1 septembre 2010 par Magali | Catégorie Actualités.
Tchat avec Benoit Hamon sur le site du nouvel obs. Pour repartir du bon pied, le gauche…
Question de : internaute
Bonjour Benoit Hamon. Pourquoi le PS a-t-il sans cesse besoin de dire que son programme, ses idées sont “crédibles”.
N’est-ce pas révélateur du fait qu’il ne le croit pas lui-même et a besoin de s’en persuader ?
Réponse : Vous avez raison, pourtant si la crédibilité se juge à l’aune des comptes publics et sociaux le passé plaide pour la gauche. Mais la question est pour nous maintenant de savoir vis-à-vis de qui voulons nous être crédible? Vis-à-vis des marchés ? Ou vis-à-vis des Français.
Il est frappant d’observer que la crise qui devait remettre le politique devant l’économique et le financier accouche en réalité d’une situation exactement inverse. Ce sont les agences de notations, hier aveugles et laxistes vis-à-vis des subprimes, qui notent avec sévérité la dette souveraine des États et poussent à la mise en œuvre de politiques d’austérité partout en Europe.
Jamais le budget de la France n’aura été autant bâti chez Moody’s ou Fitch et aussi peu au Parlement. La priorité des socialistes est de reconstruire leur crédibilité vis-à-vis des Français qui pensent que droite ou gauche, rien ne change, pas d’obtenir des brevets de bonne conduite auprès des responsables de la crise.
Question de : internaute
Bonjour Benoît Hamon,
Face à la spéculation permanente des financiers, êtes-vous prêt à mettre les banquiers au pas ?
Réponse : Bonjour,
parmi quelques propositions, nous voulons la création un surtaxe de 15% à l’impôt sur les bénéfices des sociétés payé par les banques pour abonder le fonds de réserve des retraites
Nous proposons la mise à contribution des stock-options et autres bonus pour financer les retraites.
Nous proposons aussi la création d’un pôle financier public pour soutenir l’économie réelle, là où le secteur bancaire privé se désintéresse du soutien à l’investissement notamment des PME.
Question de : internaute
Le PS pense-t-il réellement au peuple, ou va-t-il continuer sa guerre des égos qui fait le jeu de Sarkozy ?
Réponse : Le Parti socialiste, quand il s’oppose à la remise en cause de la retraite à 60 ans, quand il milite pour qu’il y ait plus d’adultes à l’école, au collège et au lycée, pour un bouclier logement qui limite à 25% du revenu les dépenses de logement, pour le retour de la police de proximité, pour une meilleure prise en charge des dépenses de santé, pour une organisation plus égalitaire de l’offre de soin, ou pour la revalorisation du travail et l’augmentation des salaires, affirme que sa priorité est de répondre aux demandes sociales très concrètes du peuple français
Question de : internaute
Sans vouloir rétablir un service militaire, ne pourrait-on pas réfléchir à un service civil formateur en complément des forces de l’ordre ou pour remplir des missions de service public à l’abandon.
Réponse : J’ai toujours personnellement été partisan du service civique obligatoire. L’idée que chaque citoyen consacre un temps même court de sa vie au service de la nation, au service de la collectivité, à une tache d’intérêt général en dehors de tout aspect marchand, me semble être un principe fort dans une société qui se marchandise de plus en plus.
Question de : internaute
A quelques jours de la manifestation contre la réforme des retraites, vous dites et je cite : «Sur les retraites, il n’y aura pas forcément d’entente sur l’aspect financier. Mais sur la défense de l’âge légal de départ, cela ne fera pas de difficulté.».
Pouvez-vous nous expliquer votre point de vue SVP. Merci.
Réponse : Bonjour , je répondais à une question sur les convergences et différences entre le NPA et le PS à propos des retraites. Toute la gauche aujourd’hui se rassemble pour combattre la remise de l’âge légal de départ à la retraite. Cependant nous divergeons sur les moyens de financer l’avenir du système par répartition. Nous préconisons :
- des prélèvements sur les revenus du capital
- une taxe sur les banques (+15% de l’impôt sur les sociétés)
- des mesures incitatives pour encourager ceux qui le souhaitent et le peuvent à partir plus tard contre un bonus.
- une hausse modérée des cotisations sociales et patronales.
Question de : internaute
Compte tenu des multiples régressions sociales et sociétales mise en place par le gouvernement de droite depuis plusieurs années, quel pourrait être le thème fondateur de la prochaine campagne présidentiel du PS ?
Réponse : Le progrès.
La société française se divise en deux catégories : ceux qui espèrent et ceux qui n’espèrent plus.
