Christian Estrosi décroche le “Big Brother Award 2010″ du pire élu local !

14 mai 2010 par Jean-Sol Partre | Catégorie Fallait pas ! !, Parti Socialiste, Politique à Nice.

Les Big Brother Awards français récompensent chaque année, comme leur homologues anglais, les personnes ou  les organismes  qui, par leurs actions, ont porté atteinte à la vie privée des citoyens. Les organisateurs expliquent qu’il n’a jamais été aussi difficile de décerner les prix orwelliens, tant les attaques aux libertés ont été nombreuses cette année. Ils ont fait le choix d’exclure Nicolas Sarkozy de la compétition, récidiviste confirmé, afin de pouvoir récompenser ses plus zélés exécutants. Les Alpes-Maritimes et Nice sont à l’honneur puisque Christian Estrosi et Eric Ciotti sont primés tous les deux.

Le palmarès 2010 (extraits) :

- Orwell Etats/Elus :

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Eric Besson, ministre de l’immigration, remporte le Prix haut la main. Les chefs d’inculpation sont multiples : durcissement des quotas d’expulsions, refus de disculper les personnes et associations aidant les migrants, expulsion expéditives hors contrôle du juge des libertés et non respect des droits des migrants. Comme dit Eric Besson “c’est pas Auchwitz“. Encore heureux !…

Loin derrière lui, la pourtant très méritante Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur puis de la Justice (après avoir officié à la Défense), primée l’an dernier pour son efficacité policière : triplement des caméras de “protection”, commande d’un rapport approximatif sur leur efficacité, et sa contribution à la Loppsi 2 (loi de programmation sur la sécurité), toujours en chantier. Cette année MAM a été envoyée au charbon pour passer en force la loi de « modernisation de la Justice ». Sarkozy vient de laisser tomber le projet de loi et MAM a désormais contre elle toute la magistrature. Petite dernière, avec son tailleur et ses crocks roses : Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, distinguée pour le giga-fichier H1N1 convoité par ses amis les labos, et son incompétence à protéger les français des appétits des protagonistes du DMP et du DMP Pro.

La catégorie Etats/Elus était si fournie en candidats poids lourds que deux mentions ont été instaurées :
- Mention spéciale Fichiers A la quasi unanimité, le jury a souhaité récompenser les ministres successifs de l’Education nationale (en l’espèce, Gilles de Robein, Xavier Darcos puis Luc Chatel), pour six années d’efforts à mettre en place un fichage systématique (sans base légale et dénoncé par des instances de l’ONU comme le Conseil des droits de l’enfant) des enfants dès l’âge de trois ans. Base Elèves et la BNIE (Base nationale d’identifiants élèves) sont le socle d’un futur “Safari”, qui permettra un fichage à la source des futurs actifs, façon “casier scolaire”. Deux autres fichiers ont été distingués : le RSA d’Eric Woerth et Martin Hirsch, qui n’est que le dernier fichier entrant dans le croisement des bases de données sociales mises en place pour contrôler les précaires et les “assistés”. Et le fichier H1N1 de Roselyne Bachelot justifié entre autres par l’argument asséné en pleine crise grippale : « et des gens vont mourir ».

- Mention spéciale “Exécuteurs des basses oeuvres” : elle récompense ces hauts fonctionnaires, petits chefs ou élus zélés sans lesquels la machine à broyer ne serait pas aussi performante. Grand gagnant : Eric Ciotti, député et président du Conseil général des Alpes-Maritimes. Il est rapporteur de la dernière loi sécuritaire de l’ère Sarkozy (”Loppsi2″), “porte-flingue” du gouvernement pour toutes les questions de sécurité intérieure, et “conducator” zélé d’un département qui veut être le premier à supprimer les allocations aux familles en difficultés. Dommage pour les perdants : Alex Türk, président de la CNIL maintes fois nominé et qu’on ne présente plus, et Christian Pasta, procureur de la République d’Alès, inconditionnel du FNAEG qui s’est acharné, en vain, à faire condamner un faucheur d’OGM refuznik, car “limiter aux seules infractions sexuelles n’était pas suffisant pour alimenter le fichier“…

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- Orwell Localités : Tir groupé pour les Alpes Maritimes ! Car c’est le maire de Nice Christian Estrosi qui décroche la palme du pire élu local de ces BBA 2010. Estrosi — qui a propulsé Eric Ciotti dans son fief du « Zéro-Six » — est le promoteur en tant que ministre de la fameuse loi « anti-bandes » votée cette année, mais c’est surtout pour sa volonté de faire de sa ville un laboratoire de la vidéosurveillance qu’il a été distingué (en projet, un réseau 600 caméras à Nice pour un investissement de 7,6 millions d’euros). Les « dauphins » d’Estrosi sont d’abord le duo de choc Francis Delattre et Sébastien Meurant, deux élus du Val d’Oise qui sont allés fouiller dans les fichiers pour discréditer un adversaire politique (Francis Delattre étant par ailleurs, fait aggravant, un ex-commissaire de la CNIL !). Et ensuite, médaille de bronze pour le maire de Grenoble Michel Destot, déjà connu pour sa longue implication dans les nanotechnologies, qui s’est fait pincer en installant clandestinement des caméras-dôme sur le trajet habituel des manifs, anticipant sur la Loppsi2 qui prévoit que le préfet puisse procéder à de telles installations mêmes éphémères. “

Viennent ensuite les autres catégories :

-    Catégorie Entreprise : BNP Paribas, la Banque Postale, LCL, la Société Générale « et tous les autres établissements bancaires qui laissent ou incitent leurs employés à dénoncer aux services de la Préfecture les clients sans papiers venus à leur guichet ».

-    Mention spéciale Internet : Trident Media Guard et son actionnaire Thierry Lhermitte « qui escomptent bien faire des profits faciles sur la surveillance des internautes autorisée par l’Hadopi.

-    Catégorie Novlang : Brice Hortefeux pour, notamment, son décret « imposant le terme de vidéoprotection ».

-    Prix spécial du Jury : Alex Türk, le président de la Cnil pour « sa posture de ‘garant’ des libertés à l’ère du numérique, alors qu’il a lui-même participé à l’érosion des pouvoirs de la Cnil.

Source : le site des Big Brother Awards français (cliquez ici).

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