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En écho à notre débat en réunion de section sur la convention nationale sur la nouvelle donne internationale et européenne, l’excellente tribune d’Henri Werber, député européen, publiée dans Le Monde hier :
“Entre laisser-faire et protectionnisme, inventons le juste échange”
Le 9 octobre, la convention nationale du Parti socialiste prendra position dans le débat, passablement hypocrite, entre libre-échangisme et protectionnisme. Je dis hypocrite, car les champions du libre-échange intégral sont souvent libre-échangistes pour les autres et s’ingénient à se protéger eux-mêmes. Quant à ceux du protectionnisme, ils postulent que leurs partenaires commerciaux s’abstiendront de toute rétorsion et se contenteront de protestations vigoureuses. En réalité, aucune économie n’est totalement ouverte ou fermée, à l’exception peut-être de celle de la Corée du Nord ! Les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne combinent à la fois ouverture et protection. Le débat porte sur les règles, l’encadrement, l’organisation du commerce international. Contrairement aux libre-échangistes, les socialistes ne croient pas que c’est en abaissant au maximum et au plus vite les obstacles à la libre-circulation des marchandises, des services et des capitaux, que l’humanité connaîtra la croissance la plus forte, la plus durable et la plus équitable.
La libéralisation et l’accélération spectaculaire des échanges internationaux depuis 1945 (et singulièrement depuis 1990) ont, certes, favorisé la croissance mondiale et permis le décollage des pays émergents - la Chine, l’Inde, le Brésil… Elles ont facilité l’avènement de la troisième révolution industrielle, celle de l’Internet et des biotechnologies. Mais elles ont débouché aussi sur des déséquilibres majeurs et périlleux : le surendettement massif et la désindustrialisation au Nord ; la déstabilisation explosive de nombreuses sociétés au Sud, soumises à une ouverture économique trop rapide et trop brutale. Des atteintes aussi, bientôt irréversibles, portées à notre environnement.
Contrairement aux chantres du protectionnisme, les socialistes ne pensent pas que c’est en dressant de hautes barrières douanières et en imposant de stricts quotas d’importations que nous parviendrons à sauver nos industries, nos emplois, nos acquis sociaux, face à la concurrence des pays à bas salaires. L’histoire des années 1930 nous enseigne qu’une telle politique aggrave la crise en contractant le commerce mondial, et mène à la confrontation…
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