Rubrique ‘Réflexion’

Fête Nationale, imposture sarkozyste

Publié le 20 juillet 2010 par Julien | Catégorie Actualités, Réflexion.

Salir les symboles semble aujourd’hui devenir une habitude gouvernementale. En effet, ce 14 juillet, un spectacle désolant se substitua au panache des défilés militaires.  Ainsi, en invitant les dirigeants africains des anciennes colonies francaises, dont il n’est pas nécessaire de rappeler ici les méthodes peu recommandables utilisées par certains dans la gestion des affaires de leur pays étant donné leur caractère public, Nicolas Sarkozy saisit l’occasion d’illustrer sa conception particulière de l’indépendance africaine. Beaucoup ont polémiqué sur ce sujet et il ne me semble pas important de m’y attarder. Pour ma part, c’est l’habileté présidentielle à s’amuser d’un symbole majeur de notre histoire qui provoqua mon indignation.

En effet, le défilé traditionnel fut ce jour agrémenté de l’interprétation du “Chant des partisans” par une jeune chorale, visiblement peu instruite du rapport atypique du pouvoir en place vis-à-vis de la Résistance. Je m’abstiendrais tout d’abord de rappeler le passé de nombreux responsables de l’UMP, connus pour leur passage remarqué à Occident ainsi que dans de multiples autres organisations se référant au néofascisme.

Il me paraît important de souligner les multiples affronts faits au programme du CNR par des réformes engagées par un président qui n’hésitait pas à se référer à De Gaulle lors de sa campagne électorale. Chacun peut en effet témoigner de sa démolition progressive, encore d’actualité avec la réforme des retraites et de manière général par le primat révoltant accordé à l’économie sur le social et le politique, dont les conséquences désastreuses sont encore à évaluer.

En tant que socialistes, nous nous devons de nous référer de manière plus prononcée à l’héritage de la Résistance, cette union des forces gaullistes, chrétiennes-démocrates, socialistes et communistes autour de l’idéal de la République Sociale, en réaffirmant la place centrale du projet porté par le CNR dans les réponses qui doivent êtres apportés aux problèmes auxquels le peuple francais est aujourd’hui confronté.

De l’importance du métapolitique

Publié le 6 juillet 2010 par Julien | Catégorie Non à l'extrême droite, Réflexion.

Interpellé il y a peu par les récents évènements liés à l’extrême droite, notamment l’apéro “pinard et saucisson” organisé à la Goutte d’or, je décidai de m’intéresser de plus près à la stratégie mise en œuvre par les multiples groupes nationalistes et identitaires se développant actuellement. Je fus alors stupéfait par le résultat de mes recherches : ces mouvements utilisent en effet « l’action directe », méthode traditionnelle du socialisme libertaire, à des fins discriminatoires. Ainsi, face aux difficultés des SDF, le Bloc Identitaire organise depuis quelques années et notamment à Nice, des distributions de « soupe identitaire », contenant du cochon et écartant ainsi juifs et musulmans.
A une époque où l’extrême droite bat des records de popularité, le Parti Socialiste, en coopération avec les autres forces progressistes (partis, syndicats et associations), se doit donc de réinvestir le milieu social et culturel par des actions dîtes « métapolitiques », c’est-à-dire se situant au-delà d’une démarche purement électoraliste. Nous saisirons ainsi l’opportunité de réaffirmer et d’illustrer notre engagement par des actions de solidarité envers tout citoyen en difficulté.
De plus, comme l’explique le philosophe Antonio Gramsci, la quête du pouvoir nécessite d’être précédée de la quête des champs sociaux et culturels. Cette réappropriation du métapolitique est donc condition de notre victoire en 2012, de la même manière que la montée des considérations écologiques a permis aux Verts de réaliser les scores qu’on leur connait.
Toutefois, cette « reconquête » du terrain qui devrait être le notre et dont nous nous sommes éloignés est indissociable d’un renouveau idéologique, puisant son inspiration dans l’histoire du mouvement socialiste, afin de combler les lacunes de la « Première Gauche ». Cela est par exemple illustré par le concept de « société du care », renouant avec la tradition du socialisme pré-marxiste français.
Cette démarche s’inscrit dans le défi qui nous est aujourd’hui lancé : celui de redorer notre blason, terni auprès de l’électorat par 14 années de mitterrandisme.

La France risque d’apparaître comme une « terre d’impunité », par Pouria Amirshahi

Publié le 17 juin 2010 par Jean-Sol Partre | Catégorie En campagne, International, Justice, Réflexion, Révolte !.

Texte de  Pouria Amirshahi publié sur le blog Un monde d’avance le 16.06.10 :

La France risque d’apparaître comme une « terre d’impunité »

La France risque d'apparaître comme une « terre d'impunité » « L’ère de l’impunité a pris fin. C’est une autre ère qui s’ouvre : celle de la responsabilité. » C’est par ces mots du secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-Moon, que s’est ouvert le 31 mai à Kampala (Ouganda) la première conférence de révision des statuts de la Cour pénale internationale (CPI). Les 110 Etats parties prenantes y dressent le bilan des dix années d’existence de cette juridiction pénale internationale. Quel est le bilan ? Pour quelles perspectives ?

Ce qui vaut pour le commerce mondial vaut pour la justice

La construction d’une justice universelle pour juger les crimes les plus graves (génocides, crimes contre l’humanité, crimes de guerre … et souhaitons que Kampala le décide cette semaine, les « crimes d’agression ») constitue certainement une avancée historique pour le droit. Ce n’est pas une mince victoire à l’heure où la mondialisation oblige au renforcement de règles pour que notre destinée commune ne nous échappe pas à nous-mêmes.

