14 mai 2009 par Jean-Marc | Catégorie Crise sociale.
De l’extérieur, l’épicerie sociale semble toujours à moitié fermée. Pas de devanture, peu d’entrées et de sorties. Dans ce quartier triste de la porte de Vitry à Paris, entre périphérique, voies ferrées de la gare d’Austerlitz et boulevards des Maréchaux, les quelques passants ne jettent même pas un coup d’œil.
Une épicerie sociale, ce sont des produits de base, proposés à prix cassés. Un euro le Tahiti douche, 60 centimes les biscottes Heudebert. Sélectionnés sur critères sociaux par la mairie de Paris, les clients sont historiquement des bénéficiaires du RMI ou des personnes en arrêt maladie longue durée. La crise ? Elle n’est pas censée être nouvelle pour ces populations.
D’ailleurs, quand je leur parle de “crise”, ils me répondent d’abord “explosion des prix” en référence aux augmentations enregistrées au premier semestre 2008. Les minimas sociaux, eux, n’ont pas suivi et si les prix se sont depuis stabilisés, ils n’ont certainement pas baissé. C’est donc l’impasse pour ces petits budgets, surtout que l’alimentation représente bien souvent le premier poste de dépenses.
L’épicerie est alors un moyen de continuer à s’alimenter dignement, parce qu’on paye un minimum, et de manière équlibrée, parce qu’il y a des fruits et des légumes frais une fois par semaine. Avec tout ça, “on peut compenser les produits peu équilibrés proposés dans le hard-discount, surtout que l’on ne vend que des produits de marque, plus diététiques”, espère Elsa Atiya, salariée à mi-temps de l’association Porte ouverte et solidarité, et qui assure l’ouverture du magasin trois jours par semaine, de 10 à 15 heures.
Mais la crise économique pèse de plus en plus lourdement. Quand l’épicerie a ouvert dans ses nouveaux locaux en mars, après six mois de fermeture pour des travaux, de nouvelles personnes en ont franchi la porte. “De soixante familles par semaine, nous sommes passés à quatre-vingt-dix”, explique Mme Atiya.
Et les profils ont changé. Jeunes diplômés, travailleurs pauvres, cadres déchus, “autant de personnes qu’on ne voyait pas il y a dix ans”, assure-t-elle. Quatre-vingt-dix familles qui finissent par peser sur le budget de l’association, qui achète les produits à perte. Les étagères ne sont plus très bien remplies, les clients doivent se rationner. Malgré cela, il ne se passe pas un jour sans que les assistantes sociales du treizième arrondissement envoient un nouveau bénéficiaire… Pendant deux jours, je dresserai le portrait de quelques-uns d’entre eux.
Jean-Baptiste Chastand





















Clients réguliers:”jeunes diplomés,travailleurs pauvres,cadres déchus,autant de personnes qu’on ne voyait pas il y a dix ans”.
Et pourquoi?
je vous laisse réfléchir là-dessus.