Chroniques du conseil municipal : la démocratie estrosienne

29 mars 2010 par Jean-Sol Partre | Catégorie Politique à Nice.

Christian EstrosiLe conseil municipal de la Ville de Nice a eu lieu vendredi 26 mars. Il est à l’image de la conception qu’a Christian Estrosi de la démocratie : une mascarade. Mais pas une mascarade drôle et subtile, non, un spectacle violent, insultant, qui tourne rapidement, pour le spectateur, à l’écœurement.

On refuse d’admettre la défaite…

Alors que le Maire de Nice avait pris l’habitude de commenter les résultats des élections en conseil municipal, quand bien même ces élections n’avaient aucun rapport avec la vie de la citée, cette fois-ci, pas un mot sur les résultats des élections régionales… Lorsque Paul Cuturello souligne justement ce silence et commente les résultats des urnes, le Marie de Nice a une réponse immédiate : l’insulte. « Vous êtes un petit médiocre ! ». Et quand bien même les résultats des urnes montrent qu’à Nice le PS devance l’UMP, Christian Estrosi se mure dans le déni : selon lui, l’UMP fait  à Nice son meilleur score et le PS le pire, comparativement aux 5 plus grandes villes de France. En bref, selon Christian Estrosi, le second tour des élections régionales représente une victoire pour l’UMP niçoise ! Mais comment donc ne nous en étions-nous pas aperçus avant ???

On insulte et on insulte encore…

Lorsque Yann Librati prend à son tour la parole, même chose : l’insulte. « Vous n’êtes qu’un petit roquet. »

Lorsque Frédérique Grégoire Concas fait état de l’inquiétude des Marchands de fleurs du Cour Saleya sur une éventuelle interdiction de travailler le jour de la fête des mères en raison d’un sommet international, au lieu de répondre simplement qu’il s’agit d’une information erronée, le maire de Nice va jusqu’à subodorer que cette fausse rumeur aurait été lancée par les Socialistes, puisque que ce sont les Socialistes qui lui posent la question… Le message ne vous plait pas ? Tuer donc le messager !

On fait mine de ne pas voir pour ne pas donner la parole…

Lorsque Remi Gaechter lève la main pour s’exprimer, Christian Estrosi fait mine de ne pas le voir et donne la parole à quelqu’un d’autre… puis un autre… puis un autre, pendant que l’élu Vert attend toujours bras levé… puis, balayant du regard l’assemblée, il  fait mine de passer à un autre sujet. Lorsque M. Gaechter élève la voix pour signaler sa demande de parole, le maire répond en toute sincérité : «  je ne vous avais pas vu… ».

On coupe le micro de l’opposition pour la faire taire…

Lorsque Christine Dorejo l’interroge sur l’empilement administratif des dispositifs sensés lutter contre la délinquance juvénile et la confusion qui en découle (on rajoute un Conseil des Droits et Devoirs des Familles faisant du Maire « le pivot de la prévention de la délinquance » au Contrat de Responsabilité Parentale que ce même Christian Estrosi avait instauré dans le département en tant que Président du Conseil Général, quand bien même aucun bilan n’a été donné sur les contrats de responsabilités passés), la réponse est encore plus éloquente : il coupe micro de l’élue socialiste, empêchant purement et simplement l’opposition de s’exprimer !

On chamboule l’ordre du jour….

Autre technique pour empêcher l’opposition de préparer ses interventions : changer l’ordre des délibérations ! En effet, les délibérations sont classées par rapporteur avec un ordre établi à l’avance… sauf que M. Estrosi en décide autrement. Résultat : on commence par une délibération, passe à celles qui devaient être examinées à la fin, on revient au milieu, repart à la fin, finit par le début… Bref, on ne suit pas l’ordre annoncé, impossible donc de se préparer sereinement à intervenir, on cherche en permanence où le maire nous entraine pour répondre en urgence…

Un déni de démocratie…

Pire encore ! On prive la gauche niçoise de représentation à la communauté urbaine Nice Côte d’Azur : au lieu de laisser un ou une socialiste remplacer Sophie Duez, on propose et on fait élire Raoul Mille à la place ! Idem pour les nouvelles places à pourvoir suite à l’extension de NCA : on fait élire l’UMP, de sorte que pour toutes nouvelles places futures, l’opposition n’aura aucune chance d’être représentée tant que l’UMP sera majoritaire au conseil municipal et proposera ses propres candidats… La proportionnelle ? La représentativité ? La démocratie ? Oh ! Mais arrêtez de dire des gros mots à la fin !