La deuxième catégorie ne cesse de croitre. Elle rassemble ceux pour qui la marche du progrès s’est interrompue. On vit moins bien que ses parents. On occupe un travail de qualification inférieure au diplôme obtenu. On occupe un emploi inférieur à celui que l’on occupait avant un licenciement. On cumule deux boulots quand il n’en fallait auparavant qu’un pour boucler le mois. On repousse ou abandonne la perspective d’achat d’un logement parce que les prix de l’immobilier sont devenus invraisemblables. ca, c’est la vie de millions de français. Le déclassement ou la menace du déclassement sont une réalité sociale qui gangrène la France. la république semble ne plus tenir sa promesse d’égalité. Nous voulons reprendre le chemin du progrès.
Question de : internaute
Le rapprochement de votre courant avec le NPA sur la question des retraites ne va-t-il pas fragiliser le PS, au moment où une grande majorité des Français a compris qu’il fallait faire des propositions nouvelles et qu’on ne pouvait pas se contenter de défendre un système à bout de souffle ?
Réponse : Pourtant il n’y a rien de nouveau.
Déjà l’année dernière, toute la gauche du NPA aux Verts était représentée aux universités du mouvement qu’Henri Emmanuelli et moi animons.
NPA et PS militent pour le maintien de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans. Auparavant ils ont milité ensemble contre le changement de statut de la Poste ou le démantèlement de l’hôpital public. Mais au delà d’une résistance commune, nos propositions divergent. Le débat est donc utile.
Je suis heureux de débattre avec toute la gauche, de la question sociale, de la remise en cause des conquêtes sociales issues du programme du CNR.
Question de : internaute
ne pensez-vous pas qu’il est temps pour vous de faire entendre votre voix?
Réponse : On me parfois reproche de trop l’entendre…
Question de : internaute
Le Parti Socialiste doit-il en 2010, changer de nom?
Réponse : Dans socialiste, il y a social. Faire société me semble tellement manquer au projet politique du gouvernement actuel qui oppose systématiquement les Français les uns aux autres.
Pas de raison donc de changer de nom.
Question de : internaute
Affirmer l’unité du PS n’est-il pas contradictoire avec la tenue d’ici la fin du mois de l’université de votre mouvement ?
Réponse : Notre contribution sera intellectuelle et programmatique. Notre sensibilité n’a pas de candidat aux primaires, elle contribue au débat de la gauche par les convictions qu’elle formulent pas par ses ambitions. En cela je crois que nous constituons une garantie de l’unité des socialistes et du rassemblement de la gauche.
Question de : internaute
Bonjour,
la gauche a fait de la France un pays d’assistés, comment pensez-vous pouvoir inverser la tendance ?
cordialement
Réponse : La France un pays d’assistés ? Cette affirmation est symptomatique d’un inversement des valeurs.
Jamais les inégalités n’ont été aussi forte, jamais la minorité des plus riches n’a bénéficié d’autant de privilèges et pourtant la France souffrirait d’abord du coût d’une armée d’assistés qui freinerait la compétitivité du pays et affecterait la cohésion sociale !
Les pauvres sont tous suspects d’être volontaires d’être pauvres, quand les riches sont encouragés à être en encore plus riches et ceci pour le bonheur du plus grand nombre.
Je pense, en ce qui me concerne qu’il faut remettre l’égalité au cœur du projet politique de la gauche, ce qui suppose de penser notre projet éducatif, de repenser la redistribution des richesses, les mécanismes de solidarité et les transferts sociaux, de lutter contre toutes les discriminations.
Question de : internaute
Au sujet du déficit de l’Etat. Le parti PS doit proposer une imposition des sociétés dont le bénéfices explosent :
en premier TOTAL qui est imposée à hauteur de 85% en Norvège par exemple.
Pourquoi en France y-a-t-il une telle immunité et indifférence à l’égard d’une multinationale sans scrupules ?
Réponse : Nous proposons une modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction des bénéfices réinvestis.
Plus concrètement, plus vous réinvestissez vos bénéfices, moins vous payez d’impôt, plus vous les distribuez sous formes de dividendes, plus vous payez d’impôt.
C’est une réforme favorable aux PME et défavorable aux grands groupes qui distribuent énormément de capital à leurs actionnaires.
Question de : internaute
Bonjour, je découvre que vous avez un “mouvement”.
Est-il un micro-parti ? Touchez-vous des subventions ?
Françoise
Réponse : Rien de tout cela. Juste une association loi 1901 qui vit des cotisations de ses membres. Du classique-classique.
http://tchat.nouvelobs.com/politique/retraites_chomage_discriminations_quelle_riposte_quel_projet,20100830132053831.html






















Il n’y a qu’un seul Dieu : NICOLAE SARKOCESCU.
http://www.sarkocescu.com