14 février 2010 par Julie | Catégorie Réflexion, Vie militante.
Nés en 1936 aux Etats-Unis, les sondages d’intention de vote ou sondages préélectoraux sont aujourd’hui considérés par certains comme de véritables oracles.
Importés en France en 1965, au moment où l’IFOP en interrogeant un échantillon de la population avait pu prévoir que le Général de Gaulle se trouverait en ballotage lors des premières élections présidentielles au suffrage universel direct, le sondage d’intention de vote s’est depuis imposé comme un acteur majeur du jeu politique.
La méthodologie des sondages est certes aujourd’hui bien maitrisée. En effet il s’agit d’une enquête comportementale assez facile à conduire car les modalités de réponses sont peu nombreuses et fixées préalablement. Néanmoins la qualité du sondage est donc étroitement liée à la qualité de la méthode mise en place pour l’établir.
En effet le sondage est le résultat d’un questionnaire soumis à un échantillon.
« Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vrais réponses ; c’est celui qui pose les vrais questions. » disait Claude Lévi-Strauss. La qualité du questionnaire qui sert de base au sondage est en effet déterminante. Néanmoins, force est de constater que dépendant d’une méthodologie rigoureuse celle-ci est peu respectée.
La pratique du questionnaire « omnibus », c’est-à-dire du questionnaire où de multiples thèmes sont évoqués, est une réponse des instituts de sondage à la demande accrue en sondages et leur permet une économie considérable relevant d’une logique d’exploitation optimale. Plutôt que de réaliser un questionnaire pour chaque demande, ils mettent ensemble les sujets demandés par des commanditaires différents et les propose à un seul échantillon.
Dans son ouvrage sur les sondages Patrick Lehingue fait référence à une phrase de Lazarsfeld résumant bien cette pratique « Des intentions de vote des sympathisants socialistes au choix d’une savonnette », nous retrouvons tout et n’importe quoi dans ce type de questionnaire. Cout abaissé, productivité augmenté le sondage omnibus amène le sondé à une perte de concentration voir à une perte de cohérence dans ces réponses.
Tant critiquable soit elle, cette pratique est de plus en plus répandue et si les sondeurs connaissent les limites professionnelles et scientifiques de cette méthode, aucune mention n’est faite lors de la publication du sondage.
Quant à la constitution des échantillons qui est fondamentale, la méthode une fois de plus est trop souvent négligée. C’est ici la question de la représentativité du sondage qui est directement touchée.
Il existe deux types de méthodes pour constituer un échantillon, la méthode dite aléatoire où grâce à des calculs statistiques le seuil de 1000 personnes interrogées assure une représentativité et la méthode des quotas ou le même seuil à été reporté. En effet au-delà des 1000 personnes interrogées les marges d’erreurs ne baissent que très peu tandis que le cout de l’enquête, lui, augmente significativement.
Mais qu’entend-on par « marge d’erreur » ?
Même si la méthode de l’échantillonnage est respectée (ce qui est trop peu souvent le cas), le seuil de confiance est de 95%. La marge d’erreur dépend quant à elle directement de la taille de l’échantillon. Pour 1000 individus (seuil admis, parfois atteint et rarement dépassé), la marge d’erreur est de 5%. C’est-à-dire qu’à la lecture d’un sondage où est annoncé 45% d’intention de vote pour X et 55% pour Y, la rigueur méthodologique voudrait que soit annoncée :
« Il y a 95 chances sur 100 que X obtiennent entre 40 et 50% (marge d’erreur de 5%) des voies et que Y obtiennent entre 50 et 60% des voies. »
On le comprend bien, ceci est peu vendeur et n’est pas en mesure de créer de scoop journalistique.
Mais même sans aller à traduire exactement chaque sondage, les fiches techniques indiquant la taille de l’échantillon et la marge d’erreur associée pourraient être communiqués mais ne le sont pas.
Sans développer ici sur le rôle que s’attribuent les journalistes qui se prennent pour des politologues ou les sondeurs se prenant pour des statisticiens usant de méthode de redressement des sondages douteuses, on voit qu’il est important de rester méfiant quant aux sondages.
Le sondage ne doit pas s’inviter comme acteur du jeu politique, tout au plus il est un outil d’information valable à un instant précis. Son existence ne peut se justifier que pour servir le jeu démocratique et permettre aux citoyens d’agir de façon éclairée et rationnelle, d’agir en toute connaissance de cause au moment de leur vote. Quoi que disent les sondages, qu’ils nous confortent dans notre choix ou pas, ils ne doivent que nous pousser à aller voter pour faire entendre notre réelle opinion, notre choix sans aucune possibilité de manipulation.






















Le président sarkozy est un grand consommateur de sondages pour mener ses coups politiques.
