1 mars 2009 par David Nakache | Catégorie En campagne, Europe, Vie militante.
Les élections européennes auront lieu les 4 et 7 juin prochains. A quatre mois de l’échéance électorale, un point de situation s’impose.
La liste des candidats du PS a été adoptée hier par le conseil national du parti (189 voix pour, 14 contre et 18 abstentions). Elle sera soumise au vote des militants le 12 mars prochain (ne me demandez pas pourquoi, c’est un mystère… une seule liste, pas d’autre choix possible, si ce n’est un vote blanc). Cette liste est consultable sur le site du parti : http://www.parti-socialiste.fr/
La liste du sud-est sera conduite par Vincent Peillon (photo), avec, en 13ème position, un certain Yann Librati (si si le notre !).
2/ Le programme :
Une première et une réelle avancée : “Il Manifesto”, un programme de base, commun aux 33 partis socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes européens. Le Manifesto est téléchargeable sur le site du PS.
“Après une concertation ouverte de neuf mois, les 27 dirigeants des partis socialistes et sociaux-démocrates ont adopté en décembre dernier un texte commun exposant leur vision de l’Europe en vue des élections européennes de juin 2009.”
“Le Parti socialiste européen s’engage à créer une société plus juste et plus protectrice, en disant : « les citoyens d’abord ».
Bon, cela étant posé, je dois avouer que je m’attendais à un texte mou, plein de bons sentiments et dépourvu de mesures concrètes. J’ai eu la bonne surprise de me tromper. Petit résumé commenté (et très subjectif) :
1 - Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières (p. 21 à 27) : il s’agit principalement de réguler le marché (c’est vrai, ce n’est pas rien).
2 - Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale (p. 28 à 32) : c’est là que les propositions sont les plus fortes, avec en amont une analyse de l’impact environnemental et social de chaque mesure selon la conjoncture de chaque pays membre :
Vers un revenu minimum vieillesse, invalidité, chômage pour les européens :
“Nous réclamons la création dans tous les Etats membres, pour les retraités, les chômeurs et les invalides du travail, d’allocations sociales adaptées à leurs besoins et leur permettant de vivre dans la dignité.”
Vers un SMIC européen :
“Nous proposons un Accord européen sur les salaires, garantissant un salaire égal à travail égal et prévoyant l’établissement d’un salaire minimum décent dans tous les Etats membres, soit par la loi, soit par la négociation collective. Les travailleurs ne doivent pas voir leurs droits sociaux mis en concurrence.”
3 - Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique (p. 33 à 37) : vers une politique énergie - climat européenne, basée sur le développement durable, laissant à chaque pays membre le choix du nucléaire tout en contrôlant les centrales à risque (sans commentaire…).
4 - Parvenir à l’égalité des sexes en Europe (p. 39 à 40) : entre autres, parité hommes - femmes au Parlement européen, congé parental et lutte contre les violences domestiques (au fait, notre liste de candidats français respecte-t-elle la parité ?).
5 - Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès (p. 43 à 44) : politique commune sur l’entrée et l’intégration des étrangers (rien de bien nouveau sous le soleil).
6 - Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement” (p. 47 à 52) : une politique de paix en faveur du dialogue et du désarmement, une lutte commune contre le terrorisme, un renforcement de la défense commune en accord avec l’OTAN (sous contrôle de l’OTAN ? pardon , je m’égare), le maintien de l’union pour la méditerranée chère à notre “très cher” président (sans jeu de mots), etc, etc… à oui, lutter pour l’éradication de la pauvreté…
Pendant ce temps, du côté français…
En plus de cela, le PS français a rédigé “Un texte plate-forme, socle de départ du programme des socialistes pour ces élections, intitulé Donner une nouvelle direction à l’Europe.” Ce texte a également été voté, cette fois-ci par le Bureau national : http://actus.parti-socialiste.fr/2009/02/28/donner-une-nouvelle-direction-a-leurope/
On peut y lire le passage suivant :
” Les socialistes français complèteront et préciseront cette Plateforme commune [Le Manifesto] par des propositions qui leur tiennent à cœur et qui sont partagées par de nombreux partis du PSE en Europe :
- L’augmentation du budget de l’Union, avec des ressources propres, pour donner leur pleine efficacité aux politiques de solidarité et de préparation de l’avenir.
- La reconnaissance pour l’UE du droit de lever des emprunts pour financer ses investissements lourds à long terme.
- L’harmonisation des fiscalités, à commencer par celles des entreprises pour lutter contre le dumping fiscal et le dumping social, condition nécessaire à l’arrêt des délocalisations abusives à l’intérieur de l’Union Européenne.
- la définition d’une politique de juste échange, par une politique commerciale européenne ajustée pour permettre à la fois à nos industries les plus exposées de préserver leurs emplois en se modernisant, aux pays les moins avancés de continuer à se développer, et aux normes internationales du travail et de l’environnement de s’appliquer dans les processus de production.
- La coordination des politiques économiques rendue encore plus nécessaire par la faiblesse du dollar, du yuan et du yen et la refonte encore insuffisante du pacte de stabilité.
- Une Europe forte avec une vraie défense européenne et non cette subordination au commandement intégré de l’OTAN que Nicolas Sarkozy impose à la France.”
En attendant le programme français définitif, pour plus d’infos sur le PSE : http://www.pes.org/fr























Les faits sont tétus,le libre échange ira à l’encontre des voeux pieux.
