Rubrique ‘Réflexion’

Les sondages ne font pas le vote… Et si on ne le disait pas assez ?

Publié le 14 février 2010 par Julie | Catégorie Réflexion, Vie militante.

Les sondages ne font pas le vote... Et si on ne le disait pas assez ?

Nés en 1936 aux Etats-Unis, les sondages d’intention de vote ou sondages préélectoraux sont aujourd’hui considérés par certains comme de véritables oracles.

Importés en France en 1965, au moment où l’IFOP en interrogeant un échantillon de la population avait pu prévoir que le Général de Gaulle se trouverait en ballotage lors des premières élections présidentielles au suffrage universel direct, le sondage d’intention de vote s’est depuis imposé comme un acteur majeur du jeu politique.

La méthodologie des sondages est certes aujourd’hui bien maitrisée. En effet il s’agit d’une enquête comportementale assez facile à conduire car les modalités de réponses sont peu nombreuses et fixées préalablement. Néanmoins la qualité du sondage est donc étroitement liée à la qualité de la méthode mise en place pour l’établir.

En effet le sondage est le résultat d’un questionnaire soumis à un échantillon.

« Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vrais réponses ; c’est celui qui pose les vrais questions. » disait Claude Lévi-Strauss. La qualité du questionnaire qui sert de base au sondage est en effet déterminante. Néanmoins, force est de constater que dépendant d’une méthodologie rigoureuse celle-ci est peu respectée.

La pratique du questionnaire « omnibus », c’est-à-dire du questionnaire où de multiples thèmes sont évoqués, est une réponse des instituts de sondage à la demande accrue en sondages et leur permet une économie considérable relevant d’une logique d’exploitation optimale. Plutôt que de réaliser un questionnaire pour chaque demande, ils mettent ensemble les sujets demandés par des commanditaires différents et les propose à un seul échantillon.

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Jacques Juilliard : “Vingt thèses pour repartir du pied gauche”

Publié le 20 janvier 2010 par David | Catégorie Actualités, Parti Socialiste, Revue de Presse, Réflexion.

Sur les conseils de Jean-Marc, une tribune de Jacques Juilliard publiée dans Libération le 18.01.10 :

“Vingt thèses pour repartir du pied gauche”

1. Nous vivons un nouvel âge du capitalisme. Après l’ère des managers, voici venue celle des actionnaires. Les détenteurs du capital, longtemps silencieux, ont mis au pas les gestionnaires, qui s’appuyaient sur leur expertise technique. Les seconds pouvaient avoir le sens de l’intérêt général ; ils s’accommodaient de certaines formes de régulation et négociaient avec les syndicats la répartition de la plus-value. Les actionnaires, au contraire, se désintéressent de l’objet même de leur investissement ; ils réclament des profits immédiats et énormes, jusqu’à 15% du capital investi. C’est pourquoi ce nouveau capitalisme consacre le triomphe de l’hyperlibéralisme. Il est de nature essentiellement financière et bancaire, le plus souvent déconnecté de l’économie réelle. Il est donc avant tout spéculatif. Il est à l’origine de la crise mondiale que nous traversons.

2. Ainsi le nouveau capitalisme a choisi de ressusciter son pouvoir de classe dans sa nudité. Il s’est installé à la faveur de l’effondrement des régimes communistes. Sans concurrence ni contestation, il a pu imposer ses exigences sans en craindre des conséquences politiques et sociales. Il a multiplié les licenciements spéculatifs, les délocalisations, sans redouter les réactions exclusivement défensives de la classe ouvrière. Il a éliminé toute concertation globale, tant avec l’Etat qu’avec les syndicats. Dans le domaine bancaire, il s’est lancé dans une fuite en avant sans précédent, multipliant les spéculations risquées et inventant des produits financiers dérivés sans contrepartie économique réelle. Sans égard pour les situations sociales souvent dramatiques qu’il suscitait, il a fait sauter le vernis de civilisation qui, depuis la Seconde Guerre mondiale, recouvrait le capitalisme évolué.

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LA TROISIÈME RÉVOLUTION SUR LA TERRE ou LE NON DIT DU MONDE

Publié le 30 décembre 2009 par Nathalie | Catégorie Réflexion.

