7 avril 2010 par David | Catégorie Economie, Parti Socialiste, Réflexion.
La vidéo suivante est une introduction d’Henri Emmanuelli au colloque “Convergences pour dépasser le libre-échange” organisé par Un monde d’avance le 10 avril 2010 sur le thème des clauses de sauvegarde (programme et renseignements ici).
http://www.dailymotion.com/videoxcsvbgA noter qu’Henri Emmanuelli renonce ici au “dogme” du “protectionnisme” :
1′54″ : “(…) et s’il est vrai que le protectionnisme n’est pas une solution parce qu’en général c’est l’enfermement et à l’intérieur de l’enfermement c’est plutôt le dépérissement que l’expansion, en revanche le libre échange sans précaution va aboutir à la destruction de l’essentiel de l’industrie européenne (…) Quelque part le juste milieux entre le protectionnisme et le libre échange sans précaution ça doit être la possibilité de déclencher une clause de sauvegarde (…)”
3′35″ : “Je ne crois pas que l’on puisse établir le dogme du protectionnisme ou celui du libre échange, en réalité il faudrait s’adapter aux circonstances (…)”




















“et s’il est vrai que le protectionnisme n’est pas une solution parce qu’en général c’est l’enfermement et à l’intérieur de l’enfermement c’est plutôt le dépérissement que l’expansion”
Le protectionnisme est l’antithèse de l’internationalisme et de fait, du socialisme! CQFD.
Il n’est certainement pas la réponse au libre échange débridé.
Je serais plus nuancé que toi, Nathalie, puisque je distingue l’idée d’une taxation aux frontières de celle, négative, du protectionnisme. J’ai déjà proposé sur ce blog l’idée de prôner un « tarif extérieur commun à vocation sociale et environnementale » plutôt que le protectionnisme et j’avais détaillé les conséquences politiques négatifs de l’usage de ce terme dans un commentaire précédent : http://www.nicemassena.org/2010/01/28/benoit-hamon-il-faut-une-taxe-ecologique-aux-frontieres-de-lue/#comment-4409
Sur le colloque lui-même, le site d’Un monde d’avance en propose un résumé en ligne, très constructif sur les solutions pour réguler les échanges internationaux : http://www.unmondedavance.eu/Convergences-pour-depasser-le,784
Quand la part de production industrielle des pays émergents dans la production mondiale passe de 32% en 2000 à 52% en 2009, je crois pas que la clause de sauvegarde soit à la hauteur des pertes d’emplois.10 millions d’emplois perdus en 2009 dont 3,4 millions pour la zone euro;La production industrielle européenne n’a retrouvé que son niveau de 1999.On a pas fini de voir 63% des ouvriers et employés s’abstenir aux élections ou voter majoritairement pour le Front National.
Ben ce n’est pas moi que tu considères comme insuffisamment nuancée mais bien Emmanuelli….
“Je ne crois pas que l’on puisse établir le dogme du protectionnisme ou celui du libre échange, en réalité il faudrait s’adapter aux circonstances”
Il faut trouver de nouvelles solutions et arrêter de raisonner comme au XXème siècle.
Au passage, le FMI a décidé de taxer les banques.
Voilà ce qu’on appelle du réformise radical.
Quant aux pays émergents, je propose, Jean Marc, qu’on les passe au napalm!…ou qu’on arrête de consommer n’importe comment, nous autres les donneurs de leçons, qui voulons le beurre, l’argent du beurre et le crémier et qui avons oublié que c’est un luxe que de tourner un robinet et d’avoir de l’eau qui coule! Mieux encore nous qui voudrions en priver ceux qui en rêvent pour pouvoir conserver nos privilèges.
Nathalie,
Le FMI qui propose de taxer les banques et qui modifie son mode de gouvernance ça me plait et je suis certain que DSK y est pour quelque chose.
