Article 20 mn : Ces yeux qui surveillent de près les Niçois

10 avril 2010 par David | Catégorie Le quotidien, Politique à Nice, Revue de Presse.

Article publié dans 20 mn édition Nice le 09.04.10 :

CES YEUX QUI SURVEILLENT LES NIÇOIS DE PRÈS

Centre de Supervision Urbain de Nice

Sécurité Les caméras de vidéosurveillance de la ville sont assistées d’une intelligence artificielle

« En entrant, vous avez déjà été filmé trois fois ». A peine arrivé au centre de supervision urbain (CSU) de Nice, le responsable du site, Christophe Djerra, annonce la couleur. Caméras, identification biométrique : la sécurité est optimale dans l’antre du « Big Brother » niçois. Il vaut mieux, car c’est ici que sont scrutées et enregistrées les images des quelque 300 caméras de surveillance aujourd’hui disséminées en ville. Une cinquantaine de fonctionnaires se relaient pour garder un œil sur les deux murs d’écrans. Jusqu’à 130 images peuvent y être affichées simultanément. Pour les seconder dans leur tâche, la ville a équipé une centaine de caméras de logiciels capables « de repérer en temps réel des événements prédéfinis ». « Nice a choisi la détection d’intrus autour d’un monument, de colis suspects, d’attroupements, mais aussi de mouvements de foule ou de maraudage, comme par exemple quand une personne tourne un peu trop autour d’une voiture », détaille en toute transparence Thomas Herlin, de l’entreprise Keeneo. Cette société basée à Sophia Antipolis et qui a équipé le CSU propose des solutions «d’analyse vidéo intelligente ». Une technologie liberticide ? « Cette question relève avant tout d’un débat politique et de société », argumente le dirigeant. « La technologie n’est ni bonne ni mauvaise. Utilisée dans un cadre démocratique, la vidéosurveillance est très utile. »

Sphère privée
« A partir du moment où le nombre de caméras augmente, l’incursion dans la sphère privée des Niçois est d’autant plus importante », raille le conseiller municipal d’opposition (PS) Yann Librati. « Faux », assure Christophe Djerra, démonstration à l’appui. Sur les écrans du CSU, dès qu’un opérateur zoome sur un balcon ou la fenêtre d’un appartement, l’image est automatiquement grisée. « Ce qui est liberticide, c’est la délinquance », reprend de son côté le premier adjoint (UMP) au maire de Nice, Benoît Kandel, en charge de la sécurité. « Depuis le mois de mars, une vingtaine de coupables de vols avec violence, vols de vélos, de portefeuilles ou auteurs de tags ont pu être identifiés grâce à la vidéoprotection », précise l’élu. Et d’ici à la fin de l’année, le nombre de caméras couvrant la ville devrait être porté à 625.

7,4 millions d’euros investis
« Avec la mise en place du CSU, l’investissement global se chiffre à 7,4 millions d’euros », indique Benoît Kandel. « C’est une perte sèche pour la ville de plus de 4 millions d’euros», selon Yann Librati. « Aucune étude, aucune expérience passée n’ont pu démontrer l’efficacité de la vidéosurveillance. Comme avec les tasers, Christian Estrosi fait jouer aux Niçois le rôle de cobayes. »

Jean Christophe Magnenet
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