Ce qui vaut pour le commerce mondial, les ressources naturelles, l’alimentation, vaut pour la justice. Dans une perspective historique, on peut même dire, en tant que Français, que l’instauration de cette Cour a permis d’avancer d’un pas supplémentaire vers l’accomplissement de 1789. C’est bien le dessein de notre République.

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Quand deux droits à valeur constitutionnelle s’opposent : le droit à un logement décent ou le droit de propriété

Publié le 17 juin 2010 par Lucrezia | Catégorie Crise du logement, Réflexion, Une.

Dessin réalisé par Lucrezia

Qui ne connait pas, dans le cadre de notre civilisation, l’origine même du jeu de société, le Monopoly ? Rares sont, les fortunés ascètes qui ont réussi, encore à cette heure, à échapper au très ludique manuel d’instruction du Capitalisme, ou encore « Comment apprendre à vos enfants à écraser leurs prochains pour de l’argent en jouissant de leurs dettes ? ». Vous avez forcément ressenti cette jubilation effrénée, lorsque l’un des adversaires se voit, par la simple volonté des dés, ruiné, accablé par les loyers multiples de la vicieuse « Rue de la Paix ». Rue que vous avez, très certainement réussi à acquérir en vous saignant à blanc, ce qui signifie, une fois traduit dans la vie réelle : en vous privant de nourriture et d’habitat pendant approximativement dix ans. Ainsi, cette fameuse rue, dotée de l’en-tête Bleu Royal, est entrée dans votre vaste Patrimoine virtuel avec une simplicité déconcertante, un vrai jeu d’enfant. Mais le Monopoly n’a rien, d’un jeu d’enfant. Engendrant par là même, la mise en dépôt fiduciaire des biens de votre compagnon de jeu (et ancien ami), ce gain patrimonial va commencer à vous obséder, tandis que le bleu royal sera bientôt recouvert de petits cubes verts. Arrive alors la période des négociations. Elle vous pousse à un sentiment de puissance ; voir votre adversaire vous prier d’accepter la totalité de son illusoire patrimoine, en échange d’une simple remise de dette. Le sentiment de puissance prendra alors tout son sens au moment ou vous refuserez  son offre, le forçant alors à vous remettre le moindre argent qui lui serait arrivé par passage à la case départ. Voilà une partie qui semble bien peu amusante.

Toutefois, derrière le coté malsain de ces jeux, se cache un danger notoire. Effectivement, depuis sa création en 1935, le Monopoly n’a jamais faibli et a visiblement aidé les peuples à pallier aux crises respectives en se plongeant dans l’illusion. Mais là est le problème, l’illusion fut telle, qu’elle engendra un réel phénomène de banalisation de la pauvreté. Beaucoup ont déjà accusé le Monopoly d’être tout particulièrement malsain, le but réel de ce jeu n’est pas de gagner, mais bien de ruiner. Ce phénomène familiarise les plus jeunes avec la concurrence et l’esprit individualiste, en passant par la trahison. Il inculque des valeurs erronées et les jeunes démarrent dans la vie comme dans une course à l’argent ce qui est, malgré la plus grande des mauvaises fois, si ce n’est pernicieux, alors excessivement immoral.

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Lettre ouverte à Lionel LUCA, député de la Nation

Publié le 28 mai 2010 par Nathalie | Catégorie Actualités, Réflexion.

Nathalie AudinMonsieur le Député,

Je m’étonne, en qualité de citoyenne, de vos prises de position concernant le film « Hors la Loi » de Rachid Bouchareb  et je tiens à vous faire part de ma réaction après avoir vu ce film.

Un député de la Nation devrait, toujours, avoir comme ligne d’horizon, la recherche de la vérité historique, l’apaisement des tensions, le respect de chaque composante de notre société, la défense de la culture et de la liberté d’expression.

En prononçant des paroles particulièrement violentes contre le film de Rachid Bouchareb alors même que vous ne l’aviez pas encore vu, vous avez failli à votre mission nationale. En soutenant une manifestation partisane lors du festival de Cannes vous avez attisé les haines et le rejet de nos compatriotes d’origine arabe, vous avez rouvert des blessures tellement difficiles, au quotidien, à cautériser.

Vous avez prétendu que le film de Rachid Bouchareb était négationniste au motif qu’il ne rappelait pas les massacres subis par les européens lors des événements du 8 mai 1945 et les jours suivants dans les régions de Sétif, Guelma et Kherrata.

Prétendriez-vous également que Rachid Bouchareb serait négationniste au motif qu’il a, également, omis de rappeler les bombardements de populations civiles par la marine française, ces jours de terreur partagée ou parce qu’il n’a pas, par ailleurs, rappelé l’humiliation subie par des milliers de jeunes hommes, le 22 mai 1945, obligés de se prosterner devant le drapeau français en chantant « nous sommes des chiens et Ferhat Abbas est un chien ».

Ne croyez-vous pas que de tels agissements d’une armée de Libération constituent, pour ceux qui veulent aussi la Liberté, des moments fondateurs ?

Est ce, aujourd’hui, le moment de chercher des responsables ? Ne pensez-vous pas que des événements d’une grande violence, après des années de guerre, produisent des responsabilités humaines partagées ?

Pour autant une Nation et ses représentants ont, alors, même en périodes troublées et en voie de reconstitution, une responsabilité d’autant plus importante.

Est-il alors vraiment nécessaire, comme vous l’avez fait, plusieurs dizaines d’années après, de compter et recompter les victimes et faire la litanie des horreurs réciproques dont les hommes sont capables en période troublée? En quoi la surenchère apporte d’éléments au débat historique sur cette période aujourd’hui de mieux en mieux appréhendée, notamment, par Benjamin Stora, Pascal Blanchard ou d’autres ?

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