19 mars 2010 par Jean-Sol Partre | Catégorie Fallait pas ! !.
La semaine dernière, lorsque l’on a appris que Rachida Dati avait transformé le journal de la mairie du 7ème arrondissement de Paris en magazine people et en catalogue pour vêtements de luxe, j’ai pensé que nous étions tombés au “degré zéro de la politique” (voir l’excellent article d’Alex ici). J’aurais du me rappeler qu’avec l’UMP, “tout devient possible”, et surtout le pire.
François Fillon n’est plus au service de l’Etat. Comme lui, ses ministres, Jean-Louis Borloo en tête, annoncent fièrement faire “un déplacement par jour”, cette semaine, pour la campagne des régionales. Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’ils ne sont plus dans leurs ministères respectifs, qu’ils ne travaillent plus pour l’intérêt général, mais bien pour un intérêt particulier et partisan, celui de l’UMP. Au passage, je vous avoue être choqué que cela ne choque personne…
François Fillon, donc, qui rêve de devenir à son tour “le meilleur d’entre eux”, redouble d’effort et se retranche derrière la stratégie habituelle de la droite extrême à la française : lorsque l’on perd une élection, on parle insécurité. Donc, et quand bien même cela n’a rien à voir avec le débat sur les régions (dont la sécurité n’est pas une compétence première), Fillon tente désespérément de toucher la corde frontiste du bon peuple français : il débute un meeting de campagne en évoquant la monté de l’insécurité. Il appelle « ceux que la violence inquiète » et « qui veulent faire reculer la peur » à ne pas se « disperser dans leurs votes » : en clair, à ne pas voter FN mais bien UMP. Selon lui, « L’insécurité est un combat permanent. C’est un combat sur lequel personne ne peut faire de triomphalisme, parce que la violence se réinvente en permanence ».
Dans son élan, le premier de la classe va plus loin, certain de marquer des points, de frapper les esprits, d’être percutant : il évoque la mort d’un policier dans l’exercice de ses fonctions : « La semaine dernière à Epernay, des voyous ont violemment caillassé des policiers qui procédaient simplement à un contrôle routier. L’un d’entre eux vient de décéder. Caillasser, insulter, vandaliser, tirer, tuer : désormais il semble qu’il n’y ait plus aucune limite pour certains ». Effet garanti, comble de l’émotion et de la consternation dans la salle…
Problème : ce policier n’est (heureusement) pas décédé ! Il est bien vivant, il est sorti du coma, vient de subir une opération de l’épaule et de parler à ses proches ! Notre premier sinistre a encore frappé…
Contraint de reconnaître sa bourde monumentale, il a pris la plume pour s’excuser auprès de la supposée veuve « J’ai, par erreur, évoqué le décès de votre époux. Ce qui constituait une méprise que je regrette profondément. Je tiens à vous présenter mes excuses, ainsi qu’à votre mari, sa famille et ses collègues ».
Comme quoi, le racolage politique n’a plus de limite…
Source : Le Figaro



















