26 février 2009 par Jean-Marc | Catégorie Crise sociale.
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Il est délicieux de l’entendre dire que les libres échangistes sont des idéologues comme les bolchéviques d’autrefois.
Deux commentaires rapides :
1/ Sur le libre échange, Todd a bien évidemment raison. Le texte qui à mes yeux montre le mieux l’injustice réelle que représente le libre échange sous couvert de liberté est de Louis Blanc et date de 1850 : “Quoi ! voilà d’un côté des hommes qui sont en possession du sol, du numéraire, qui ont l’instruction, qui ont cette force immense qu’on appelle le développement de l’intelligence; voilà de l’autre, des hommes à qui toutes les ressources manquent; on déchaine au milieu d’eux la concurrence; on crie : Laissez faire ! Laissez passer ! c’est-à-dire qu’on met aux prises l’homme fort avec l’homme faible, l’homme instruit avec l’ignorant, l’homme ingambe avec le paralytique, et on appelle cela la liberté !”.
2/ Sur “Après la démocratie”, le dernier livre de Todd : je n’en suis qu’au début de ce livre par certains aspects réellement brillant. Mais il me semble quand même qu’il y a une contradiction entre d’une part critiquer comme il le fait le “national-républicanisme” qui ne consisterait qu’à dire, en schématisant, “c’était mieux avant”, et à ne prôner qu’un retour en arrière naïf vers un passé idéalisé, et d’autre part à avoir soi-même ce même réflexe lorsqu’il s’agit de jauger de la campagne présidentielle de 2007. Todd affirme que les deux candidats en présence n’avaient pas de programme. Cela me semble faux aussi bien pour Royal que pour Sarkozy. Il décrit l’élection de 2007 comme un “vide idéologique total”. Même si on est contre le sarkozisme, il faut reconnaître qu’il y a bien une idéologie derrière. La glorification fallacieuse de la valeur travail servant à dénigrer le chômeur ou le rmiste comme un profiteur du système, l’ultralibéralisme, le culte du mérite contre celui de l’égalité, l’immigration choisie servant à justifier la discrimination et l’exclusion, tout cela relève bien d’une idéologie, si nauséabonde soit elle.
Il affirme aussi que Royal n’est pas de gauche, ce qui est assez étrange. Même si l’on ne partage pas ses idées, lorsque l’on regarde le contenu des ses propositions et de son programme, il n’y a pas de doute possible. C’est assez surprenant de le voir ne pas tenir compte des aspect positifs et novateurs de la campagne de Royal (excellence environnementale ou démocratie participative).
C’est aussi assez étrange de le voir considérer que le front national est une parenthèse historique refermée depuis la récupération des voix du FN par l’UMP lors de la présidentielle. Les historiens nous ont habitué à un peu plus de prudence…
Le péché originel,selon Todd,c’est la non prise en compte,réflexion,actes sur le libre échange.
Depuis le virage libéral du début des années 80,le PS même au pouvoir a accompagné le mouvement.
Le libre échange pour lui est responsable de la baisse des salaires généralisés,de la demande en général.
Répartition capital- travail,perte de 11 % du pib soit 200 mds € par an a eu lieu en glissement progressif de 1981 à 1995.
Dans un économie mondialisée,la hausse des salaires est toujours considéré comme un coût par l’entreprise qui lui fait baisser sa compétitivité à l’export.
L’Allemagne a fait baisser les salaires de 10%.
Pour lui etre de gauche s’est attaquer véritablement au libre échange et il considère que Le PS à ce titre n’a rien fait.
Qu’est-ce-qui fait gronder la Guadeloupe,la Martinique?
A leur échelle,c’est ce que vit la métropole.
Baisse des salaires,délocalisation de la production,monopole des importateurs(grande distribution),précarisation,avenir incertain.
Que dit le LKP : ” la Guadeloupe est à nous ,pas à eux”.
6 semaines de lutte,un accord sur les 200 euros a été signé cette nuit.
Dans son livre”Après la démocratie”,Todd donne sa recette pour un protectionnisme européen possible.
Le protectionnisme ne peut plus être national,le protectionnisme s’est définir une taille de marché ayant les mêmes intérêts,le même modèle social.Il considère qu’il y en a aujourd’hui trois :l’Europe,USA-Japon et l’Asie.
Il faut convaincre les allemands qu’ils auront plus a recevoir d’un marché européen de 450 millions d’habitants que de compter éternellement sur leur excédent commercial.
L’Allemagne va prendre de plein fouet le récession mondiale sur ses exportations qu’elle a acquit en baissant les salaires de près de 10% sur les dernières années.
Ce quelle gagne sur sa balance extérieur,les allemands le perdent sur la demande intérieure.
La France et l’Allemagne représente 70¨% des échanges européens.
Que ne serait-il temps pour le PS et le SPD de discuter,travailler.
L’Allemagne est le leader économique européen,sans elle rien ne se fera.
@ David,
Todd est un ancien déçu du “républicanisme national”. Comme de nombreux intellectuels, il s’était investi dans la fondation Marc Bloch et prêchait, au moment de Maastricht, pour un protectionnisme national qui n’a plus beaucoup de sens aujourd’hui.
Depuis l’échec de la candidature Chevènement, l’explosion de la fondation et la droitisation de plusieurs de ses membres (Gallo, Lévy, Taguieff..), il prend bien soin de s’en distinguer sur les questions d’immigration notamment.
L’avenir pour lui c’est de réussir à imposer les valeurs républicaines (et en premier lieu l’égalité comme le souligne Jean-Marc) au niveau européen, par le “juste-échange”.
Sinon je suis d’accord avec toi : Sarkozy avait un vrai programme. Mais Todd semble surtout insister sur ses contradictions (le mélange libéral/étatiste qui est toujours visible aujourd’hui)
@ Mathieu,
Je comprends mieux maintenant… merci.