Yann Librati dénonce…

Et pourtant, que d’occasions d’avoir un vrai débat de fond ! Yann Librati interroge le maire sur le tout sécuritaire, faisant des Niçois les habitants les plus surveillés de France. Il remet en question la surabondance de moyens techniques onéreux, à l’efficacité non prouvée, alors que l’on a besoin d’une police de proximité plus nombreuse : de l’humain, pas des machines ! Les postes de polices ferment le soir, précisément aux heures où la délinquance commence… Il revient sur la fermeture des épiceries la nuit, faisant de Nice une ville morte après 22h. Il dénonce une gestion de l’activité commerciale de la ville basée sur des critères ethniques tant il est évident que ce sont les épiceries arabes qui sont visées.

Même lorsque les décisions ne relèvent pas de positionnements politiques mais de la simple prévention de la mortalité routière, le maire ne veut rien entendre : Yann Librati demande à ce que les jeunes qui sortent des pubs à 2h du matin (heure de fermeture des pubs), après avoir consommé de l’alcool, puissent prendre le Tram pour ne pas avoir à conduire. Fin de non recevoir ! On ne veut pas faire rouler le tramway jusqu’à 2h du matin, on préfère les accidents de voiture causés par l’alcoolémie…

Yann Librati demande la gratuite du service « Allo Mairie », expliquant que les Niçois, qui  payent déjà suffisamment d’impôts locaux, devraient pouvoir joindre la mairie gratuitement. Réponse du maire : il revient moins cher d’appeler que de se déplacer et venir en mairie ! C’est encore non !

Lorsqu’enfin Yann Librati demande à Christian Estrosi de rendre des comptes sur la tenue d’un banquet fin janvier, à l’opéra de Nice, avec traiteur privé et réquisition du personnel de l’opéra, en posant des questions simples : quelle était la raison de ce banquet ? En quoi était-il utile aux intérêts de la Ville de Nice ? Pourquoi un monument historique est-il utilisé à des fins privées ? Pourquoi a-t-on réquisitionné le personnel de l’Opéra ? Quel est le coût total de l’évènement ? Christian Estrosi évoque la présentation de vœux de nouvel an, puis refuse de répondre et tente de changer de sujet…

Bref, la démocratie estrosienne est une bien triste mascarade : un déni total des droits de l’opposition et de la représentation populaire, un autoritarisme primaire qui se gargarise de son pouvoir, le fait du prince, encore et toujours.

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7 commentaires à l'article “Chroniques du conseil municipal : la démocratie estrosienne”

  1. Jean-Sol Partre | 2/04/10

    La fronde des “anti-arrêtés” s’amplifie (20 mn édition Nice, le 02.04.10)

    « Le maire veut faire de Nice une petite Barcelone, c’est plutôt un cimetière qu’il est en train de créer ! » Hier après-midi, une vingtaine de commerçants du centre-ville s’était réunie dans le Vieux Nice. Tous protestent contre l’arrêté municipal fixant la fermeture des établissements de vente à emporter et épiceries de nuit après 22 h, instauré par la municipalité le 16 mars et repris par la préfecture quelques jours après. « Ne pas vendre d’alcool le soir, nous sommes d’accord. Mais ne pas pouvoir acheter un sandwich, une bouteille d’eau, des biscuits ou une glace dans une ville si touristique, c’est aberrant », soulignait hier une commerçante. De son côté, la ville a fait savoir qu’il n’était « pas question de modifier cet arrêté de vente tardive ». Les établissements qui l’enfreignent s’exposeront donc à une amende de 450 €. Une tolérance aurait néanmoins était accordée aux glaciers. Le conseiller général Marc Concas pointait hier du doigt « une violation des règles d’égalité commerciale ».a. s.

    La nuit entre en résistance (Métro Nice, le 01.04.10, par Michel Bernouin)

    ” A Nice, les commerçants se mobilisent contre la fermeture obligatoire à 22 heures. Cannes se dit favorable à une simple interdiction de la vente d’alcool la nuit.

    Pack de bière ou de lait, cornet de glace ou de frites, kebab ou panini : même combat ! Une vingtaine d’épiciers de nuit, de glaciers, de patrons de snack et même de McDo se sont réunis hier autour de l’avocat et conseiller municipal d’opposition Marc Concas, pour tenter de sauver leurs commerces. D’autres épiciers se sont donné rendez-vous ce matin rue Bonaparte, à l’appel de l’Association de défense du commerce de proximité.

    Tous se mobilisent contre l’arrêté municipal niçois (et son extension préfectorale qui englobe Cannes), qui interdit la vente à emporter de tout produit après 22 heures. “Les riverains en ont assez du bruit et des rixes qu’engendrent ces commerces”, justifiait Christian Estrosi lorsqu’il a signé cet arrêté, il y a deux semaines. Mais si l’ivresse publique est visée, les paisibles amateurs de glaces ou de burgers – et les salariés des entreprises qui en font commerce – risquent de trinquer.

