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Le débat sur la vidéosurveillance, lors du dernier conseil municipal de la Ville de Nice, a été houleux. La vidéosurveillance, rebaptisée et aseptisée en « vidéoprotection », reste la figure la plus emblématique et la plus coûteuse des dispositifs de lutte contre l’insécurité. Elle mobilise une part importante du budget dédié à la sécurité (encore 3,5 M€ cette année) et une part importante des forces de polices (70 agents). Ses résultats sont-ils à la hauteur des coûts financiers, matériels et humains mobilisés ? Rien n’est moins sur.
Premiers constats : les Niçois sont les français les plus vidéosurveillés, avec 1 caméra pour 600 habitants. En conséquence, on pourrait logiquement s’attendre à ce la Ville de Nice soit le lieu où la délinquance ait le plus baissé. Il n’en n’est rien. La délinquance baisse, mais les agressions sur les personnes augmentent. Les actes de violences ont augmentés de 3 % dans les Alpes-Maritimes en 2010. Les violences « non crapuleuses », pourtant stables au niveau national, ont augmenté de 6,2 % dans le département (lire l’article de Metro Nice ici). Patrick Allemand relève qu’il y a eu à Nice, en 2010, 140 braquages, soit 74,7 % d’augmentation ! (lire son analyse ici). Comment expliquer ce paradoxe ?
Tout d’abord, il faut rappeler des distinctions de bases. En matière de sécurité, on distingue les actions de prévention et les actions de répressions. Le maire est en charge de la prévention et l’Etat (et donc le Préfet qui le représente dans le département), est en charge de la répression.
La vidéosurveillance est-elle efficace en matière de prévention ?
Ses défenseurs argumentent en disant que la vidéosurveillance a un effet dissuasif, mais aucune étude n’est à ce jour parvenue à le démontrer de façon incontestable. Les villes qui ont choisi la vidéosurveillance ont aussi augmenté l’éclairage public. On peut légitimement se demander si éclairer fortement les ruelles sombres où se déroulent habituellement les petits trafics ne suffit pas à réduire ces trafics sans avoir recours à une vidéosurveillance très onéreuse et liberticide.
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