24 janvier 2009 par Jean-Marc | Catégorie Parti Socialiste, Vie militante.
En décembre dernier lors de l’émission de télévision “Ripostes”, Alain MINC, le factotum de l’Elysée citait le “Théorème de Schmidt” comme réfèrence ultime de la politique de relance Sarkozy :
“Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain”
1-Effectivement,les profits ont explosé au détriment des salariés, depuis 1981,le transfert net de la rémunération salariale aux détenteurs du capital a augmenté de 11 points de PIB par an soit 200 milliards d’euros.
2-Non,l’investissement n’y est pas.La financiarisation des entreprises a inversé totalement l’affectation des marges aux actionnaires.
De 2/3 à l’investissement ; 1/3 à la rémunération des actionnaires à 2/3 à la rémunération des actionnaires contre 1/3 à l’investissement.
3-Pas de création nette d’emplois,recul net des CDD après la loi sur les heures supplémentaires(Loi Tepa),plusieurs centaines de milliers de chômeurs attendus pour les mois prochains.
Le plan de relance du PS a la volonté de répondre à l’urgence économique et SOCIALE.Si la volonté de relance doit se concrétiser par la relance de l’investissement public,l’urgence sociale se doit d’être prise en compte.
Le plan Sarkozy est muet à cet égard.Le plan du PS marche sur ses deux jambes.
Pour le détail reportez vous au document complet mais je tiens à rappeler ici les montants au soutien du revenu des plus affectés par la crise :
1 - 500 euros à tous les bénéficiaires de la prime pour l’emploi soit 9 millions de salariés (6,3 md€)
2 - Hausse du smic de 30 euros nets (1 md€)
3 - Baisse de la TVA de 19,6 % à 18,6 % (6,5 md€)
4 - Majoration de 10 % des allocations logement ( 2 md€ )
5 - Indemnisation du chômage et créations d’emplois ( 8 md€ )
Le total des moyens financiers engagés est de 50,5 md€ soit 2,5 % du PIB,objectif moyen conseillé par l’OMC,organisme bien connu pour être fagocyté par des gauchistes anti-sarkozistes !
L’effort budgétaire réel serait de 40 md€ compte tenu de l’annulation de la loi Tepa et de certaines niches fiscales.




















Alors là, si du plan de relance on retient les 5 points que tu cites comme “montants au soutien du revenu des plus affectés par la crise”, je sais que je ne suis pas calé en économie, mais quand même, soit je suis vraiment dans le cirage, soit j’ai loupé un épisode… mais je ne comprends pas.
Un plan de relance table, en général, sur deux aspects à la fois : le court et le long terme.
1/ 500 € pour les bénéficiaires de la prime pour l’emploi. C’est-à-dire ? 500 € c’est du plus que ponctuel, cela aide la catégorie déjà très limitée des bénéficiaires d’une prime dont les critères d’obtention sont souvent critiqués. Où va-t-on avec 500 € ? Et les autres ? Ah oui, en lisant mieux, cette prime de 500 € est aussi versée aux bénéficiaires de minima sociaux. Mais c’est toujours le principe d’une prime, versée une fois, en février, alors que la crise, elle, va durer. A mon sens, c’est très précisément ce que tout gestionnaire de fonds publics cherche à éviter : du saupoudrage.
2/ Hausse du SMIC de 30 € net. C’est bien,mais les autres ? Ceux qui sont juste au dessus du SMIC ? Augmente-t-on tous les salaires de 30 € ? Que fait-on pour ceux qui ne sont pas répertoriés dans une catégories aidées (SMIC, Prime pour l’emploi, RMI-RSA, etc) ? pour tous ceux qui supportent la crise, les “classes moyennes” qui subissent sans cesse et sont toujours oubliées ? Ah oui, j’ai trouvé dans le texte… des accords salariaux devant intervenir avant… septembre !
3/ Baisse de la TVA de 1 % : enfin du lourd ! Quoique sur le montant de la baisse, je ne suis pas assez connaisseur pour apprécier… je crois que la Grande Bretagne a baissé sa TVA de 2 %…
4/ Majoration de 10 % des Aides au Logement… alors là, c’est la plus absurde des propositions ! Les bailleurs peuvent augmenter tant qu’ils veulent les loyers, l’état comblera en augmentant les aides au logement ! avec nos impôts ! Non, non et non : il vaudrait mieux, crise oblige, geler temporairement l’augmentation de tous les loyers, et pas seulement ceux des zones à forte hausse.
5/ Indemnisation du chômage et création d’emploi… concrètement, ça veut dire quoi ? Ben juste ce qu’on savait faire dans le gouvernement Jospin : emplois aidés et retraites anticipées…
Dites-moi un peu, on aurait pas un peu oublier le long terme dans tout ça ?
Et, au fait, pour se démarquer du plan Sarkozy, il fallait pas proposer des idées… comment dire… novatrices ?
