Signez l’appel pour refuser la marchandisation de la petite enfance

5 mars 2010 par Jean-Sol Partre | Catégorie Actualités, Crise sociale.

>> Comme Jean-Patrick Gille, secrétaire national à la famille et Razzy Hammadi, secrétaire national aux services publics, signez et faites signer la pétition ici

Municipalités, CCAS ou partenaires associatifs des collectivités publiques, nous sommes aujourd’hui les principaux gestionnaires des services d’accueil de la petite enfance, engagés tant dans le développement de l’offre, en partenariat avec les CAF, que dans le maintien d’une qualité de l’accueil seule à même de favoriser l’épanouissement de l’enfant, l’accompagnement des parents et la réduction des déterminismes sociaux, par de véritables projets sociaux et pédagogiques. Avec la mise en œuvre de la directive service de la Commission européenne, c’est l’avenir du secteur de la petite enfance qui se joue : pourrons-nous continuer à porter cette logique de service public dans le contexte de marchandisation qu’elle induit ? Nous ne le pensons pas. Le gouvernement peut encore faire le bon choix. Nous en appelons à sa responsabilité.

La conférence de presse:

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xcgoup_le-ps-mobilisé-pour-la-petite-enfan_news[/dailymotion]

Secteur concurrentiel ou pas : chaque pays peut choisir

L’inclusion ou l’exclusion de la petite enfance dans la directive 2006/123/CE du 12 décembre 2006 relative aux services dans le marché intérieur résulte d’un choix national. Le Danemark ; l’Allemagne et la Belgique ont fait le choix d’exclure du champ d’application de la directive l’ensemble des activités relevant du secteur social. L’Autriche a écarté de son champ les activités requérant un financement public. Notre pays doit suivre ces exemples pour rester fidèle à son modèle social.

Le gouvernement doit entendre la position des acteurs publics de la petite enfance

En France, l’Association des Maires de France (AMF), l’Union Nationale des CCAS (UNCCAS) et l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (l’UNIOPSS) ont demandé au gouvernement l’exclusion de la petite enfance du champ de la directive. Cette position fait aujourd’hui l’objet d’un large consensus parmi les acteurs de la petite enfance, indépendamment des sensibilités partisanes.

Pourtant, sans consultation ni débat public, le gouvernement a remis un pré-rapport à la commission européenne le 28 décembre dernier, qui inclut la petite enfance dans le champ de la directive services. La France doit finaliser son rapport sur la transposition de la directive pour la fin du mois de février 2010. Il est donc encore temps que la raison l’emporte.

La libéralisation sera mortifère pour le service public

L’inclusion de la petite enfance dans le champ de la directive services aura un impact considérables sur les services publics locaux de la petite enfance. Concrètement, les collectivités devront justifier non seulement de leur mode de gestion, mais aussi des modalités de leur financement, car le principe de « loyauté » de la concurrence devra s’appliquer. Certains se saisiront de l’aubaine : par la mise en concurrence, ils feront baisser les prix, sans se soucier de la qualité. Ceux qui « en font trop » pour le secteur public s’exposeront à des risques contentieux, si la puissance publique devient un obstacle à la liberté d’entreprendre, voire au « libre choix éclairé » des parents…

Au final, la situation créée permettra à toutes les collectivités, et d’abord à l’Etat, de justifier un désengagement et ce sera la fin des services publics locaux, à l’exemple des conséquences dramatiques de la libéralisation des services à la personne, qui a non seulement mis sur la paille les acteurs publics et associatifs, mais aussi transféré une partie des coûts sur les usagers, entraînant une nouvelle sélection par l’argent. Voilà le destin qui attend la petite enfance si rien n’est fait.

Nous demandons au Président de la République et au Gouvernement d’exclure la petite enfance du champ d’application de la directive services.

Pour ces raisons, la logique de concurrence et la marchandisation induites par l’application de la directive service doivent être refusées. Le choix de préserver ou de laisser dépérir le service public de la petite enfance géré par les collectivités locales et financé par la CNAF est plus qu’un choix politique gouvernemental, c’est un choix de société.

>> Comme Jean-Patrick Gille, secrétaire national à la famille et Razzy Hammadi, secrétaire national aux services publics, signez et faites signer la pétition ici

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1 commentaire à l'article “Signez l’appel pour refuser la marchandisation de la petite enfance”

  1. Nathalie | 5/03/10

    Et venez manifester votre soutien et faire signer des pétitions le 11 mars à 10h place Masséna à l’appel du collectif “pas de bébés à la consigne” et des syndicats UNSA, CGT et d’autres j’imagine….

    En effet, un décret d’application de la loi Tabarot est en cours d’adoption. Il vient d’obtenir l’aval de la Caisse nationale d’allocations familiales.

    La loi Tabarot a vocation à créer 100 000 à 400 000 places en crèches halte garderie supplémentaires, pour arriver à cet objectif le décret a pour objet de déréglementer l’encadrement des petits de moins de 3 ans (au lieu de créer les emplois nécessaires! On marche sur la tête en période de chômage!)

    Quand il fallait un éducateur spécialisé petite enfance ou un puériculteur (je sais ce n’est pas très joli mais moi je suis pour la parité dans les deux sens!) bref…quand il fallait un professionnel de la petite enfance pour 6 bambins (de mémoire) un pour 12 suffirait….autant dire que les missions éducatrices et pédagogiques passent à la trappe et qu’il s’agira plus de gardiennage que d’éducation.

    Les professionnels se sont immédiatement insurgés contre ce recul d’un de nos services publics les plus importants et ont créé un collectif soutenu par les syndicats.

    Pour ne pas brader l’éducation de nos bébés venez soutenir le mouvement des professionnels de la petite enfance le 11 mars à 10h00 place Masséna.

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