28 octobre 2009 par Jean-Marc | Catégorie Crise sociale, Economie, Europe.
Une Europe sociale, de l’emploi, du droit et luttant contre les méfaits de la mondialisation, c’est possible.
Mais en Europe, si le leader économique ; l’Allemagne ; ne joue pas le jeu, alors l’Europe de nos vœux ne peut être qu’une chimère au visage rouge,yeux bleus et lèvres jaunes.
Oui, l’Allemagne ne joue pas le jeu et ce qui est navrant, c’est que le SPD allemand, dès 1998 avec Schröder à sa tête à plomber une Europe sociale d’une chappe de plomb économique.
Toujours mettre la pincée d’anthropologie pour comprendre les peuples et les ressorts inconscients de leurs décisions économiques. L’Allemagne est caractérisé par la structure familiale autoritaire et inégalitaire, c’est-à-dire décision des autorités respectées et rapport asymétrique face au non-allemand, de fait sentiment de supériorité assumé. Il y a encore peu de temps,l’Allemagne ne reconnaissait pas le droit du sol mais uniquement le droit du sang ,ne pouvait être allemand que le fils ou la fille d’un allemand.
Les faits :
1998, Schröder accède au pouvoir, il va rompre avec les politiques social-démocrates raditionnelles.
Il considère le coût du travail trop élevé et les systèmes sociaux trop généreux pour conserver une place hégémonique sur les marchés à l’export et affronter la mondialisation.
L’acceptation du libre-échange se fera par la baisse drastique des côuts de production.
Il mènera une politique qu’aucun dirigeant de droite n’aurait oser engager. Sarkozy serait à gauche de Schröder en Allemagne.
Avec le patronat allemand, il exercera une pression intense sur des syndicats fragilisés pour stopper les hausses de salaires ; de 1998 à 2008, les salaires allemands n’ont progressé que de 4,4% contre 19% dans la zone euro !!!!!
La part des salaires dans la valeur ajoutée qui était de 66% en 2000, a plongé à 62% en 2007, traduisant des hausses de salaires inférieurs aux gains de productivité.
Réforme HARTZ 4 en 2005,ramenant de 32 à 12 mois les indemnités chômage.
Cette politique inspirée par le SPD en 1998, poursuivie par la coalition CDU/SPD a complètement anesthésié la demande intérieure allemande. En 1995, la demande intérieure allemande était de 730 milliards d’euros, soit 56% de plus que le demande intérieure française. En 2008, ce différentiel n’est plus que de 17%,alors que l’Allemagne compte 28% d’habitants de plus que la France. L’Allemagne est le premier marché à l’export de la France, la baisse drastique de la demande intérieure allemande est la principale raison de la chute des exportations françaises. Sur cette même décennie,le solde positif français s’est converti en déficit d’un montant de 78 milliards d’euros.
Le résultat ne s’est pas fait attendre, la pression sur les salaires et la demande allemande a eu pour conséquence la spectaculaire explosion des excédents commerciaux, passant de zéro en 2001 à 200 milliards d’euros en 2008!!!.
La part des exportations dans le PIB allemand a bondi de 24% à 47% entre 1995 et 2008, ce qui veut dire qu’un allemand sur 2 travaille à l’export!
La punition de cette flamboyance de la balance commerciale marque en fait un important appauvrissement des allemands :
- 1995 PIB moyen par allemand : 23600 euros
- 1995 PIB moyen par français : 20200 euros
- 2009 PIB moyen par allemand : 29100 euros
- 2009 PIB moyen par français : 29900 euros
De plus les inégalités ont explosé. En 2000, les 20% des allemands les plus riches, gagnaient 3 fois et demi plus que les 20% les plus pauvres. En 2007, ce ratio est passé à 5.
De surcroit, l’Allemagne ne prépare pas son avenir. Sa population vieillie,le taux de natalité est de 1 contre 2 enfants par femme en France. En 2050, l’Allemagne comptera 18 millions de personnes en moins ce qui générera concrètement la faillite du régime des retraites. La volonté de ne pas accroitre les dépenses publiques empêche toujours l’Allemagne de se doter des structures permettant de concilier vie professionnelle et vie familiale.