En revanche, le FMI des ajustements structurels, celui qui impose des réductions du nombre de fonctionnaires et le gel des salaires des Comores au Togo en passant par la Grèce et la Lituanie, ou qui préconise le CTU j’aime beaucoup moins
(http://www.marianne2.fr/Le-FMI-preconise-le-Contrat-de-Travail-Unique_a191784.html)
Je précise que je ne cautionne pas l’offensive anti-DSK de Marianne qui dure depuis quelques semaines…
Nous sommes bien d’accord Mathieu
On ne transforme pas une institution comme le FMI (composé d’états décisionnaires) habituée à des schémas d’intervention pesant exclusivement sur la réduction des dépenses publiques depuis des dizaines d’années, en quelques mois.
La grande différence est qu’aujourd’hui les donneurs de leçons sont presque autant dans la panade que les autres.
Un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps. Sourire.
Quant au CTU, pour ne pas l’oublier….c’est la France (et son modèle social!) via le CNE qui a tenté de l’initier sans plus de réaction que cela (je ne parle pas du CPE…merci aux organisations de jeunesse et au MJS en particulier!) et c’est grâce à l’OIT qu’il est sorti de notre système juridique….Quand le droit international sert à quelque chose (contrairement aux idées reçues) et ….régule….y compris ceux qui apparaissent comme les champions toutes catégories du droit social.
Sur le tarif extérieur commun à vocation sociale et environnementale que j’appelais de mes vœux, pour remplacer la notion de protectionisme, le document de travail du 19.04.10 de Moscovici servant de base à la convention sur le “Nouveau modèle économique, social et environnemental” stipule que (p.16) :
“Les normes non marchandes doivent prévaloir sur les règles de la libre concurrence lorsque celles-ci entrent en contradiction avec le progrès social et humain. Dans ce but, les normes internationales en matière de santé publique, de droit du travail, de protection de l’environnement ou de diversité culturelle doivent être élevées et respectées dans le cadre des échanges.
En cas de non réciprocité,la mise en place de tarifs extérieurs communs spécifiques comme il en existait à l’origine des Communautés européennes, pour des durées limitées, est un outil qu’il faut nous réapproprier. Le produit de ces droits ira alimenter un budget européen consacré à la coopération et au développement.”
Faux débat tout ça David…pour moi c’est de la comm et je suis daccord : il faut mieux parler de juste échange ou de tarif extérieur commun que de protectionnisme, vu que le terme a une connotation péjorative. Mais au final on parle exactement de la même chose.
Pour preuve la définition du protectionnisme:
Le protectionnisme est une politique économique interventionniste menée par un État dans le but de protéger son économie contre la concurrence des autres États. Les mesures protectionnistes consistent essentiellement à freiner les importations (barrières douanières, normes contraignantes, freins administratifs…)
D’accord avec toi Mathieu, mais sur la définition du juste échange, je trouve le texte de Moscovici un peu court…
Ah? Je ne l’ai pas encore lu.
Après, le débat intéressant c’est : comment le mettre en œuvre? Comment convaincre les allemands de réactiver le tarif extérieur qu’ils combattaient déjà dans les années 60? Sachant que l’Europe s’exposera à une réponse de la Chine qui touchera les exportations allemandes…même si du coup cela relancera la demande intérieure et l’emploi.
Perso j’ai toujours été un fervent partisan du juste échange…tout en étant réaliste sur la difficulté de la tache. Le meilleur moment pour négocier c’était surement après les non de 2005 mais rien n’a été fait.
Il faut le lire !
http://www.lafrancequonaime.fr/laconvention
C’est une bonne synthèse reprenant quantité d’idées portées par différents courants. Il reprend même la proposition de Mélenchon de plafonner l’écart entre le plus haut et le plus bas salaire d’une même entreprise (écart compris dans une échelle de 1 à 20). Beaucoup d’idées défendues par Royal y sont reprises (par exemple, une baisse ciblée de la TVA sur les produits verts). D’ “Un Monde d’avance”, s’il ne reprend pas le terme négatif de protectionnisme (que d’ailleurs, il me semble, plus personne ne défend à “Un Monde d’avance”), il reprend l’idée de la réactivation du tarif extérieur commun. Il prend, enfin (!), acte de la décroissance même s’il n’a pas de solution à proposer en dehors d’un vague “nouveau modèle de civilisation” à inventer…
Bref, ce n’est pas un texte qui emballe les foules,souvent encore trop timoré, mais c’est une synthèse qui a le mérite de mettre en cohérence de nombreuses idées jusqu’ici défendues séparément et de faire un mise à jour de notre fond doctrinal. Je ne suis pas moscovicite (ça existe ???) mais c’est quand même du bon travail et une étape de franchie.
