Chroniques du conseil municipal : le retour de la censure !

26 juin 2010 par Jean-Sol Partre | Catégorie Actualités, Parti Socialiste, Politique à Nice, Révolte !, Vie militante.

conseil_niceLe conseil municipal de la Ville de Nice s’est tenu hier, vendredi 25 juin 2010.

La démocratie estrosienne en quelques chiffres :

4 : c’est le nombre de conseils municipaux par an depuis que notre maire est ministre, c’est le stricte minimum légal. Conséquences : des conseils municipaux « marathons », trop long, très difficiles à préparer, un temps trop court passé sur des décisions importantes, une réduction drastique de l’expression de la démocratie locale.

165 : c’est le nombre de délibérations votées lors de ce conseil municipal. Forcément, qui dit moins de conseils par an dit plus de dossiers à travailler et voter à la fois. Dans ces 165 délibérations au menu du conseil d’hier, rien de moins que le budget définitif de la Ville, l’état de la dette, le projet de réaménagement de la gare du sud, la nouvelle formule du festival de jazz, le passage en régie de la cantine scolaire, le déplacement du centre d’accueil de nuit des SDF du cours Saleya à la rue Trachel, etc.

5 : c’est le nombre de jours dont dispose l’opposition pour travailler sur les 165 dossiers en question ! Là encore, c’est le minimum légal imposé à la majorité pour transmettre les dossiers à l’opposition. On demande donc aux conseillers municipaux de voter, d’argumenter et de faire des contre-propositions avec 5 jours seulement de préparation !

2 : c’est le nombre de caméras qui filmaient le conseil municipal et qui ont été supprimées. En effet, auparavant, le conseil municipal était retransmis en direct sur le site de la mairie.  Lorsque l’opposition l’a interrogé à ce sujet, le maire a dit que la retransmission coutait 45 000 € par an et qu’il fallait faire des économies. Lorsque Mari-Luz Hernandez Nicaise a fait remarquer que le nouveau magazine de la mairie allait couter 443 000 €, le maire a déclaré que ce magazine serait tiré à 220 000 exemplaires alors que la retransmission du conseil municipal ne dépassait pas les 18 000 clics sur le site internet de la maire. Il oublie de dire que la retransmission du conseil permet aux Niçois de voir en direct son comportement anti-démocratique, le travail considérable fourni par les conseillers municipaux d’opposition, et de porter un jugement sur les décisions prises par en conseil municipal alors que le magazine du Maire n’a pas cette vocation. Il oublie de dire aussi que cette décision fait partie d’un plan de communication bien calculé : on musèle la presse locale, on sort un magazine de la maire, on supprime les retransmissions du conseil et on les remplace par des émissions ou le maire « répond au Niçois » : il est tout de même plus facile de répondre devant les caméras à des citoyens lambda qui n’ont pas accès aux dossiers qu’à des conseillers municipaux qui épluchent les comptes de la mairie et font des contre-propositions !

Centre de Supervision Urbain de Nice624 : c’est le nombre de caméras de vidéo surveillance qui surveilleront les faits et gestes des Niçois d’ici la fin de l’année. Yann Librati intervient en conseil : « on installe 600 caméras pour surveiller les Niçois et on supprime les deux seules caméras qui servaient à les informer ! »

6 : c’est le nombre de fois où le Maire a coupé le micro de l’opposition pour l’empêcher de s’exprimer.

3 à 4 : c’est le nombre d’insultes du Maire à l’encontre de l’opposition. J’avoue ma difficulté à les compter dans le flot d’invectives qu’a déversé le Maire en fin de conseil. Principale cible : Patrick Allemand, le « pire de tous », appartenant à un « parti de caniveau »… les militants apprécieront…

12 ou peut-être 18 : là encore, j’ai eu du mal à compter, mais c’est vraisemblablement le nombre de livres que le Maire a dédicacés durant le conseil. Je vous explique comment cela se passe : le conseil vote les décisions qui règlementent la vie des Niçois, et, pendant ce temps, Monsieur le Maire, qui s’est fendu d’un livre réhabilitant Napoléon III, coécrit avec Raoul Mille (ou doit-on dire « écrit par Raoul Mille et cosigné par Christian Estrosi » ?), sort une pile de livres, prend le premier, l’ouvre à sa deuxième page, écrit un mot et signe. Puis un second, et ainsi de suite. Lorsque la pile est finie, il en prend une autre, etc. Lorsque quelqu’un dans la salle, durant le débat, hausse la voie, le ministre-maire- trois fois logés-motodidacte et écrivain lève les yeux, regarde la salle d’un air ahuri, et reprend sa séance de signatures.

140 : c’est le nombre, en millions d’euros, que représentent les 7 emprunts toxiques de la ville de Nice, contractés sous l’ancienne municipalité.

Emprunts toxiques88 : c’est le nombre, en millions d’euros, que représentent les 4 emprunts toxiques à « risque identifié », pouvant faire basculer à tout moment la « gestion active » de la dette par la mairie en spéculation financière désastreuse… Vive tension, lorsque Yann Librati intervient, en séance, pour demander la transparence la plus totale sur ces emprunts toxiques et la responsabilisation des élus : c’est à eux de décider, en conseil municipal, du type d’emprunts auxquels doit souscrire la Ville et non aux services techniques de la mairie…

25 : c’est le nombre, en millions d’euros, que la ville de Nice devrait payer de pénalités aux banques pour sortir de ces emprunts toxiques, en plus du remboursement des 88 millions par la souscription d’un nouvel emprunt, moins risqué celui-là.

4 : c’est le nombre de salariées de la SODHEXO venues applaudir le maire, dans la salle, quand il a déclaré qu’il n’abandonnerait pas les salariés de cette société lors du passage en régie municipale et qu’ils seraient embauchés en priorité par la ville. Les salariés d’Heuliez, eux aussi ont cru, un temps, aux promesses de Christian Estrosi et de Nicolas Sarkozy…

12 : c’est le nombre d’heures qu’a duré le conseil municipal, commencé à 8h le matin, achevé à 20h45 avec une pause repas de 14h15 à 15h.

1 : c’est le nombre de journalistes restés jusqu’à la fin de la séance.

6 : c’est le nombre de cachets qu’a pris votre serviteur pour tenir tout un conseil municipal et vous faire ce compte rendu sans que la migraine ne l’emporte sur la démocratie locale…

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2 commentaires à l'article “Chroniques du conseil municipal : le retour de la censure !”

  1. jean marc glachant | 26/06/10

    25 ans !

    le nombre d’années depuis que Mr et Mme Estrosi ont détourné 750 000 frcs du Conseil Général pour combler le déficit de leur Golf, route de Grenoble.
    A savoir que Ciotti, en novembre 2009, a fait passer comptablement cette dette des Estrosi en perte et profit au bilan du département.

    Le voleur à a tête de la mairie, le complice au département.

  2. yann | 26/06/10

    1 pour un seul militant comme David :)

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