L’Enfer c’est les autres ?

21 août 2009 par lionel | Catégorie Actualités, Parti Socialiste.

LES VERTS POUSSENT LE PS DANS LES BRAS DU MODEM

peillon-a-600.1250778335.jpgQu’ils les appellent « progressistes », « démocrates », « républicains de progrès » ou « centristes », les socialistes n’en ont pas fini avec la question des alliances avec les candidats du MoDem. Ce thème est revenu au cœur des débats de la rentrée. A la veille de l’ouverture des Ateliers d’été de l’Espoir à gauche (le courant issu de la candidature de Ségolène Royal à la direction du PS), où le premier doit accueillir le second, Vincent Peillon et Daniel Cohn-Bendit exposent dans Le Monde leurs convergences sur ce sujet. Ces derniers jours, François Rebsamen a lui aussi défendu l’idée d’un rassemblement alors que Jean-Christophe Cambadélis remontait au créneau pour dire son opposition. Quant à Emmanuel Maurel, président de l’Université de La Rochelle, il a assuré mercredi lors de la conférence de presse de présentation de cet événement qu’inviter des représentants du MoDem aurait été « ringard »… On notera que le Parti de gauche n’a pas été, lui non plus, convié.

dcb-1.1250778819.jpgOn s’en doute ; ce rebond est lié à la préparation des élections régionales de mars 2010 qui vont entrer dans leur phase active (les têtes de liste devront avoir été adoubées le 1er octobre). Au lendemain des européennes – qui n’avaient guère réussi aux listes soutenues par François Bayrou – certains  avaient conclu, un peu hâtivement, que l’hypothèque MoDem était levée. Rien, semble-t-il, n’est moins sûr. Face à des Verts lancés tête baissée dans une stratégie d’autonomie, les  présidents sortants ont tout intérêt à rassembler au maximum autour d’eux pour établir un rapport de force favorable avant la négociation de l’entre-deux tours. Menacés par les Verts, ils ne peuvent qu’être tentés d’intégrer des candidats  Modem dés le premier tour, quitte à réduire le nombre de places éligibles réservées aux socialistes.

Cette hypothèse ne vaut pas seulement pour les présidents de région où, lors des européennes, la liste Europe-Ecologie a réalisé un score supérieur à la liste PS (Bretagne, Ile-de-France, Languedoc-Roussillon, Pays de Loire, PACA, Rhône-Alpes). D’autres patrons d’exécutifs régionaux (en Bourgogne mais aussi…en Poitou-Charentes) étudient la possibilité d’inclure des candidats MoDem sans que cela apparaisse comme un accord d’appareil mais comme « l’aboutissement logique d’un travail en commun effectué sur des dossiers » en cours de mandature. Les dernières élections municipales n’offrent-elles pas de nombreux précédents ?

logo-modoem.1250779005.jpgDe telles convergences ne sont guère en ligne avec la stricte orthodoxie issue de la majorité sortie vainqueur de l’élection de Martine Aubry mais cela ne semble émouvoir aucun des sortants concernés. Outre qu’il a été établi depuis longtemps que les présidents de région auraient la main (si ce n’est la haute main) sur la constitution de leurs listes, l’affaiblissement de la direction du PS, perceptible depuis la défaite des européennes, ne peut que confirmer le fait que les patrons d’exécutif disposeront d’une réelle marge de manœuvre.

Pour les partisans d’une majorité « arc en ciel » allant du PCF au MoDem, ces régionales pourraient ressembler au laboratoire d’une alliance de même type dans la perspective de 2012. A condition, tout de même, d’avancer sur un contenu programmatique. En attendant, on pourra relever le paradoxe de l’université d’été de La Rochelle. Près de la moitié des intervenants qui y ont été conviés ne seront pas socialistes mais aucun des trente ateliers n’a prévu d’aborder, de près dou de loin, la question des alliances.

Jean-Michel Normand . Article du monde du 20 aout 2009

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