27 avril 2009 par Jean-Marc | Catégorie Europe.
Cet article long pour faire plus court , -Oh! , le bel oxymoron- , je le publierai sur 2 jours,lundi 27 et mercredi 29 avril.
Trente ans d’Europe pour quels résultats ?
D’une période d’inflation à 12%-15% par an,du plein emploi,d’une masse salariale représentant 70% de la marge brute des entreprises,comment en sommes nous arrivé à une inflation à 1%-2%,au chômage de masse,à la compression des salaires et à l’explosion des profits patronaux ?
Le SME.
1979,cette année voit la création du Serpent Monétaire Européen ( SME ).Il s’agissait pour ces créateurs d’assurer la stabilité des changes pour le commerce intra-européen et de provoquer une convergence des politiques monétaires européennes.
Le SME est un panier de monnaie européenne avec une variation acceptée pour chaque monnaie de + ou - 2,25% de son cours pivot.
On crée une monnaie,l’ECU ,précurseur de l’Euro,composé d’un panier de monnaies.
- Deutschmark 30%
- Franc 19%
- Livre 12%
- Lire 10%
- Florin 9%
Les 30% que pèsent le Deutschmark allemand impose le rapport de force.Les décisions de la Banque Centrale Allemande dicteront la politique monétaire et économique en Europe.
Objectif allemand : Une monnaie forte et une inflation faible c’est à dire PROTEGER LES REVENUS DU CAPITAL D’UNE EROSION MONETAIRE ET COMPRIMER LES SALAIRES.
Si un pays membre déroge aux 2 principes,sanction immédiate de la finance internationale par une spéculation à la baisse sur sa monnaie.Plusieurs pays se retireront temporairement de l’Ecu pour faire flotter leur monnaie(Grande-Bretagne,Italie).
L’asymétrie du système : l’ancrage sur le Deutschmark.
- L’économie allemande pesait 30% du PIB européen
- Le Mark jouissait de la confiance des opérateurs financiers pour la stabilité des prix
- Le Mark était la seule monnaie européenne à avoir un statut de monnaie de réserve et de facturation internationale
- Le Mark était substituable au Dollar et au Yen
En 1995,selon le FMI,61% des réserves officielles mondiales étaient libellées en Dollar,14% en Mark,9% en Yen,4% en Livre et 2% en Franc.
Le Dollar facturait 40% du commerce mondial contre 10% pour le Mark.
Le Mark mène la danse en Europe.Le SME a toujours fonctionné de façon ASYMETRIQUE.Lorsque les monnaies faibles du SME étaient attaquées,JAMAIS la Banque Centrale Allemande n’est intervenue pour soutenir les monnaies faibles du SME.
Au leadership allemand en matière politique répondait une perte complète de souveraineté monétaire pour les autres pays adhérents du SME.
1983-Mitterrand décide de rester dans le SME
Sous l’influence directe de Jacques Delors,Mitterrand décide de coller systématiquement à la politique monétaire allemande en refusant de sortir du SME.
C’est la politique du Franc fort et de la désinflation compétitive.
Argent cher,taux de base bancaire élévé pour attirer les financements internationaux en France,recherche de productivité accrue dans les entreprises,abandon des secteurs d’activités non-concurrentielles : charbon,sidérurgie,secteur textile……………de fait,l’acceptation du libre-échange.
De 1983 à 1993,cette politique monétaire,financière et industrielle a réduit l’inflation à 2%,le Franc était une monnaie forte mais la France est passé de 1 200 000 chômeurs à 3 000 000 chômeurs.
En bref,la France est morte,guérie de son inflation.
A suivre l’Allemagne,la construction européenne,Mitterrand a martyrisé,sacrifié son électorat,ouvriers,employés,classe moyenne.Ils s’en sont souvenus aux élections,déroute législative de 1993 sous la direction de Pierre Bérégovoy,Premier Ministre.
On pourra voir vendredi soir,1 er mai,le téléfilm sur France 2,consacré à Bérégovoy et portant sur cette période tragique de sa vie.
La pensée du jour de Anna Arendt-philosophe- :
“l’histoire ne se regarde pas comme une succession d’images mais comme une responsabilité quant à ce qui arrive”
A mercredi,pour la suite.





















Interview de Marcel GAUCHET,aujourd’hui dans Libération,théoricien de la crise de la démocratie et directeur de recherche à l’école des hautes études en sciences sociales(EHESS).
“Je suis obligé de constater,en ce qui concerne la France actuelle,que nous sommes au plus bas.Nous payons le prix du Mitterrandisme,qui a été le visage sous lequel la France a défini pour longtemps son attitude fâce à ce changement du monde néolibéral.
Il a installé une culture de la dénégation,consistant à s’adapter à la nouvelle donne,mais sans le dire.Les socialistes français en sont toujours là:ils ont la particularité d’être à la fois très rigides doctrinalement et très cyniques en pratique.
A leur décharge,il faut dire que Mitterrand avait cru trouver une échappatoire en jouant l’Europe:puisque le modèle français était condamné,il a voulu construire à un échelon européen une nouvelle synthèse du libéralisme et de l’état fort.
Faire une Europe française en somme.
Mais il se trouve que son projet a échoué,l’Europe qui s”est développé n’est pas française,on peut même dire qu’elle est anti-française,tout simplement parce qu’elle reflète la réalité d’un monde qui va à rebours de notre héritage historique.
Le désenchantement qui s’en est suivi vis-à-vis de l’Europe a été spectaculaire.
Depuis,personne n’a fait l’effort de reprendre le problème à la racine.
Jospin,qui semblait l’avoir compris,n’a pas osé.
Ségolène Royal est passé à coté.
La panne est complète.”