Rubrique ‘Crise du logement’

Pendant ce temps, hors de Solférino …

Publié le 24 novembre 2008 par Hervé | Catégorie Crise du logement.

… Sarkozy continue ses devoirs de destruction des associations de défense des plus faibles. Alors pendant que l’on joue aux apothicaires et mauvais perdants rue de Solférino, on a le temps de s’indigner de ce qu’il se passe en France.

Il y a peu, avec l’aide de son ami Hortefeux qui organise aussi des conférence sur les expulsions à Vichy, sapé les moyens d’action des associations d’accompagnement et de défense des immigrés (pas nécessairement en situation irrégulière) en organisant une mise en concurrence, sachant que le concurrent le plus en vue est une association montée par l’UMP. J’imagine bien l’accueil : “Vous êtes riches ? Non ? Poubelle”

Aujourd’hui, le petit Nicolas continue et s’occupe des associations de mal-logés, euphémisme pour désigner proprement dans les journaux ceux qui vivent dans des taudis, des cages à sommeil, des bidon-villes ou la rue, bref, ceux qui sont vraiment dans la merde.
Or donc, le ministère public a requis contre le DAL (”Droit au Logement”) en février dernier une amende de 32 000 euros, en total décalage avec les moyens de l’association. La décision doit être rendue aujourd’hui.
Les enfants de Don Quichotte ont aussi été ciblé par ce type d’action judiciaire et de pression financière.

C’est déjà honteux, mais le fondement juridique de l’action, menée suite à des PV des CRS ayant expulsé des familles “logées” sous des tentes devant des bureaux vides mérite qu’on y regarde, en se bouchant le nez tellement ça pue : «dépôt et abandon d’objets embarrassant la voie publique sans nécessité».

“Sans nécessité” en parlant des tentes abritant des familles de nécessiteux, c’est d’un cynisme rare. Mais là où ça confine à l’ignoble, c’est que l’utilité normale de cette qualification est de sanctionner des «personnes qui laissent leurs poubelles ou abandonnent des gravats» sur la voie publique.

Or donc, pour Sarkozy, des familles abritées en urgence sous des tentes sont assimilables à des poubelles et des gravats. Charmant.

Mise à jour à 15h30 : Le tribunal de police de Paris a condamné l’association à 12.000 euros d’amende. Dans un autre jugement, le même tribunal a condamné l’association Les Enfants de Don Quichotte à la confiscation de 198 tentes.

A Nice et Toulon, le logement social, on s’en tape !

Publié le 25 septembre 2008 par Hervé | Catégorie Crise du logement.

Extrait d’un article de Rue89 : Logement social : la Côte d’Azur échappe aux sanctions

Depuis mardi, la ville de Cannes, dans les Alpes-Maritimes, accueille le congrès national HLM. La ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, doit en prononcer le discours de clôture ce jeudi. La tenue de cet événement dans l’un des départements les moins respectueux de la loi SRU -seules trois communes affichent plus de 20% de logements sociaux- ne manque pas d’une certaine ironie.

Christine Boutin en profitera-t-elle pour remonter les bretelles aux maires des nombreuses communes de la Côte d’Azur qui ne remplissent pas leurs obligations ? Dans quelques semaines, la ministre présentera sa loi sur le logement au Sénat, qui devrait revoir à la baisse les ambitions de la loi SRU.

En attendant, Boutin a déclaré cet été qu’elle n’aurait « aucun état d’âme » pour « les communes récalcitrantes »…

A Nice et à Toulon, des « taux de réalisation de logement social » faiblards

Les villes de Nice et Toulon sont-elles récalcitrantes ? Christian Estrosi et Hubert Falco (UMP) doivent-ils se sentir visés ? Pour la période 2005-2007, Nice affiche un taux de réalisation de logement social de 51% et Toulon de 31%. Loin, très loin du seuil prévu par la loi.

D’ailleurs, dans le Var, 20 communes sur les 24 soumises à la loi SRU présentent des taux de réalisations faméliques. Dans les Alpes-Maritimes, elles sont 27 (sur 36 concernées) à ne pas avoir rempli leurs obligations. Sur la Côte d’Azur, le logement social ne semble pas faire partie des priorités des édiles.

Dans l’ordre des choses, toutes ces communes défaillantes devraient être sanctionnées, comme l’article 55 de loi SRU le prévoit. Aux préfets la charge d’évaluer les constats de carence, et de les faire appliquer (la pénalité de base est de 152 euros par logement social manquant, d’autres critères sont également pris en compte).

Des critères taillés sur mesure ?

Or, à la lecture du verbatim du Comité régional de l’habitat (CRH) qui s’est tenu le 18 juillet et dont Rue89 s’est procuré une copie, il apparaît que plusieurs villes de ces deux départements vont passer à travers les gouttes. Et parmi elles, ô surprise, Nice et Toulon.

La suite sur Rue 89. Qui a dit “République bananière” ?

Jeudi Noir dans le gnan-gnan des cabinets ministériels

Publié le 21 novembre 2007 par Hervé | Catégorie Crise du logement.

Hier, mardi 20 novembre, une délégation de Jeudi Noir a été reçue par le cabinet de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur. Après notre rendez-vous de la semaine précédente au ministère du Logement, on commence à voir (ça c’est simple) les points de blocage et les pistes à creuser (ça c’est plus dur mais, sur les effets inflationnistes des APL, ils veulent bien qu’on leur explique la situation ; et sur la manière d’imposer des surloyers de solidarité aux locataires de HLM ayant dépassé les plafonds de ressources et qui prennent la place des plus précaires, ils sont prêts à avancer).

Au-delà de la bonhomie de nos interlocuteurs, le problème, c’est qu’ils refusent absolument de faire des choix sociaux. Par exemple favoriser, ne serait-ce qu’un tout petit peu, les locataires modestes au détriment des bailleurs qui n’ont jamais été aussi riches. Bloquer ou au moins diminuer l’IRL, l’indice qui autorise les bailleurs à augmenter les loyers de 3 % par an.

Non non, ce qu’ils cherchent, c’est le «gagnant-gagnant», ce fameux concept dit aussi «gnan-gnan» de tous ceux qui ne voient pas la différence entre des locataires étranglés par la bulle immobilière et des proprios dont le patrimoine a plus que doublé de valeur en dix ans et qui pratiquent des loyers augmentant deux à trois fois plus vite que l’inflation.

Lire la suite sur l’excellent blog “En direct du ministère du logement”