Texte de Michel Serre, publié dans La Recherche / Le Monde, novembre-décembre 2009 :

Le philosophe et épistémologue Michel SerresLe procès Galilée annonce, dit-on, dès l’âge classique, les premières tensions entre les Sciences et la Société. Le physicien y formulait un langage algébrique sur telle chose du Monde ; la tradition de l’Église en tenait un tout autre, religieux, mythique, théologien, comme on voudra. Si intervint alors une condamnation, il n’y eut pas mort d’homme. Fascinées par le spectacle offert par un débat contradictoire et pathétique, l’histoire et l’idéologie retiennent la querelle et en oublient l’objet : cette chose du Monde. Nul, en ces temps, ne jugea Galilée pour l’avoir observée ou comprise. L’enjeu portait sur la langue, algébrique ou divine, de l’explication.
Tout au contraire, chez les Grecs de l’Antiquité dont nous avons coutume de célébrer la sagesse, ceux que l’on appelait déjà physiciens avant Socrate se virent condamnés, dans de nombreux procès qui annoncent et précédent celui de Galilée, sous le chef de s’occuper des choses du Monde et d’abandonner, ce faisant, les affaires de la cité. Il y eut là, parfois, mort d’homme. Il ne s’agissait pas de confronter tel discours à tel autre, mais de condamner l’attitude même de l’observation. Tu as toujours la tête en l’air, vers les astres ; chutant dans le puits, tu te rends ridicule, même aux yeux des femmes ; tu ne fais pas ton devoir de citoyen ; tu négliges la morale civique de l’engagement. À mort !

Ainsi les anciens Grecs firent du Monde le lieu muet de l’oubli et de la trahison, la banlieue du bannissement. Il le reste. Que me demandez-vous, en effet, ce matin, sinon de parler des rapports entre les Sciences et la Société, donc des relations courantes entre certains hommes et d’autres, tenant entre eux mille types de discours, donc de m’occuper des affaires de la cité ? Pas de Monde.
Nous régressons de l’âge galiléen, clément, où deux discours parlaient au moins des choses, à une Antiquité, cruelle aux hommes et qui mettait hors jeu le Monde.

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Emmanuel Todd : “Ce que Sarkozy propose, c’est la haine de l’autre”

Publié le 27 décembre 2009 par David | Catégorie Revue de Presse, Réflexion.

Interview publiée dans Le Monde le 27.12.09, propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon et Sylvia Zappi :

Emmanuel Todd” Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED).

Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, il observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l’identité nationale. Sans dissimuler sa colère. “Si vous êtes au pouvoir et que vous n’arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature”, estime-t-il.

Que vous inspire le débat sur l’identité nationale ?

Je m’en suis tenu à l’écart autant que possible, car ce débat est, à mes yeux, vraiment pervers. Le gouvernement, à l’approche d’une échéance électorale, propose, je dirais même impose, une thématique de la nation contre l’islam. Je suis révulsé comme citoyen. En tant qu’historien, j’observe comment cette thématique de l’identité nationale a été activée par en haut, comme un projet assez cynique.

Quelle est votre analyse des enjeux de ce débat ?

Le Front national a commencé à s’incruster dans le monde ouvrier en 1986, à une époque où les élites refusaient de s’intéresser aux problèmes posés par l’intégration des populations immigrées.

On a alors senti une anxiété qui venait du bas de la société, qui a permis au Front national d’exister jusqu’en 2007. Comme je l’ai souligné dans mon livre, Le Destin des immigrés (Seuil), en 1994, la carte du vote FN était statistiquement déterminée par la présence d’immigrés d’origine maghrébine, qui cristallisaient une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de moeurs ou de statut de la femme. Depuis, les tensions se sont apaisées. Tous les sondages d’opinion le montrent : les thématiques de l’immigration, de l’islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.

La réalité de la France est qu’elle est en train de réussir son processus d’intégration. Les populations d’origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d’Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l’effondrement du Front national.

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Un vrai débat de fond : Les conseillers territoriaux et la démocratie locale

Publié le 22 décembre 2009 par Julie | Catégorie Actualités, Réflexion.

Pétition contre la réforme territoriale « Depuis qu’il est universel et secret, le vote n’est utile qu’à celui qui le reçoit, pas à celui qui le donne »

(P. Martin, « Les modes de scrutin aux élections en France et leurs conséquences », in Élections et campagnes électorales. Regard sur l’actualité. Mars 2007)

Face à cette constatation, il convient d’emblée d’affirmer que les modes de scrutin en France ne sont pas des sujets techniques ne concernant que des spécialistes.

Les modes de scrutin permettent le passage du décompte des voix à la désignation des élus, n’étant pas inscrits dans la Constitution ils peuvent être modifiés par une loi et dépendent tant de l’histoire politique nationale, que du besoin de représentativité ou de l’opinion des partis. Les modes de scrutin ont une influence significative sur la vie politique.

Si l’on essaie d’occuper les citoyens avec des débats sans importance ni fondement (le débat sur l’identité nationale n’étant qu’un exemple parmi tant d’autres), la réforme des collectivités territoriales, le mode de scrutin proposé pour l’élection du conseiller territorial, et ses conséquences doivent pour autant attirer notre attention.

Depuis l’émission « Face à la crise » de février 2009, où le président des « français UMP » stigmatisait les collectivités locales comme les principales causes des maux de la France, les lois de réforme de l’architecture territoriale française s’accumulent.

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