.
La situation du 1 av Clémenceau à Nice est grave. 115 demandeurs d’asile squattent cet immeuble depuis le 7 novembre, avec parmi eux de nombreuses familles, des enfants en bas âges et des bébés.
Rappelons qu’une personne demande l’asile politique lorsqu’elle subit des menaces ou est persécutée dans son pays d’origine. Le demandeur d’asile, dans l’attente de l’accord ou du refus de l’asile politique en France n’a pas le droit de travailler et peut, sous certaines conditions, recevoir une Allocation Temporaire d’Attente (ATA, 10 € par jour). Le Préfet a l’obligation de proposer un hébergement au demandeur, en Centre d’Accueil pour Demandeur d’Asile (CADA) ou autre (hôtels meublés réquisitionnés).
Rappelons aussi que beaucoup d’étrangers, afin d’obtenir une possibilité légale de rester plus longtemps sur le territoire français demandent abusivement l’asile politique, se font passer pour des ressortissants de pays en guerre, etc. Par exemple, lors des conflits en ex-Yougoslavie, beaucoup d’Albanais ou de ressortissants des pays limitrophes se faisaient passer pour des bosniaques. Les services de l’OFPRA ne parviennent alors à déjouer les demandes illégitimes que grâces à des interprètes parlant des dialectes précis et des experts connaissant très bien ces pays. Mais ce personnel qualifié fait cruellement défaut et l’Etat, alors que la situation dure depuis plusieurs décennies, n’augmente toujours pas les effectifs. Les délais de réponse de l’OFPRA sont excessivement long, laissant les demandeurs dans une situation de “ni - ni” : ni expulsables, ni régularisables tant que leur demande n’est pas étudiée, et dans l’impossibilité légale de travailler.
Pour autant, ce n’est pas parce que nombre de demandes d’asile sont abusives qu’il faut traiter les demandeurs d’asile avec un préjugé négatif : parmi eux se trouvent des personnes en souffrance ayant fuient leur pays pour se sauver et bien souvent sauver la vie de leurs enfants. Il s’agit d’opposant politiques mis en danger pour leurs opinions ou parce qu’ils n’ont pas voulu coopérer avec le pouvoir en place. La France a une longue tradition d’accueil des opposants politiques aux dictatures et régimes autoritaires et cela doit le rester. Il ne s’agit pas d’immigration économique mais d’immigration politique, qui relève de la Convention de Genève sur les réfugiés de 1951.
(Lire la suite…)