29 septembre 2009 par Jean-Marc | Catégorie Economie, Europe.
“Allemagne, Allemagne au dessus de tout, au dessus du monde, quand sans cesse, pour sa protection et sa défense, fraternellement elle est unie.
De la Meuse jusqu’au Niemen, de l’Adige jusqu’au Petit belt, Allemagne, au dessus de tout !” - 1er couplet de l’hymne national allemand-
L’Allemagne au sein de la Communauté Européenne pèse de tout son poids.
Si elle a rejoint l’Europe , si elle a accepté l’Euro après bien des réticences,c’est parce qu’elle n’a jamais renié ses fondamentaux anthropologiques en faisant plier ses partenaires :”Deutchland über alles ! l’Allemagne au dessus de tout !”
Dès 1979, la création du SME - Serpent monétaire Européen - affirme la suprématie allemande.
Le SME est un panier de monnaie européenne ayant pour vocation d’assurer la stabilité des changes et la convergence des politiques monétaires en Europe.
Une monnaie est créée : l’ecu , composé à 30% du Deutchmark, 19% du Franc,12% de la Livre anglaise, 10% de la Lire, 9% du Florin.
Les 30% que pèsent le Mark impose le rapport de force. Les décisions de la Banque Centrale Allemande dicteront la politique monétaire en Europe. Le but avoué de l’Allemagne est une monnaie forte et une inflation faible, c’est-à-dire privilégier les détenteurs de capitaux au détriment des salariés.
Si un des pays membre déroge à ces 2 principes - monnaie forte et inflation faible – une spéculation immédiate à la baisse s’engage sur la monnaie de cette nation. Plusieurs pays se retireront temporairement de l’Ecu pour faire flotter leur monnaie tel la Grande Bretagne et l’Italie
L’asymétrie du système : l’ancrage sur le Deutchmark.
L’économie allemande pesait 30% du PIB européen, ainsi le Mark jouissait de la confiance des opérateurs financiers.
Le Mark était la seule monnaie européenne à avoir un statut de monnaie de réserve et de facturation internationale. Le mark était substituable au Dollar et au Yen.
En 1995,selon le FMI,61% des réserves officielles mondiales étaient libellées en Dollar, 14% en Mark, 9% en Yen, 4% en Livre Sterling, 2% en Franc. Le Dollar facturait 40% du commerce mondial contre 10% pour le Mark.
Le Deutchmark mène la danse. Le SME a toujours fonctionné de façon asymétrique. Lorsque les monnaies faibles du SME étaient attaquées, jamais la Banque Centrale Allemande n’est intervenue pour soutenir les monnaies faibles du SME.
Au leadership allemand en matière de politique économique répondait une perte complète de souveraineté monétaire pour les autres pays adhérents du SME.
La France soumise à l’Allemagne
En 1983, pour son projet européen, François Mitterrand prend une décision historique des plus contraignantes pour l’économie française, celle de coller systématiquement à la politique monétaire allemande en refusant de sortir du SME.
La conséquence directe en fut une politique du Franc fort et de la soit-disante désinflation compétitive pour réduire le chômage.
Argent cher,taux de crédit élevé pour attirer les financements internationaux , recherche de productivité accrue dans les entreprises,abandon des secteurs industriels dit non concurrentiels par l’acceptation des dogmes du libre-échange, charbonnage,sidérurgie,textile et bien d’autres secteurs industriels en feront les frais.
En dix ans, de 1983 à 1993, la France passera de 1,5 millions à 3 millions de chômeurs.
Mais avec une inflation vaincue, le malade est mort guéri.
F. Mitterrand dans une célèbre émission de télévision, s’avouera vaincu:”On a tout essayé contre le chômage, que faire de plus!”
On se souviendra de la déroute législative de 1993:la droite remporta cette élection avec 480 députés contre 80 pour la gauche.
A suivre l’Allemagne, la construction européenne allemande, le PS a martyrisé, sacrifié son électorat, qui le lui a bien rendu.
L’Allemagne n’est pas en reste, au concours du sacrifice électoral, le SPD avec Schroeder à sa tête, ne fut pas mauvais dans l’exercice.
A la semaine prochaine, SPD UNDER ALLES, SPD EN DESSOUS DE TOUT !




















