Rubrique ‘Livres’

Alain Badiou : “Nicolas Sarkozy, un homme inculte et barbare”

Publié le 27 septembre 2009 par David | Catégorie Actualités, Livres, Réflexion.

Professeur à l’Ecole Normale Supérieure, ancien disciple d’Althusser, le philosophe Alain Badiou est sorti de sa réserve en 2007 avec son pamphlet De quoi Sarkozy est-il le nom ?

Il enfonce le clou, à 72 ans, avec un nouvel essai, L’hypothèse communiste, où il réaffirme l’absolue nécessité de ne pas abandonner la recherche d’une organisation politique émancipatrice, et ce, malgré les tentatives historiques néfastes qui ont abouti au totalitarisme et ont produit des “Etats terroristes”.

« L’hypothèse communiste revient à dire que le devenir de l’humanité n’est pas condamné à la domination planétaire du capitalisme, aux inégalités monstrueuses qui l’accompagnent, à l’obscène division du travail et à la « démocratie » qui est, de tout cela, le concentré étatique, organisant en fait le pouvoir sans partage d’une oligarchie très étroite. »

Interrogé par Rue 89, il explicite sa démarche :

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Désobéissance civile et “désobéisseurs”

Publié le 22 août 2009 par David | Catégorie Livres, Réflexion.

phpJXy3iGÉtienne de la Boétie, vers 1546, dans son Discours de la servitude volontaire, cherche à identifier le ressort de la domination, la raison de la soumission du plus grand nombre à un seul. Comment est-il possible que le plus grand nombre subisse volontairement l’arbitraire d’un seul ?

« Pour le moment, je ne voudrais que tâcher de comprendre comment il peut arriver que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelques fois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent (…)

Mais ô Dieu, qu’est-ce que cela peut-être ? Comment dirons-nous que cela s’appelle ? Quel malheur est celui-là ? Quel vice ? Ou plutôt quel malheureux vice ? Voir un nombre infini de personnes non pas obéir mais servir ; non pas être gouvernées mais tyrannisées ; n’ayant ni biens, ni parents, ni femmes, ni enfants, ni leur vie même qui soit à eux ; souffrir les pilleries, les paillardises, les cruautés, non pas d’une armée, non pas d’un camp barbare contre lesquels il faudrait perdre son sang et d’abord sa vie, mais d’un seul ! Non pas d’un Hercule ou d’un Samson, mais d’un hommeau, souvent le plus lâche, le plus efféminé de toute la nation. Non pas d’un homme accoutumé à la poussière des batailles, ni même à peine au sable des tournois, non pas d’un homme capable par sa force de commander des hommes, mais d’un homme tout empêtré à se faire l’esclave de la moindre courtisane ! »

L’explication finale se fait jour lorsque La Boétie dévoile la chaine des « petites tyranneaux » qui soutient et donne corps au pouvoir du tyran. Plus que la corruption de la cour et des courtisans, il s’agit d’un système de domination sur lequel s’appuie le pouvoir du tyran. Cinq ou six qui ont les faveurs du tyran et le soutiennent, qui font à leur tour profiter six cents de leur pouvoir et de leurs largesses, qui à leur tour en font profiter six milles et ainsi de suite, tant que ceux-ci imposent la dure loi du tyran à tous les autres.

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Pierre Larrouturou, “Crise : la solution interdite”

Publié le 2 août 2009 par David | Catégorie Livres, Réflexion, Vie militante.

Pierre Larrouturou, \Pierre Larrouturou est l’un des rares à pouvoir dire sans rougir, sans mentir et sans flagornerie : “J’avais prédit la crise”.

La lecture de son dernier ouvrage, Crise : la solution interdite, est un bon exercice pour qui est tenté par les expériences salutaires mais parfois douloureuses pour l’égo : tordre le coup à toutes les idées reçues, les fausses évidences, et donc, reconnaissons-le, à la plupart de nos certitudes passées. Citons au moins deux de ces fausses évidences que l’on veut nous imposer :

Fausse évidence n° 1 : La mondialisation est responsable de la crise et le protectionnisme est une solution possible.

Non ! La mondialisation n’est pas coupable ! Bien sûr elle a provoqué dans certains secteurs des pertes d’emplois importantes mais « pour vaincre la crise, il faut vaincre le chômage », et le chômage que nous subissons depuis 30 ans ne vient pas de la mondialisation.

Jusqu’en 2006 et l’arrivée de la Chine la mondialisation mettait en concurrence des pays respectant les mêmes normes sociales de production.

Jusqu’au milieu de l’année 2008 la production en France ne cesse d’augmenter, et ce, malgré les délocalisations, la mondialisation et la concurrence des pays à faibles salaires. La France est, selon Christine Lagarde elle-même, « le deuxième pays au monde en terme d’attractivité des investissements étrangers ».

Le protectionnisme n’est pas une solution : « En continuant à dire que la mondialisation serait coupable, on alimente plus ou moins le nationalisme et le repli sur soi, alors que c’est par un surcroit de coopération que nous pourrons sortir de la crise » (p. 71).

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