Le blog de la Section du Parti Socialiste Nice Masséna - 2009 janvier

janvier 2009

De la démocratie et de son avenir

Publié le 7 janvier 2009 par Persigny | Catégorie Réflexion.

Une tribune de Loïc Blondiaux publiée dans Le Monde, où le politologue s’inquiète de la volonté délibérée du gouvernement d’affaiblir les “institutions réflexives” de notre démocratie.

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A quoi tient la démocratie ? A la possibilité pour chaque citoyen d’exercer son pouvoir de critique sur la conduite du gouvernement, à la garantie d’un débat public ouvert et informé, au contrôle incessant de la société sur un pouvoir qui ne saurait prétendre être autre chose que le délégataire temporaire d’une légitimité qui ne lui appartient pas. Mais pour s’exercer, l’Histoire n’a cessé de nous l’apprendre, ces droits et ses libertés supposent l’existence et la préservation d’institutions réflexives capables de produire, en toute indépendance, les données, les cadres d’analyse, les manières de pensée indispensables à la vie démocratique d’une nation.

Or, depuis quelques mois, ce sont des pans entiers de cette infrastructure nécessaire aux libertés démocratiques qui sont un par un démantelés, sous prétexte de rationalisation, de “gouvernance simplifiée” ou de compétitivité internationale. Le dernier en date, la dissolution d’un observatoire de l’environnement, ancien établissement public national dépendant du ministère de l’écologie depuis 2004, l’Institut français de l’environnement, n’a rien a priori pour susciter l’émoi. Qui, en dehors des milieux intéressés, connaît cette institution ? Qui, hormis ces mêmes initiés, s’est inquiété de sa dissolution ? Personne ou presque. L’IFEN, correspondant français de l’Agence européenne pour l’environnement, produisait pourtant tous les quatre ans un état de l’environnement en France, consignant nombre de données statistiques indispensables à la mesure des pollutions de l’air, de l’eau, des sols, de la détérioration du littoral par l’industrie chimique et l’agriculture intensive.

Produite désormais par le ministère de l’écologie, la production des statistiques environnementales ne sera plus le fait d’une agence autonome. Quel est, par ailleurs, le point commun entre la reprise en main spectaculaire de l’audiovisuel public ; l’évidement du CNRS au profit d’un pilotage direct de la recherche publique par des agences dépendantes du gouvernement ; la disparition programmée de l’enseignement obligatoire des sciences économiques et sociales au lycée ; les menaces préoccupantes qui pèsent aujourd’hui sur l’indépendance de l’Insee ; les coupes sèches dans les subventions aux associations d’éducation populaire, jusqu’à la volonté, moins anodine qu’il n’y paraît, de supprimer les épreuves de culture générale dans les concours de la République, sinon l’affaiblissement d’instances et de lieux de savoir susceptibles de nourrir la critique dans une société démocratiquement active ?

Dans un monde où les sources d’une contre-expertise se seront taries, où les enfants seront éduqués dans l’amour du marché, où les voix dissidentes et porteuses d’une autre vision de l’intérêt général au sein de l’administration se seront tues, où les médias seront concentrés entre les mains d’une poignée d’industriels dépendants ou complices du pouvoir, serons-nous encore en démocratie ? Certes, il restera des élections, il restera des médias, comme dans la Russie de Poutine, mais la démocratie sera cliniquement morte.

Des idées pour l’Europe

Publié le 6 janvier 2009 par David Nakache | Catégorie Europe.

Vincent Peillon« On l’ignore trop souvent mais l’Europe est gouvernée par une droite qui en détient tous les leviers. Elle contrôle ainsi l’ensemble des institutions qui comptent à Bruxelles : avec 484 eurodéputés sur 785 au Parlement européen, avec 7 gouvernements sur les 27 États membres au Conseil et enfin Jose Manuel Barroso (conservateur portugais) à la tête de la Commission européenne. Si l’Europe a du mal à répondre aux attentes des citoyens, c’est aussi et avant tout pour cela (…).

Je soutiens l’idée que le Parti Socialiste Européen (PSE) présente un candidat issu de ses rangs à la Présidence de la Commission européenne. L’Europe a besoin d’incarnation pour que l’évidence s’impose à tous : J. M. Barroso est le candidat de la droite et la Commission européenne n’est ni neutre, ni exclusivement technocratique (…). »

Ceci n’est qu’un extrait de la “Lettre de l’Europe” de décembre 2008 de Vincent Peillon.  Ce dernier y dresse un premier bilan saisissant de la mandature 2004-2009, en abordant successivement plusieurs thèmes (”les solutions socialistes à la crise”, “la droite au pouvoir en Europe”, “2004 - 2009 : nos combats, nos succès”, “une présidence française en trompe l’oeil” et la PAC).

