Pour le droit de vote des étrangers aux élections locales

14 janvier 2010 par Jean-Sol Partre | Catégorie Actualités, Immigration, Parti Socialiste.

Martine AubryMartine Aubry, lors de ses vœux à la presse le 12 janvier, a déclaré que le Parti Socialiste allait déposer, à nouveau, une proposition de loi pour donner le droit de vote aux étrangers. Précisons qu’il s’agit de donner le droit de vote aux élections locales aux ressortissants étrangers de pays non européens en situation régulière  sur le sol français (les ressortissants des pays membres de l’Union Européenne ont déjà le droit de vote à ces élections). Cette proposition faisait déjà partie des 110 propositions de François Mitterrand lors de la campagne de 1981.

Alors que Nicolas Sarkozy s’était déclaré, à titre personnel, favorable au droit de vote des étrangers et qu’Eric Besson avait déclaré que ce droit de vote devrait être accordé « dans les dix ans à venir », le gouvernement vient d’annoncer qu’il y était opposé.

Petit raisonnement pour démontrer le caractère indispensable d’un tel droit de vote :

1/ Les conditions de vie dans les banlieues françaises, où réside la majorité des personnes étrangères en France, est catastrophique. Or malgré les déclarations de principe les plus louables, les beaux discours, les belles intentions et les plans gouvernementaux successifs, rien n’a été fait qui soit à la mesure de la gravité de la situation.

2/ Qu’est-ce qui peut motiver un élu pour agir ? Le sens de son devoir républicain d’élu de la Nation ? Son engagement et ses convictions personnelles ? Oui, mais pas seulement. Si l’on prend l’exemple de la construction de logements sociaux, on se rend vite compte que la seule motivation de nombreux élus est d’être réélus et, pour ce faire, de plaire à leur électorat. En effet, l’article 55 de la loi SRU prévoit que 20% des logements construits doivent être des logements sociaux. Si le maire n’atteint pas cet objectif, sa commune devra verser des pénalités financières. Or de nombreux maires, Eric Raoult en tête, déclarent devant la presse qu’ils n’appliqueront pas cette loi, qu’ils préfèrent payer l’amende, plutôt que de déplaire à leur électorat en installant des HLM dans leur ville, en instaurant la mixité sociale.

3/ Conclusion : tant que vous ne votez pas, l’élu ne se soucie pas de vous, vous n’existez pas. La seule condition pour que la situation des banlieues françaises s’améliore est que tous ceux qui y vivent aient le droit de vote et s’en saisissent. Les élus, voulant alors plaire à leur électorat, seront contraint d’agir, enfin. Nous devons être le parti politique qui fasse tout pour octroyer le droit de vote aux étrangers, et qui, par conséquent, amorce le vrai changement dans les banlieues françaises.

On pourra bien sûr, si besoin, ajouter que le droit de vote est un facteur majeur d’intégration…

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6 commentaires à l'article “Pour le droit de vote des étrangers aux élections locales”

  1. Yann Librati | 16/01/10

    on attend depuis si longtemps ….

  2. Fouzia | 16/01/10

    Le point numéro 1 de l’auteur est essentiel. La situation dans les banlieues est en effet alarmante ! Le taux de chômage y est plus élevé que dans les autres zones urbaines, les regroupements ethniques y sont très fréquents, de vrais investissements dans les infrastructures in situ sont quasiment inexistant (et je ne parle pas de faire seulement des retouches cosmétiques ci et là)…

    En conclusion, rien de concret ne permet de sortir ces immigrés de ces “ghettos” transformés en prisons sociales.

    Mais, en plus, on ne répètera jamais assez que ces mêmes immigrés, quand ils travaillent, participent au développement économique de la France, participent à sa richesse par l’effort du travail et par l’apport culturel importé, et même quand ils n’ont pas la chance de travailler, ils sont des consommateurs et font fonctionner l’économie…

    A l’inverse, le français qui se “débrouille” suffisamment bien pour ne pas payer d’impôts en France et qui passe une grande partie de l’année à l’étranger, lui, votera !

    Cherchez l’erreur !

  3. David | 17/01/10

    Tout à fait d’accord avec toi Fouzia, mais, en attendant le droit de vote pour les ressortissants étrangers, comment faire pour faire voter les ressortissants français issus de l’immigration vivant dans les banlieues, alors que toutes les études statistiques montrent qu’ils votent très peu ?

  4. Nathalie | 17/01/10

    Et pourquoi votent-ils très peu si ce n’est pour les raisons développées par Fouzia? Quelles que soient les origines de ces citoyens jeunes ou moins jeunes.
    Nous avons fabriqué des ghettos sociaux.
    Opposer ou tenter d’opposer les français les uns aux autres sur une thématique d’identité nationale est un débat destiné à cacher la vraie scission.
    Elle est, avant tout, sociale. Surtout continuons à tout faire pour qu’ils ne s’en rendent pas compte….

    Il y a plus de points communs entre un gamin français depuis 20 générations et un gamin dont les parents sont nés en Afrique du Nord, les deux vivant à l’Ariane qu’entre ces deux là et le fils d’un diplomate algérien suivant sa scolarité dans les meilleurs établissements scolaires.

  5. Fouzia | 18/01/10

    @ David :
    Nathalie a raison. J’ai répondu il me semble.
    Pour qu’ils (les immigrés) se sentent français et qu’ils se déplacent pour voter, encore faut-il qu’on leur donne les signes qu’ils sont considérés comme français !
    Ce qui n’est pas le cas, hélas ! Alors, ils protestent à “leur façon” que je ne trouve ni bonne ni mauvaise, mais c’est leur façon de dire, “si tu n’est pas capable de me traiter “effectivement” comme n’importe quel autre français, alors je n’exercerais pas mon droit de vote, par exemple”.
    Je peux le comprendre…

  6. Mathieu | 18/01/10

    A cela, il faut ajouter le manque d’espaces de politisation/socialisation dans les quartiers pour les salariés et chômeurs qui y vivent. Le tissu associatif, les mouvements d’éducation populaire pourraient jouer ce rôle si ils disposaient de véritables moyens…

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