De plus les infrastuctures collectives se dégradent du fait d’une austérité prolongée, 1,5% du PIB allemand consacré à l’investissement publique depuis 10 ans contre 2,7% en moyenne en Europe.
Le passif politique et économique de Schröder, la réelection de Merkel avec le FDP comme allié, va renforcer le sacrifice des salariés allemands. Il sera encore moins question de relancer la demande intérieure que de contraindre encore les coûts de productions pour produire une balance commerciale positive mais totalement illusoire.
L’Allemagne redoute plus les déficits publiques que les centaines de milliers de chômeurs supplémentaires qui vont déferler sur le pays au cours des prochains mois faute de relance de la demande.
S’il s’agissait que de lubies strictement nationales, on pourrait sourire d’un tel aveuglement mais compte tenu du poids de son économie ( voir mon dernier post : Deutschland über alles ),tant que l’Allemagne s’acharnera à restreindre sa demande intérieure, à martyriser ses salariés, la zone euro sera condamnée à la stagnation, les dettes publiques continueront d’augmenter et le projet européen de se déliter.






















La nouvelle coalition CDU/FDP annonce une baisse de l’impôt à hauteur de 24 milliards d’euros.
Le FDP considère que les impôts sont trop élevés et nuient à la relance économique.
On croit rêver!
L’état allemand a déjà drastiquement réduit les dépenses d’investissement.
Confirmation de mon article,la relance n’est toujours pas au programme de l’Allemagne,la demande intérieure ne sera pas relancer par une augmentation des salaires.
Folie libre-échangiste,course poursuite de la réduction des coûts de production dans le cadre de la mondialisation.
Halte au feu,halte au fou!
Bémol : je ne vois pas Sarko à gauche de qui que ce soit.
En France, en 2009, sous l’ère de Monsieur Sarkozy, on s’en prend désormais aux accidentés du travail.
Avant que vos bras n’en tombent, signez la pétition initiée par Gérard Filoche.
Voici le lien…
http://petition.non-taxation-at.net/index.php
Voici le texte…
Contre la mesure annoncée qui vise à taxer les indemnités des accidentés du travail :
Il y a quelque chose d’obscène dans la mesure annoncée qui vise à imposer les indemnités des accidentés du travail. C’est s’en prendre aux salariés dans leur chair.
Alors que, subordonnés à l’employeur, ils viennent d’être brutalement vulnérabilisés par un accident survenu au travail.
Alors qu’ils ne touchent déjà que 80 % puis 60 % du salaire journalier de base.
Alors qu’ils sont frappés par les franchises médicales et les déremboursements.
Alors que, très souvent, leur avenir est devenu incertain du fait du handicap qu’ils subissent.
La justice serait, au contraire, que les accidentés touchent davantage que la totalité de leur salaire, à titre de réparation.
Ne pas imposer jusque-là les indemnités journalières des accidentés du travail n’était qu’une frêle compensation.
La supprimer serait scandaleux. D’autant que le total des accidents du travail vient d’augmenter de 0,4 % depuis 2 ans. Et que les suicides à cause du travail, et pas seulement à France Télécoms, ne sont pas reconnus légalement autant qu’il le faudrait comme des accidents.
Il faudrait aller exactement dans la voie inverse et mieux prévenir, protéger, réparer les accidents et les victimes. Car il y a 2 morts par jour au travail dans le seul secteur privé, 16 % de plus entre 2006 et 2008. On dénombre 720 150 accidents du travail avec arrêt par an, 46 436 accidents avec incapacité permanente, 37 millions de journées d’indemnisation AT. Les rapports officiels reconnaissent, d’autre part, que le chiffre de 43 832 maladies professionnelles, avec 8, 7 millions de journées d’IT, est largement sous-déclaré.
Ce sont des chiffres ? Non, ce sont des vies. Des dizaines de milliers de vies que l’organisation du travail brise.
Nous appelons à la mobilisation pour réagir, alerter, rassembler tous celles et ceux qui sont scandalisé-e-s, de façon à faire reculer, catégoriquement, cette mesure inique, intolérable, inhumaine.