    “Je vais devoir licencier vingt personnes”, affirme Didier Ienzer, le patron des McDo de la Prom et de la gare routière, où “la vente à emporter la nuit représente 15 à 20 % de l’activité”. “Pourquoi ne pas juste interdire la vente d’alcool ?” lance Martine, qui “représente les glaciers” de la place Rossetti.

    Jeudi, la ville de Cannes indiquait que cette option avait désormais sa préférence, “conformément à l’arrêté municipal pris le 5 mars”. A Nice, pas question : “Je ne reculerai pas”, confiait Christian Estrosi vendredi. “Nous allons même étendre le périmètre à l’est et à l’ouest”, ajoutait jeudi soir son premier adjoint. “

  2. Jean-Sol Partre | 10/04/10

    Nice : une pétition pour les épiciers

    AFP - 09/04/2010

    Le groupe d’opposition municipale niçois “Changez d’ère”, présidé par le socialiste Patrick Allemand, a lancé sur Internet une pétition de soutien aux épiciers de nuit de la ville, contraints de fermer à 22H00 en vertu d’arrêtés du maire et du préfet.

    La pétition dénonce un “arrêté qui s’apparente à un couvre-feu” et s’alarme de la “baisse du chiffre d’affaires des petits commerçants” et de “leur mort progressive”.

    Un groupe de soutien créé le 19 mars sur Facebook comptabilisait par ailleurs vendredi plus de 3.800 membres.

    Le maire de Nice, Christian Estrosi (UMP), a signé le 16 mars un arrêté imposant des heures de fermeture aux établissements de vente à emporter et aux épiceries de nuit de plusieurs quartiers de la ville (23H00 entre le 1er mai et le 1er octobre, 22H00 le reste de l’année), imité le 19 mars par le préfet des Alpes-Maritimes.

  3. Jean-Sol Partre | 13/04/10

    “Commerce de nuit : l’imbroglio”

    Article de Métro Nice du 11.04.10 :

    Le maire de Nice et le préfet précisent leurs arrêtés sur la vente à emporter nocturne. L’interdiction ne concerne pas les établissements disposant de places assises. Les épiciers restent mobilisés.

    Les épiceries de nuit, elles, restent visées par les restrictions.
    Fenocchio, Mc Do et leurs confrères peuvent recommencer – ou continuer – à vendre leurs glaces, burgers, paninis et sodas à emporter la nuit. Le maire de Nice a en effet confirmé vendredi après-midi ce que Metrofrance.com indiquait la veille : “Les commerces ayant une autorisation d’exploitation avec places assises ne sont pas soumis à l’arrêté municipal”.

    Contactée dimanche, la préfecture des Alpes-Maritimes donnait strictement la même interprétation concernant son propre arrêté, signé deux jours après celui de Nice, et qui concerne également Cagnes-sur-Mer, Antibes Juan-les-Pins, Vallauris Golfe-Juan, Cannes et Le Cannet.
    Les patrons et salariés de ces établissements se seraient donc fait du mouron pour rien. Les journalistes qui ont relayé leurs inquiétudes auraient, eux aussi, tout compris de travers. Tout comme les policiers qui ont délivré des avertissements à des commerces qui, à l’instar du Mc Do de la gare routière, pratiquent vente à emporter et consommation sur place.

    Malentendu ou mauvaise foi, qu’importe, il reste une difficulté selon Marc Concas, conseiller général PS et défenseur du collectif des commerçants du Vieux-Nice : “Il faudra rédiger un nouvel arrêté parce que l’actuel n’est pas assez précis”. Quant aux trente-deux “épiciers” du collectif de défense du commerce de proximité, ils attendent une réponse aux courriers qu’ils ont adressés mardi à la mairie et la préfecture et un rendez-vous pour présenter leur “charte de bonne conduite.

  4. Jean-Sol Partre | 27/05/10

    Epiceries de nuit : au juge de trancher

    Article de Michel Bernouin, publié dans Metro Nice le 27.05.10 :

    “Quinze épiciers niçois attaquent les arrêtés de fermeture nocturne du maire de Nice et du préfet des Alpes-Maritimes. Le tribunal administratif de Nice rendra sa décision dans quelques jours.
    Maître Joseph Ciccolini avec ses clients, mercredi, devant le tribunal administratif de Nice.

    Maître Joseph Ciccolini avec ses clients, mercredi, devant le tribunal administratif de Nice.

    La “fermeture de nuit des établissements de vente à emporter” est-elle légale ? C’est la question à laquelle doit répondre dans les prochains jours le tribunal administratif de Nice. Mercredi matin, pour la première fois, quinze épiciers niçois ont en effet plaidé leur cause devant un juge.