Je suis en accord avec le texte,il s’agit d’un bon compromis entre toutes les divergences légitimes de chacun.
Mais,pensez-vous sincèrement,que les mêmes causes ne produiront pas les mêmes effets.
Hannah Arendt disait : “L’histoire ne se présente pas comme un spectacle à regarder mais comme une responsabilité quant à ce qui arrive”.
Nous avons tous fait l’analyse et le constat que le libre échange provoque la faiblesse de la demande en Europe,installe le chômage de masse,la concurrence entre états (Phillips vient de quitter l’Irlande pour la Pologne,résultat:perte sèche de 2% du PIB irlandais).
Le débat ouvert,provoqué pour un protectionnisme européen est consubstantiel de cette élection européenne.
Le texte du PSE est muet à ce sujet et me convainc sur le fond de son erreur originel.
Nous nous devons être audacieux et radicals. Nous avons fait la réforme agraire lors de notre révolution.
En un mot, nous avons redistribué la terre a ceux qui la travaillaient. Nous avons volontairement spolié des aristos, grands propriétaires terriens, qui vivaient sur le dos des paysans. En redonnant la terre aux paysans, nous avons fait explosé la productivité agraire ce qui a permis pour la France, dans une seconde étape, de faire sa révolution industrielle.
Je pense qu’il faut s’engager dans une réforme industrielle et économique, redistribuer les moyens de productions à ceux qui savent faire tourner les entreprises, c’est à dire à ceux qui travaillent. On ne touche pas aux PME mais aux grands groupes qui sont dirigés par une clique d’actionnaires incompétents.
L’entreprise appartient, aux salariés ou aux patrons qui travaillent, tels l’agriculteur qui labourent son champ.
Il ne s’agit pas de nationalisations ou de collectivisations, mais la mise en place d’un système dans lequel ceux qui gagnent de l’argent sont ceux qui TRAVAILLENT. On continue donc avec un système économique qui permet la libre entreprise dans un marché régulé. De cette manière un dirigeant d’entreprise sera obligatoirement un entrepreneur et non plus un gestionnaire (énarque qui pantoufle)qui ne pense qu’à réduire les coûts au lieu d’investir.
Il y a plus de 200 ans nous avons viré les fainéants d’aristos, exempts d’impots, qui s’engraissaient sur un peuple qui travaillait à leur place. Aujourd’hui il faut avoir le courage politique de montrer du doigts ces aristos de la finance (gros actionnaires) et leurs fermiers généraux (hauts fonctionnaires et autres cadre sup dirigeants les grands groupes du CAC 40) qui nous ont amené au désastre par pure cupidité.
Une réforme industrielle serait, à mon humble avis, un bon moyen de remettre de l’ordre dans le système. On remet les pendules à l’heure et on permet aux femmes et aux hommes talentueux d’avoir leur chance dans ce pays.
oula la, audacieux et radicaux… ça commence mal, excusez moi…
@ Jean-Marc :
Sortir du libre échange, oui, mais on le remplace par quoi ?
Le texte du PS français que je citais, “Donner une nouvelle direction à l’Europe”, pose dans le programme aux Européennes la définition “d’une politique de juste échange”.
Que demander de plus ?
@ Fabrice :
Ta dernière phrase me laisse pantois : “On remet les pendules à l’heure et on permet aux femmes et aux hommes talentueux d’avoir leur chance dans ce pays.”
Qui décide de qui est talentueux et qui ne l’est pas ? Je me souviens t’avoir entendu nous expliquer en réunion de section que seuls des chercheurs pouvaient évaluer d’autres chercheurs, qu’on ne peut être évalué que par ses paires. Il faudra donc que des gens talentueux nous disent qui l’est et qui ne l’est pas. Mais qui nous dira qu’ils sont eux mêmes talentueux ou non ?
Sur le fond, une réforme de l’industrie, oui. Que le critère du talent soit “ceux qui travaillent”, désolé, cela me fait toujours penser à la valeur travaille de Sarkozy, la méritocratie de ceux qui se lèvent tôt.
Rien ne me choque dans le fait que des gens qui ne travaillent pas (des rentiers) gagnent de l’argent, du moment qu’ils contribuent (taxes) au bien être de la société.
Le problème n’est n’est pas qu’il y ait des revenus du capital, des revenus boursiers ou des échanges de valeurs, le problème est que ces revenus là ne sont pas taxés.
Le texte du PS parle de “juste échange” mais il ne définit en rien la notion de juste échange.
Le protectionnisme européen doit être débattu.
Quand 1200 ouvriers de Continental à Clairoix partent au chômage pour des salaires à 400 euros en Tchéquie,il me semble qu’au début de l’union européenne,en cas de différence de salaire,de niveau social,on installait des montants compensatoires pendant quelques années afin que ce pays est le temps de rattraper son retard de développement.
Tout doit être mis sur la table,afin d’élever le niveau des 2 parties.
Les chinois ,ont signé des accords OMC,ils ne les respectent pas et l’Europe se tait.
Les constructeurs automobiles chinois produisent des voitures qui sont des copies de modèles européens,et l’Europe se tait.
Il faut créer un conseil du protectionnisme européen,avec les compétences requises,économistes,industriels,politiques afin de définir une taille du marché et les règles qui la régissent pour tirer tout le mode vers le haut;salaires,normes sociales et environnementales.