Nice-Matin : “Pasteur 2 : le chantier bloqué, la polémique enfle”

27 juin 2009 par David | Catégorie Politique à Nice, Revue de Presse.

Article publié dans Nice-Matin le 24 juin 2009 :

La chantier de Pasteur” Le chantier de Pasteur 2 est bloqué. Depuis plusieurs semaines, il tourne au ralenti. Certes, des grues géantes sont installées, quelques camions effectuent des rotations. Mais on imagine mal la petite trentaine d’ouvriers maintenus sur le site venir à bout de la construction de cet hôpital de 100 000 m2 de plancher, le plus important programme hospitalier de l’Hexagone… Les raisons de cette étrange pause ne seraient rien d’autre qu’une affaire de gros sous. Pour rependre le travail, le groupement d’entreprises détenteur du marché de gros oeuvre - 106 millions d’euros - réclame une rallonge de plusieurs millions. Et du coup, Pasteur 2 fait polémique.

Même si elle annonce un retard dans la livraison de neuf mois, la direction du centre hospitalier veut croire qu’une issue raisonnable est possible. La position de Christian Estrosi, député-maire, président de fait du conseil d’administration du CHU est plus tranchée. Il se refuse d’imaginer que ce « chantier vital pour les Alpes-Maritimes puisse être bloqué. »

Les techniciens butent sur des « imprévus »

C’est Yann Librati, conseiller municipal PS, qui lance l’offensive. « Une fois de plus, les entreprises du BTP essaient de forcer la main des collectivités pour obtenir toujours plus », accuse le président de la commission des finances de la Ville. « Les « perdants » dans cette histoire sont toujours les contribuables qui auront à régler la note. »

Du côté du CHU, on calme cependant le jeu. « Nous sommes simplement dans une phase d’arrêt sur images. C’est classique dans un chantier aussi important », indique la direction.

Ces dernières semaines, les techniciens ont été confrontés à trois « imprévus » : résurgence de la nappe phréatique, une « piscine géante » noie désormais les fondations du parking souterrain et, de plus, en creusant la colline, la structure de certains bâtiments en aplomb a été fragilisée. Pour couronner le tout, les entreprises détentrices du marché estiment qu’il est urgent de réactualiser les normes parasismiques… pourtant bel et bien prises en compte par le cabinet d’architecte qui a dessiné le projet.

Fin juin, les résultats des contre-expertises

La faute à pas de chance selon Charles Barberis, du groupe Dumez, porte-parole du groupement d’entreprises (1) : « Certaines contraintes techniques, liées à la géologie des lieux, ont été sous estimées dès le départ. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des difficultés majeures, qui ont été consignées par des experts. »

Des expertises qui ne sont pas prises pour argent comptant… Au début du mois, une réunion de crise mettait autour d’une même table Emmanuel Bouvier-Muller, directeur du CHU, Christian Estrosi et le préfet Francis Lamy. Dans la foulée, la direction de l’hôpital lançait une série de contre-expertises, dont les résultats seront connus à la fin de du mois. « Le 2 juillet, nous avons décidé avec le préfet de convoquer une table ronde avec les entreprises, annonce Christian Estrosi. Nous allons examiner les différents rapports et faire toute la lumière sur ce chantier.

« Aucun retard, ni hausse budgétaire »
Si expertises et contre expertises vont dans le même sens, il ne restera plus qu’à évaluer les délais et les coûts supplémentaires. Toutefois, il semblerait que les premiers résultats des enquêtes lancées par le CHU ne valident pas les constatations des entreprises. Les discussions risquent donc d’être tendues…
Un vrai casse-tête. Pasteur 2 étant un projet d’utilité plus que publique, nul ne peut se payer le luxe de stopper sa vitale restructuration. Faut-il pourtant autant en payer le prix… « fort » ?
Pour Yann Librati, la réponse est non. « Ce type de pressions des patrons du BTP n’est pas nouveau. Sachant les collectivités locales pressées par le temps, ils en jouent de plus en plus souvent pour faire grimper leurs marges… avec l’argent du contribuable. »
Mais pour le maire, cette fois-ci, ça ne se passera pas comme ça : « Je ne tolérerais aucun retard, ni hausse budgétaire. Il faut que le chantier retrouve son rythme dès cet été. »
En clair, le président du conseil d’administration du CHU ne veut pas que l’histoire se répète. On se souvient, en effet, de Jacques Peyrat crier au scandale en 2007, dénonçant des « prétentions financières exorbitantes du BTP ». Et finalement, quelques semaines plus tard, le CHU signe les marchés, soulignant, alors, les « efforts » consentis par les entreprises. Mais, déjà, l’enveloppe globale estimée à 255 millions d’euros avait flambé. Accusant, une hausse de 22 %, la construction de Pasteur 2 se chiffre désormais à 312 millions d’euros. Ce budget, déjà colossal, sera-t-il tenu ? La réponse sera connue le 2 juillet.
Nathalie Ricci
(1) Le gros œuvre est réalisé par un groupement d’entreprises : Dumez Côte d’Azur (filiale de Vinci), Eiffage, Cari et Miraglia (racheté par GFC Construction, filiale Sud-Est du groupement Bouygues).”

Partager sur les réseaux sociaux:
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google
  • Live
  • MySpace
  • Scoopeo
  • Technorati
  • Wikio

Réagissez