Sur le juste échange, voilà ce qu’il dit :
” Les socialistes veulent imposer une autre conception de l’échange international, qui replace le commerce au service du développement, de la justice et du progrès. C’est dans le cadre européen que doit être conclu ce nouveau contrat pour une mondialisation solidaire et régulée. Son objet consistera à substituer au libre-échange, principe structurant du système commercial actuel, le juste échange, c’est-à-dire un système commercial régulé, loyal et équitable, respectueux des hommes et de l’environnement. L’essor des échanges commerciaux internationaux n’a de sens que s’il contribue au développement économique, à l’emploi, à l’élévation du niveau social, des conditions de travail et de rémunération dans les pays qui y prennent part. Il doit s’accompagner de la promotion du travail décent et d’un véritable respect des droits des travailleurs et des droits syndicaux. ”
Pour sa mise en œuvre, outre un “nouveau contrat social européen” assez flou, il précise que “La refonte du système commercial international passe d’abord par une bataille des normes au service d’un nouveau modèle de développement à l’échelle internationale “, et c’est là que vient le passage que je citais dans mon commentaire précédent sur le tarif extérieur commun. Par contre, sur le point sensible que tu évoquais, à savoir la façon de convaincre les partenaires, silence radio…
Ce qui est quand même significatif, c’est que lors de la présentation de son texte hier en Conseil National (vidéo sur le site de la convention), Moscovici a du se défendre de l’accusation de Rebsamen trouvant le texte trop protectionniste !
Je te rappelle mon cher David que ce texte n’est pas le programme du Parti Socialiste ou de son candidat pour les présidentielles.
Si c’était le cas, chaque orientation présentée aurait du être assortie de ses outils de mise en oeuvre.
Tu aurais, de ce fait, pu critiquer également la “révolution fiscale” (rien que çà)! et en attendre, en annexe, un bouquin de 150 pages puisque l’objectif sera de changer radicalement notre système fiscal.
Ce texte est bien équilibré. Il ouvre la voie à des propositions concrètes de mises en oeuvre.
Chaque chose en son temps et un temps pour chaque chose!
Pour qui a une connaissance des organisations humaines et de l’histoire de notre parti, ne peut pas contester que, dans ce projet, il y ait des avancées significatives, (certes, perfectibles) permettant de consolider notre vision générale.
Je relève, juste pour le plaisir, quelques éléments qui relèvent d’une vision politique à long terme et marque un retour à l’idéologie (pour mémoire, c’était l’objet du travail demandé et certes pas de fixer le taux de csg permettant à notre régime de protection sociale de continuer à fonctionner):
“la croyance en un système vertueux de progression sociale généralisée et de partage harmonieux du travail a été balayée” “Nous avons une nouvelle civilisation à inventer. Elle passe par le retour au politique” ….çà peut paraître être du flan , mais souvenons-nous que nous avions eu tendance, nous aussi, à nous complaire dans la gestion en oubliant que celle ci pouvait être de droite ou de gauche.
“une offensive de civilisation”
“Reprendre la marche du progrès”
“Il faut le dire honnêtement”! diantre….
“la priorité du long terme sur la tyrannie du court terme”. Rien que çà…
“le bien être plutôt que le tout avoir”
“les biens publics et la solidarité plutôt que l’individualisme”
“la société de la création”
“il faut en finir avec le grand mensonge de l’économisme ambiant”
“révolution écologique et immatérielle” (tiens une réflexion sur « la société liquide »?)
“transformation raisonnée et biologique de notre agriculture” (et oui, il faut bien assurer notre auto suffisance alimentaire, on l’avait passablement oublié ces derniers temps, tant cela semblait évident!)
Sécurité sociale professionnelle (est-ce qu’on peut imaginer trois minutes ce que cela veut dire? Merci à Pascale Gérard qu’on reconnaît dans cette contribution).
