9 juin 2009 par David Nakache | Catégorie Actualités, En campagne, Europe.
Commenter la débâcle électorale des européennes, ce n’est pas simple… Alors reprenons, un à un, les éléments du débat.
Que lit-on dans la presse ce matin ? « Martine Aubry sous pression » titre le Parisien, « Martine Aubry dans la ligne de mire » selon France Soir, etc.
Première réaction : stop ! On ne tire pas sur l’ambulance ! Un lynchage médiatique de la première secrétaire ne servira à rien.
Que nous disent nos élus et nos têtes de listes ? Il faut rénover, re-fonder, que cette défaite ne soit pas vaine. Certes, mais nous militants, nous entendons cela depuis le 21 avril 2002. Nous avons désigné une candidate en 2007. Nous nous sommes exprimés lors du congrès de Reims. Nous avons fait campagne. Nous avons fait, nous, toutes les campagnes.
A quelles conditions peut-on se servir de cette défaite pour que le PS se redresse enfin ?
Pierre Moscovici disait au soir des élections : il faut arrêter de parler de nous pour parler aux Français de leurs problèmes. Je crois que c’est une erreur. Non pas sur le fond. Mais dans la méthode. Nous avons donné à voir nos querelles internes lors du congrès de Reims. Nous avons étalé au grand jour les carences démocratiques de notre organisation politique. Il faut revenir sur ces carences et montrer à tous que nous surmontons ces difficultés. Un parti politique qui n’est pas capable de s’amender et de progresser ne peut prétendre aux responsabilités les plus hautes.
Ségolène Royal parlait, lors du congrès, d’exemplarité. Je pense que c’est la bonne attitude. Le PS ne peut donner des leçons de démocratie à la France, à l’Europe, voir au Monde entier sans d’abord balayer devant sa porte et montrer l’exemple. Lorsque les électeurs auront constaté que nous avons fait ce travail, ils nous accorderons alors à nouveau du crédit.
Il faut de rassembler et réunir toutes les composantes du parti, y compris Ségolène Royal, et lancer les travaux de re-fondation du parti avec un calendrier serré (tout doit être bouclé avant le début de la campagne électorale pour les régionales) :
- Repenser la représentativité au sein du PS : votes internes, désignations des candidats, rôle des sections, des fédérations, de toutes les instances internes jusqu’au bureau national, etc. De la transparence : il faut qu’au sortir de cette mise à plat il ne puisse plus y avoir de doute ni de contestation possible sur une élection ou une désignation interne.
- Repenser le mode communication du PS : un porte parole qui, interrogé sur tout, aurait réponse à tout, tout le temps, sur toutes les chaînes, sans pour autant s’exposer à la sur-exposition médiatique, c’est un pari perdu d’avance. Martine Aubry avait repris l’idée d’une contre-gouvernement, un « shadow cabinet », où un spécialiste de l’éducation répond et s’oppose au ministre de l’éducation, idem pour la défense, la santé, la justice, l’environnement, etc. Chaque « ministre d’opposition » sera le représentant du parti dans sa thématique, avec une ligne politique claire à défendre. Où en est-on ? Il faut se remettre à l’ouvrage et rendre rapidement ce dispositif opérationnel. Il faut montrer, par la preuve, que nos opposants sont meilleurs que les ministres en place. Il faudrait que ce « contre-gouvernement » soit composé de personnalités fortes du parti (Hamon, Peillon, Montebourg, Moscovici, Vals, etc).
- Repenser l’idéologie du parti : il faut repartir à zéro en se posant les vraies questions pour dégager une ligne idéologique claire. Cela ne peut se faire sans que tous les courants au sein du parti y soient associés. De la doctrine, du fond, du contenu. Il faut que le PS soit ouvert à la fois sur la société civile (« sortir de nos vases clos »), les intellectuels (« à la pointe de la recherche et des idées nouvelles ») et ses militants (« la base, le parti, c’est nous »). Il faut pouvoir surprendre à nouveau…





















Les commentaires perdus :
Version professionnelle : “Nous informons nos aimables visiteurs que suite à un regrettable incident technique l’ensemble des commentaires postés concernant ce message a disparu.
Nous faisons tout notre possible afin de “récupérer” ces commentaires et de prendre des mesures afin que cela ne se reproduise plus…”
Version “humaine” : “Bug informatique, rien capté, tout perdu, désolé…”
Bon, plus sérieusement, on est vraiment désolé, mais que cela ne nous empêche pas de continuer à dialoguer, réagir, argumenter… Dans les critiques émises sur la gestion du Parti beaucoup se sont plaints du manque de dialogue entre tous les “courants” au sein du parti, du manque d’écoute de ce que les militants ont à dire et d’ouverture sur les autres mouvements politiques ou citoyens. “Nice-Masséna” est un espace de parole, d’échanges et de réflexion. Saisissez-vous-en ! Et merci de votre participation !