11 mars 2010 par alex | Catégorie Actualités, Fallait pas ! !, Revue de Presse.
Métaphore pour les bédéphiles, notre série du jour pourrait s’intituler « les bévues de Rachida » selon l’emblématique (au combien de fois caricaturé) « Martine joue au ballon » ou « Martine se promène au bois ». Malheureusement pour elle, la forêt du 7éme arrondissement de Paris n’est pas un long fleuve tranquille où la politique se résumerait à la caisse de résonance (« raisonnance », oserais-je le néologisme ?) de son appétence à changer la vie de ses concitoyens (souvenons-nous de son « omniprésence » au siège des institutions européennes). Face au vide sidéral de son approche partisane (une sorte d’anti-Juppé pour les ex chiraquiens « la moins bonne d’entre nous » devisent sûrement du coin de l’œil des sarkozystes), elle compense par le maniement des concepts et des formes, elle « innove », elle « transcende » l’art de la continuation de la guerre par d’autres moyens : elle fait de la politique une œuvre esthétique nous amenant à un état proche de la cristallisation stendhalienne.
Ainsi parlait Rachida Dati, dans son « excellentissime » (un collector à garder précieusement pour ses vieux jours pour allumer son feu de cheminée) éditorial du journal de la mairie du 7ème arrondissement : « Mais la féminité n’est pas synonyme de futilité » juste avant les cinglantes publicités boboïsantes payées par notre cher (sûrement « très cher ») contribuable parisien (non pas par une dépense mais par une perte de recettes à la manière des enseignes publicitaires JC DECAUX).
Qu’en penser ? Une partie de moi-même, la raisonnable me dit « voilà les dérives de la communication politique à leur summum », « quelle sale époque ! Où sont nos valeurs d’antan ? ». Et puis, voulant éviter un casus belli sur un fond d’espoir (tout au fond de la boîte de Pandore qui me sert de boîte à matière grise), je repense au propos d’un grand penseur véhiculé par un bon penseur : « Ne pas rire, ne pas pleurer, ne pas maudire mais comprendre ».
L’autre partie, plus cynique, plus passionnée, sûrement plus drôle me rappelle cette fabuleuse citation de Coluche « Les politiciens, il y en a, pour briller en société, ils mangeraient du cirage. » (Sketch inénarrable du chômeur).
Bon, vous avez droit de rire maintenant : ci-joint, “7 à elle” le journal de la mairie du 7ème arrondissement de Paris du mois de mars (cliquez ici) et, si vous ne me croyez pas, le lien dudit journal (cliquez ici).




















Oui on peut en rire, mais, malgré tout, c’est tellement sidérant que cela me déprime de voir la politique tomber aussi bas. Alors, que faut-il en penser ?
1/ Que le journal d’une mairie doit être le reflet d’une mairie : au service des citoyens, des habitants de la ville, en remplissant une mission de service public… et surtout pas en faisant de la publicité pour des Rayban à 160 € ou un sac à main Nina Ricci à 2200 € (= 2 mois de salaire au SMIC) ! C’est tout simplement odieux (voir la revue p. 6) ! Et je me demande même si c’est légal…
2/ C’est contraire au message qu’essaie désespérément de faire passer le ministère de la santé : le modèle de la féminité ne doit plus être la top modèle anorexique, femme soumise à la mode, aux marques, etc. (voir p. 12)… en bref, se libérer de la dictature des marques…
4/ Si un homme avait voulu célébrer les femmes en résumant la féminité à la mode et à la presse people, tout le monde l’aurait traité de misogyne…
5/ Pour Rachida Dati, célébrer la journée des droits de la femme c’est rabaisser la politique au niveau d’un catalogue publicitaire (voir p. 10)… C’est le degré zéro de la politique…
C’était quoi déjà la chanson ? “Victime de la mode, tel est son nom de code”…