Des idées, des propositions, presqu’un programme…

http://peillon.typepad.fr/lettre03.pdf

Prochain rendez-vous de l’Université Populaire

Publié le 5 janvier 2009 par Hervé | Catégorie Réflexion, Vie militante, agenda.

Mardi 13 Janvier 2009 19h-20h45
Université Populaire
“Comment le corpus culturel libéral conditionne notre perception de l’environnement ?”
(Yann Codou)

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Hamon : La crise sociale va bousculer les politiques

Publié le 5 janvier 2009 par Bob | Catégorie Actualités, Crise sociale.

Dans un entretien pour le JDD, Benoit Hamon répond aux questions de Claude Askolovitch et évoque plus précisément la politique de Nicolas Sarkozy, génératrice de convulsions sociales majeures à l’aube de cette nouvelle année…

Martine Aubry dit que les socialistes vont travailler pour faire des propositions… Donc vous n’avez pas d’idées aujourd’hui ?

C’est une facilité ! Le PS a une responsabilité : construire une doctrine pour notre retour au pouvoir, dans un monde chamboulé. Je ne veux pas faire mon parti plus beau qu’il n’est. Nous sortons d’un congrès très dur. Nos débats d’idées ont été obérés par des enjeux de pouvoir. Mais on a la volonté de prendre les sujets sérieusement, c’est ce que nous demande Martine Aubry. Avec la crise financière, nous changeons d’époque. Ça ne se repense pas à la légère !

Ce n’est pas si compliqué - vu de gauche - d’analyser la chute du capitalisme financier…

Nous reprenons un travail intellectuel négligé pendant des années. La gauche avait renoncé à penser un autre système. Nous théorisions une simple variante protectrice du libéralisme ambiant. Tout le monde, par exemple, plaidait pour une plus grande flexibilité du marché du travail… La flexibilité, les salariés la subissent, mais aucun Etat n’a su organiser durablement les nouvelles sécurités. C’était une question grave avant la crise. C’est une question vitale aujourd’hui, tant les populations souffrent de la précarité et du déclassement. C’est là-dessus qu’on doit refonder la gauche.

Et cela nécessite tant de réflexion ?

Constater que Nicolas Sarkozy sacrifie le social, c’est facile, tant ça crève les yeux. Réclamer un pôle public d’investissement pour que l’Etat puisse avoir une stratégie industrielle, c’est plus structurant. Mais il y a toute une architecture à repenser. Le monde politique, la gauche incluse, ne fera pas sa mue sans heurts. La crise financière a provoqué la crise économique. La crise économique entraînera la crise sociale. La crise sociale forcera la crise politique. Il faudra attendre que la crise sociale, qui se répand partout dans le monde, trouve son débouché politique pour que les vraies ruptures s’opèrent.

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Faire la paix sans le Hamas, est-ce possible ?

Publié le 4 janvier 2009 par Bernhard | Catégorie Actualités, Réflexion.

Les Etats voisins d’Israël sous la conduite du ministre des relations extérieures d’Arabie saoudite, sont maintenant appelés à organiser une conférence avec Israël et les deux groupes palestiniens, Le Hamas et le Fatah. Exclure une partie des Palestiniens, et justement cette partie qui a été choisie et légitimée dans les élections, était une erreur irresponsable de la part des  USA et de l’UE. Aucune paix ne peut être trouvée avec seulement la moitié des Palestiniens, tandis que l’autre moitié reste bannie par ceux, qui prennent partie sans vouloir reconnaître cette situation injuste.

L’UE devrait réfléchir sur ses possibilités. Elle devrait faire pression sur Israël, pour  faire taire les armes, mettre fin aux blocus, et pour que Israël suive enfin  les résolutions fondamentales des Nations Unies. La raison de ce conflit qui dure depuis des décennies, et qui enflamme régulièrement cette région est le refus systématique de libérer les Territoires occupés malgré la situation juridique  qui va à l’encontre de cette occupation.

