés hyper individualistes ne se projettent pas sur les solutions qui ne peuvent etre que collectives.

    L’intelligence de tous est requise.

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