Sa boulimie de sondages qu’il confie à son ami Patrick Buisson, ancien journaliste de “Minute”et dirigeant de la société “Publifact”,coute au contribuable une surfacturation de 900 000 euros.
Le Parti Socialiste a demandé une enquête parlementaire pour contrôler démocratiquement ce surcoût inacceptable.La droite parlementaire a refusé au prétexte fallacieux qu’il s’agissait d’une ingérence du législatif sur le pouvoir exécutif.
De fait, c’est,circulez il n’y a rien à voir.
Ce matin,dans Libération, je lis que le sus dit, Mr.Patrick Buisson poursuit en justice pour diffamation,Mr.Alain Garrigou,professeur de sciences politiques de l’université Paris-X-Nanterre.
Il lui reproche d’avoir tenu des propos diffamatoires dans une interview à Libération le 6 novembre 2009 :
“Pourquoi l’Elysée paie-t-il beaucoup plus cher en passant par Patrick Buisson,au lieu de les acheter à moindre prix directement? Et pourquoi laisser Patrick Buisson se faire une marge de 900 000 euros sur son dos?Soit c’est un escroc, soit c’est un petit soldat qui CONSTITUE UN TRESOR DE GUERRE POUR PAYER DES SONDAGES DURANT LA PROCHAINE CAMPAGNE ELECTORALE PRESIDENTIELLE sans que ce soit visible dans les comptes de campagne du futur candidat Nicolas Sarkozy.”
Patrick Buisson réclame 100 000 euros de dommages et intérêts à l’universitaire.
A trop le fréquenter,ils font tous comme leur maitre,des procès tout en gérant leurs impunité.
Voilà un billet très intéressant.
On constate effectivement (depuis quelques années) un véritable appétit, quasi boulimique, de la part des médias aussi bien que de la classe politique prise dans sa globalité pour ses enquêtes d’opinion qui se veulent au moyen de quelques chiffres et pourcentages le reflet de la société française, le sondage, l’outil d’un “journalisme paresseux” qui “permet de parler du monde sans sortir de son bureau” (dixit Pr Alain Garrigou)
Et il faut évidemment faire preuve d’une certaine prudence lorsque l’on doit interpréter les dits chiffres.
Ne serait-ce qu’en ce qui concerne les sondages préélectoraux; les instituts de sondage ne distingue pas parmi les réponses qu’ils reçoivent celles qui sont de franches intentions de vote de celles qui ne représentent en fait que de vagues préférences pour tel ou tel candidat et surement que la liste peut être longue…
Il ne faut pas se méprendre sur les sondeurs et les résultats qu’ils fournissent qui sont loin d’être « scientifiquement » recevables contrairement à ce que l’on pourrait nous faire croire; alors à quant la mise en place de règles éthiques ?
PS: Alain Garrigou c’est aussi ce site : http://observatoire-des-sondages.org/
Il y a aussi les techniques de “redressement” que l’on utilise systématiquement dans certains cas, notamment celui du vote frontiste : dans les résultats bruts des sondages, les intentions de vote pour le Front National sont toujours très inférieures à la réalité du vote, soit parce que les électeurs du FN n’osent pas s’avouer frontistes, soient parce qu’ils refusent de répondre aux sondages. Quoiqu’il en soit, les sondeurs, pour corriger cela, “redressent” les résultats en augmentant artificiellement les intentions de vote FN comme bon leur semble…
Si l’on avait écouté les sondages, Mitterrand n’aurait pas aboli la peine de mort. Or c’est ce qui reste comme l’action la plus importante de ses deux mandats. Cela nous montre qu’il faut parfois savoir aller contre les sondages. Parce que les sondages reflètent l’opinion. Ce qui nous guide, ce qui doit guider nos convictions et nos actions, ce n’est pas l’opinion, la doxa, c’est la connaissance.
le sondage….c comme les jurées lors d’un procès, la problématique est de savoir qui les choisis…
Elections Régionales 2010 - mais avons nous réellement le choix… ?
Régionales: avez-vous fait votre choix ?
élections régionales, Politique
Par calvero le 02/03/2010 à 20:41, le POST
Les derniers sondages concernant les élections régionales sont sortis.
De votre côté, avez-vous décidé de ce que vous ferez le 14 mars?
J’irai voter et j’ai déjà choisi mon camp. 75 %
J’irai voter mais j’hésite, j’hésite, j’hésite … 5,6 %
Je ne suis pas encore sur d’aller voter. Il fera beau le 14 ? 4.4%
Je suis sûr de ne pas aller voter. 12.4%
Je suis un rebelle et j’en ai assez des réponses imposées. Je donne donc un avis personnalisé dans les commentaires. 2.1%
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Mais quel choix avons nous ?
Autopsie d’un meurtre électoral consommé….
La suite ….. http://aviseurinternational.agence-presse.net/2010/03/03/elections-regionales-de-2010-mais-avons-nous-reellement-le-choix%E2%80%A6/
Socrate