    “Nous avons tenté de négocier avec la mairie, nous avons proposé une charte de bonne conduite, mais nous n’avons manifestement pas été entendus” , affirmait l’un de leurs avocats, maître Joseph Ciccolini. Et le juriste d’ironiser sur “la jeunesse titubante la nuit dans le Vieux-Nice : elle boit à l’épicerie ou dans les pubs ?”

    Mais au-delà des polémiques sur l’ivresse et la sécurité, c’est bien sur le terrain du droit que se situait hier le débat. Pour maître Ciccolini, ces arrêtés sont illégaux parce qu’ils représentent une interdiction générale qui frappe des commerces sans histoire : “Aucune procédure, aucun procès verbal contre mes clients, ils travaillent bien, sont appréciés du voisinage”.

    “Ce n’est pas une interdiction générale mais une interdiction qui s’applique sur le périmètre où il y a des troubles. Leur activité commerciale génère du bruit, des attroupements, des cris”, rétorquait maître Marie-Christine Capia, pour le compte de la ville de Nice. “Nous avons reçu des doléances”, confirmait Frédéric Peyran, directeur départemental de la sécurité publique adjoint. La nuit, les six équipages de police secours passent 25% du temps à régler des problèmes de rixes et de tapage”.

    Mobilisation

    Les épiciers niçois évoquaient hier l’idée d’une manifestation dans les rues de Nice pour faire connaitre leurs doléances.

    Ils devraient également solliciter un nouvel entretien en mairie de Nice, en espérant prouver leur bonne foi et obtenir des dérogations.

    Leurs avocats ont également indiqué qu’ils allaient attaquer dès aujourd’hui le nouvel arrêté municipal qui remplace celui pris le 16 mars en élargissant le périmètre concerné par l’interdiction.

  5. Jean-Sol Partre | 30/06/10

    Deuxième round décisif pour les épiciers Niçois

    Article d’Aurélie Selvi publié dans 20 mn le 30.06.10

    JUSTICE Le tribunal administratif de Nice statuait hier sur les arrêtés de fermeture des épiceries de nuit

    Les arrêtés de fermeture des épiceries de nuit à 23 h vivent peut-être leurs dernières heures… Hier matin, au tribunal administratif de Nice, un nouveau procès opposait une quinzaine d’épiciers niçois en colère à la ville et à la préfecture, auteurs de ces textes. Une audience à l’issue de laquelle le rapporteur public (équivalent du procureur en grande instance) a réclamé l’annulation pure et simple des trois arrêtés. Raisons invoquées : l’absence d’éléments prouvant que ces commerces produisent des nuisances sonores, d’une part ; le fait que la lutte contre ce type de nuisances pourrait être menée via des mesures moins contraignantes, de l’autre.
    Car c’est bien là que le bât blesse pour les principaux concernés. « Depuis l’entrée en vigueur de ces arrêtés, nous enregistrons en moyenne entre 20 % et 30 % de baisse de chiffre d’affaires », déplorait hier Faissal Chninak, à la tête du Collectif des épiciers responsables de Nice, qui regroupe une quinzaine d’établissements. Des arguments qu’ont fait valoir les avocats des commerçants au cours d’une audience qui ne manquait pas de sel…

    « Les gens ont peur ! »
    Droit du commerce contre droit… au silence : c’est la bataille d’arguments à laquelle se sont livrés hier les avocats des deux parties. « Infondés », « inadaptés », « pas mesurés », « ces arrêtés font entrave à la liberté du commerce », arguent les défenseurs des épiciers. « Les établissements concernés provoquent des regroupements, des rixes et de l’alcoolisation excessive », rétorque le directeur départemental adjoint de la sécurité publique, Frédéric Peyrant. « Les gens ont peur ! », vont jusqu’à lancer les représentants de la ville, pour qui « les administrés ont droit au silence et à la tranquillité ». « On voulait plaider en droit. On a plutôt nagé en plein pathos », ironise à l’issue de l’audience l’un des avocats des commerçants, pour qui le vent pourrait bien tourner dans les jours à venir. Mise en délibéré, la décision du tribunal administratif devrait tomber d’ici à deux semaines maximum.

  6. aouate | 12/12/11

    Nous avons contesté ces arrêtés et nous le payons cher !!! Aujourd’hui, nous sommes régulièrement surveillés sur la vente d’alcool après 22h, nous ne savons plus quoi faire. Deux familles entières vont se retrouver à la rue car nous n’avons plus le droit de vendre de l’alcool après 22 h, alors que pendant de nombreuses années, cet arrêté n’a jamais été même “évoqué”.
    Que pouvons nous faire ?

  7. Hank hulai de thaimor | 3/02/12

    estrosi est le genie que la ville de nice merite ,cultive ,intelligent vous devriez avoir honte de le combattre !!

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