“Un droit du travail protecteur” (çà on l’avait déjà inventé, ce sera à réinventer!)
L’entreprise est un “bien social” si çà, idéologiquement, ce n’est pas un pas en avant?….+ une meilleure représentativité des salariés dans les TPE via des représentants syndicaux par bassin d’emploi!
“Une Révolution fiscale”. rien que çà!
“Un nouveau contrat social européen” (le nouveau, en l’occurrence, me semble de trop, mais bon…)
Plus technique et même quelques outils: la création d’un pôle public d’investissement public, une Agence européenne de l’innovation industrielle, un nouveau modèle énergétique, un compte formation, des tarifs extérieurs communs spécifiques en cas de non réciprocité dans les échanges commerciaux entre l’UE et le reste du monde basés non pas sur la simple réciprocité marchande mais sur le nécessaire respect de normes en matière sociale et environnementale (c’est totalement innovant au regard des règles actuelles du commerce international), service public de la petite enfance, la prévention en matière de santé, la création d’un pôle national d’expertise et d’étude au service des territoires (eau, transport, santé, environnement), bouclier de service public.
Nous n’avions plus aucune vision commune en matière économique et sociale. Ce texte voté à l’unanimité nous la rend.
Que chacun, ensuite, dans ce cadre, amène sa pierre, bien évidemment.
Par exemple, il me semble que nous n’y parlons pas suffisamment d’économie sociale et solidaire (quand ce sera un des chevaux de bataille d’Europe Ecologie, voire, et de manière plus contestable idéologiquement, du front de gauche, raison pour laquelle je trouve étonnant que le Parti Socialiste ne s’empare pas de cette thématique. Cela dit ce projet là progresse considérablement au regard du projet précédent puisque l’ESS n’y était même pas citée comme un moyen de développement).
Soit, je prends acte du progrès et je continuerai à avancer puisque même si l’ESS n’est pas suffisamment mise en avant (dernier paragraphe des moyens de mise en oeuvre….mais paragraphe quand même! + les AMAP), elle est mentionnée (comme du reste dans notre déclaration de principes: les 3 pieds….secteur marchand, secteur public, tiers secteur) et devient donc une priorité socialiste.
Je trouve dans ce projet, et surtout dans la démarche, une réelle cohérence.
Discours de la méthode, disaient les signataires de la contribution besoin de gauche, nous y sommes.
On pourra toujours dire, “ah ben oui, ce n’est qu’un plus petit dénominateur commun, en bref de l’eau tiède”!
Pas si tiède que çà au regard des éléments relevés et plus petit dénominateur, oui et tant mieux, quand il est suffisamment grand pour les français.
Oui Nathalie, et je l’ai dit plus haut : ce texte est globalement bon. On avance, on va dans le bon sens.
Le seul point sur lequel je reste particulièrement dubitatif, on n’en a discuté par ailleurs tous les deux, c’est la notion de civilisation.
Le texte prend enfin acte du fait que les pays en voie de développements ne pourront avoir le même niveau de vie que nous du fait de l’insuffisance des ressources. On pose donc, entre les lignes, la question de la décroissance. Mais la seule réponse, si tant est que l’on appelle cela une réponse, est « nous avons une nouvelle civilisation à inventer ».
Or le recours au concept de civilisation me semble tout sauf opportun.
Je me souviens d’une conférence de l’UPAM (enfin Nathalie, l’UPAM !!!) où André Tosel nous expliquait que le concept grec de civilisation se fondait sur la différentiation, l’opposition et le rejet de l’autre, le « barbare », l’étranger. On se pose en s’opposant, on se définit par opposition et rejet. L’affirmation de soi comme civilisé passe par la négation de l’autre, le dénigrement et le fait de lui refuser le statut de civilisé pour les grecs, ou tout simplement d’homme pour les « sauvages » et autres « colonisés » : lors de la controverse de Valadolid on débat pour savoir si les indiens d’Amérique du sud ont une âme, s’ils sont des hommes, le nazisme refuse le rang d’homme au juifs, l’Europe coloniale justifie la colonisation, la domination et le pillage des ressources des pays colonisés en apportant la « civilisation » aux autochtones. Huntington, dans « Le choc des civilisations » a repris cette thématique pour justifier les guerres de Bush père et fils et stigmatiser l’Islam. Alors oui, Edgar Morin a parlé de « politique de civilisation », mais pour tenter de redonner un sens positif à cette notion entachée d’un lourd passé historique.