La crainte d’Israël des attaques est vraie et fondée. La stratégie de tous les gouvernements d’Israël d’opposer à la violence  la violence et de replacer la politique par des actions militaires  a mené dans un impasse de pure haine. Maintenant on arrive au  point, où c’est la raison qui doit prédominer: Israël doit trouver un accord avec ses voisins et rendre les territoires qui ne lui ont jamais appartenu. La paix est à ce prix, aussi bien pour la population israélienne que pour la population palestinienne

Election européenne 2009 : Europe et Protectionisme

Publié le 4 janvier 2009 par Jean-Marc | Catégorie Europe, Réflexion.

Emmanuel TODD

Emmanuel TODD

Texte intégral d’une intervention d’Emmanuel TODD devant des militants du MODEM.

Lu devant les tenants du libre échange,cela ne manque pas de sel.J’y souscris des 2 mains et n’y changerais pas une virgule.

Je suis ici le mauvais sujet. Je ne suis pas un bon Européen. Je ne crois pas à l’existence d’une culture européenne. Mes travaux sur les structures familiales m’ont plutôt conduit à voter non au traité de Maastricht, car je suis trop conscient de la diversité du continent. Ainsi, les structures familiales allemandes traditionnelles ressemblent beaucoup plus à celles du Japon qu’à celles de la France. Pour moi les différences entre catholiques et protestants sont largement aussi importantes que les différences entre catholiques et musulmans. Je suis un mauvais sujet. L’État social européen, j’y suis très attaché, mais justement c’est ce qui est en train de disparaître.

Je pense que je suis venu ici pour vous apporter le message des personnes qui n’y croit plus, en fait d’expliquer pourquoi.

J’ai voté “Oui” du bout des lèvres au traité constitutionnel européen.

Je parle de la réalité. C’est peu de dire que l’Europe n’intéresse plus les personnes. L’Europe est en train de devenir un concept négatif.

L’Europe est quelque chose qui est associé négativement dans l’esprit des personnes en matière de démocratie.

Aujourd’hui, on s’inquiète, ou plutôt on fait semblant de s’inquiéter du vote des Irlandais au traité européen par référendum, mais nous savons très bien après ce qui est arrivé aux Français, que, si les Irlandais votent “Non”, cela n’aura aucune importance. En effet, si on a réussi à se passer de l’avis des Français, on arrivera à se passer du “Non” des Irlandais.

Je suis en désaccord avec le précédent exposé que je trouve un peu catastrophiste sur l’immigration et qui présente une solution comme un problème.

Je trouve catastrophique que les seules choses sur lesquelles les Européens arrivent à se mettre d’accord soient des choses négatives, le contrôle de l’immigration, ou bien qu’ils spéculent sur d’éventuelles racines communes chrétiennes, toutes choses qui, pour moi, évoquent, je dirai, la menace de sentiments négatifs comme l’Islamophobie.

Je suis un Européen de raison et de résignation, pas d’enthousiasme. Pour moi, l’Europe est quelque chose de très simple. Ce n’est légitimement et formidablement qu’au lendemain de la dernière guerre mondiale - car les Européens en avaient assez de s’entre-tuer - que ce concept a pris, car, dans la première phase de son existence, l’Europe a été un succès économique.

L’Europe a marché, car elle était associée à la notion de prospérité économique. L’Europe, dans un premier temps, avait les taux de croissance formidable de l’après-guerre à 4, 5 ou 6 %. C’était l’accès à la société de consommation.

Actuellement, le désintérêt des personnes pour l’Europe voire leur hostilité, c’est que cette période est terminée. Et l’Europe prétend continuer d’avancer dans le contexte non plus simplement d’une baisse des taux de croissance, mais maintenant, ainsi qu’on l’a découvert au niveau des opinions cette année en France, avec une baisse des niveaux de vie.

On a, en fait, atteint, dans un pays comme la France, non pas simplement le stade de la baisse des revenus, mais le stade de la conscience de cette baisse du niveau de vie.

La situation n’est pas meilleure en Allemagne. La seule différence c’est que les Allemands se sont torturés volontairement en faisant une politique de modération salariale et ont obtenu volontairement ce qui est arrivé aux Français à l’insu de leur plein gré, comme l’on dit dans les films comiques !…

Je crois que la cause fondamentale qui mine l’idée européenne et qui fait que, si un changement d’attitude, un revirement des Européens convaincus ne se produit pas, cela produira des catastrophes, c’est la confusion qui s’est faite entre l’idéal européen et celui du libre-échange.

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