Ne pas oublier aussi:
- l’octroi de prêts avantageux aux collectivités locales pour soutenir l’investissement alors que le gouvernement se contente d’avances de trésorerie.
- le plan de sauvegarde d’1,4 milliards pour sauver l’hôpital public
- l’encadrement des licenciements boursiers qui, pour le coup, nous éloigne de la période Jospin (Lu et Moulinex)…
A noter aussi : le recul des propositions du parti socialiste sur l’écologie entre la campagne présidentielle, les motions et le plan de relance.
La croissance verte proposée par le plan de relance consiste en mesure incitatives pour les particuliers, crédits publics pour l’éco-industrie, développement du transport propre (sans mesures concrètes sur les voies fluviales ou le ferroutage) et enfin, seule proposition de taille, un programme de dé pollution des sites pollués (mais est-ce bien là une mesure de relance économique ?).
Cela reste en deçà de l’excellence environnementale prônée lors des présidentielles qui prenait comme axe la création de richesses et d’emplois par l’écologie (avec création de nouveaux métiers dans l’isolation thermique massive des logements anciens par un programme ambitieux lancés par l’Etat).
Et cela reste aussi en deçà de ce que proposaient certaines motions, notamment sur la gestion de l’eau, de l’isolation thermique ou des énergies solaires et éoliennes, qui devaient, en plus du respect de l’environnement, baisser les frais et charges des particuliers et des collectivités.
D’accord avec toi David sur l’écologie, on est loin d’un green deal à la française
Comme dit Martine Aubry dans l’hebdo des socialistes de cette semaine:
“Nous savons que nous ne réglerons pas,avec ce plan,les problèmes fondamentaux et de structure du système actuel.Mais nous avons là un plan de nature,si nous sommes suivis par le gouvernement,à sortir la France de l’ornière.Pour nous,cette première étape,en appelle une secondebien plus essentielle,sans laquelle rien n’est réglé:le système doit être totalement repensé.Nous y travaillons déjà et nous ferons des propositions dans les mois à venir”.
Personnellement je suis très attaché à une véritable redistribution des richesses produites.
200 milliards d’euros annuel captés par le capital entre 1981 et 1995.La gauche était au pouvoir!
La réduction du temps de travail.Un français est de 20 à 30% plus productif qu’un anglais ou un italien,il y a de la marge pour réduire le temps de travail et taxer les revenus du capital pour l’équilibre des comptes sociaux.
Le libre échange est devenu complètement fou,les chinois,les indiens sont aussi bien formés,éduqués que les occidentaux avec des coûts salariaux et sociaux totalement inégaux au nôtre.
Oui au tarif extérieur commun,oui à un diktat face aux chinois pour le respect de normes sociales et environnementales.
Oui à une négociation européenne pour un protectionnisme européen négocié et principalement avec notre premier partenaire commercial : l’Allemagne.
Nous avons martyrisé nos ouvriers et employés pour la désinflation compétitive de années 1990( 3 millions de chômeurs et une déroute aux législatives de 1993,Beregovoy ne s’en ai pas remis, sa culpabilité le ronge t’il encore au paradis socialiste?
Nous sommes dans un monde fini(matières premières,eau,air),la croissance économique se prétend infini,il faudrait bien changer de paradigme:produire,partager et conserver ce monde vivable.
Le changement sera chaotique mais inévitable !
Oui et… non à la fois. J’ai repris, un peu trop rapidement c’est vrai, le texte du plan de relance. Il y a de très bonnes choses. Mathieu a raison de citer, par exemple, le plan de relance de l’hôpital. J’ai évoqué plus haut le programme de dépollution. Tu as raison de citer Aubry lorsqu’elle replace ces propositions dans un effort général du parti socialiste pour faire évoluer les choses avec d’autres propositions à venir.
Mais, en même temps, si nous serons tous d’accord pour dire que sauver l’hôpital, déppoluer, ou encadrer les licenciements sont des bonnes mesures, irons-nous jusqu’à affirmer que ce sont des mesures de relance économiques ? Qu’elles vont rapporter, ne serait-ce qu’à moyen terme, plus qu’elles ne vont couter ?
Si la question est : “Avec l’argent débloqué par le gouvernement, vous socialistes, qu’auriez-vous fait ?” Alors ce texte est bon, en regroupant des propositions de relance, de redistribution et de sauvetage des acquis sociaux et des services publics.
Par contre, si la question est (et je crois bien que c’était la question posée) : “Que proposeriez-vous pour relancer l’économie française ?” Alors ce patchwork de propositions ne constitue pas un plan de relance…
Comparé au plan de la droite au pouvoir,y-a-pas photo,arrètons aussi peut-être de trop s’autoflageller.
Ne pas s’auto-flageller, certes, mais en toute honnêteté, Jean-Marc, une fois mise de côté la défense du parti, penses-tu vraiment que ces propositions peuvent relancer l’économie, si la crise financière est telle qu’on le prétend ?
je renvois à tous mes commentaires précèdents ainsi que l’article lui-même.