Je pense que l’on ne devrait pas prétendre « inventer une nouvelle civilisation ». On a longtemps défini le fait d’être civilisé, par le fait de pratiquer le culte des morts. Ensuite les historiens ont différencié les « civilisés » des « autres » par le fait d’utiliser l’écriture. D’autres chercheurs, souvent ethnologues, sont venus défendre la culture orale pour rappeler qu’un peuple ne pratiquant pas l’écrit pouvait être « civilisé ». C’est là une notion et un débat complexe, avec un lourd passif, mais ayant toujours un point commun : la notion de civilisation est un critère de différenciation, elle est « discriminante ».
Pour moi, se dire « civilisé », c’est déjà une forme de « barbarie ».
http://www.archipress.org/ts82/braudel.htm
Pourquoi concevoir, au XXIème siècle, les civilisations dans un rapport conflictuel?
Depuis la naissance des idées socialistes, les socialistes considèrent le monde dans une dimension globale et certainement pas dans ses particularismes.
Ce n’est pas un hasard si Marx invente l’internationalisme (avec, au passage, l’aspect totalement fou de la démarche quand les moyens de transport et de communication étaient ceux du XIXème!).
C’est, pour moi, le vrai grand apport du marxisme à la pensée économique, sociale, philosophique et politique.
Concevoir l’histoire et l’espace comme un tout en opposition avec la survivances des particularismes sources de privilèges (modèle féodal)! On oublie que le communisme se pose en opposition radicale avec les modèles féodaux et conçoit le libéralisme comme une étape positive du développement de l’humanité (que Marx considérait comme le modèle le plus développé avant le communisme).
Les socialistes non marxistes se situent entre les deux, oui à l’internationalisme qui doit permettre aux hommes (à tous les hommes) un accès à l’émancipation (par le progrès économique et social) sans pour autant renier, par une uniformisation, leurs particularités.
C’est évidemment la position la plus complexe….
Ce qui, pour en revenir à notre sujet, suppose qu’il y ait des apports civilisationnels qui puissent être amenés à chaque être humain (pour exemple, dire….et faire en sorte ….que tous les hommes aient le droit naturel de bénéficier d’un revenu décent tout au long de leur vie et puissent se reposer après une vie de travail en percevant un revenu déconnecté d’un travail effectif est un progrès civilisationnel qui doit tendre à être apporté à toute l’humanité, sans pour autant empêcher ces mêmes hommes de pouvoir bénéficier de leur culture, de leurs spécificités, de leurs modes de relation familiale etc etc etc….).
Je pense que c’est dans ce sens que nous devons concevoir notre “offensive de civilisation”.
Le barbarisme, aujourd’hui, est la cupidité amorale de certains au regard de la misère économique et sociale de l’immense majorité.
Ce rapport d’intérêts ne connait ni les frontières, ni les différences culturelles.
Et où as-tu lu que la convention souhaitait “inventer une nouvelle civilisation”?
Dans l’introduction du texte adopté le 27 avril par le conseil national (hebdo spécial convention p. 19). A la fin de la première partie de l’intro, sur “la crise de civilisation”, il est écrit “Nous avons une nouvelle civilisation à inventer. Elle passe par le retour du politique”…
Pour le reste, je te répondrai en argumentant quand j’aurais un peu plus de temps (ce week-end)…
J’avais raté çà, et pour le coup je partage.
On “n’invente” pas une nouvelle civilisation, çà fait un peu socialoethnocentriste.
Toutefois je continue de penser que l’offensive de civilisation reste un bon concept…
Là, tu me fais plaisir Nathalie : “socialo-ethnocentriste”, c’est exactement ça. Après, sur le terme d’offensive de civilisation, je ne sais pas, il faut que je lise Edgar Morin dans le texte. En tout cas, ce que tu appelles des “apports civilisationnels”, c’est tout simplement, pour moi, le progrès social. Mais ce n’est qu’une question de sémantique…