LES LIMITES DE LA DESOBEISSANCE CIVILE
Publié le 15 décembre 2009 par alex | Catégorie Justice, Réflexion.Je reviens ici, à titre personnel, sur un article relatif à la désobéissance civile (qui date un petit peu) dans une approche contradictoire qui me paraît nécessaire (article consultable ici).
Concept plutôt séduisant que celui de la désobéissance civile et la démonstration de la Boétie est particulièrement pertinente sur le régime de l’autorité pyramidale. De son côté, Hannah Arendt déplace le débat sur le terrain de la légalité et de la légitimité de l’autorité en fustigeant la rationalité froide de l’Homme, dépourvu d’humanité et de sens moral, dans sa tour d’ivoire bureaucratique.
En revanche, sans être sceptique, je suis extrêmement méfiant sur les dérives collectives que suppose la mise en pratique de la « désobéissance civile ».
Revenons à l’essence du questionnement, Pourquoi obéit-on ? Pour le sociologue Max Weber, « le pouvoir politique dispose du monopole de la violence légitime » (« Le savant et le politique » 1919) : légitime car elle est nécessaire au bon fonctionnement de la communauté. Aujourd’hui, cette violence incarnée par l’État s’effectue dans le cadre d’une domination rationnelle-légale (par opposition à la domination traditionnelle ou charismatique même si de façon empirique on assiste plutôt à des mélanges entre ces types de domination).
En effet, les différentes thèses contractualistes (Hobbes, Rousseau ou Rawls…) font reposer cette obéissance sur un pacte (plus ou moins théorisé et « conscientisé ») entre les gouvernants et les gouvernés qui pourrait se résumer ainsi : j’accepte de perdre une liberté naturelle pour une liberté civile car l’ensemble de la communauté y est gagnante.
Quid de la désobéissance civile alors ? Elle suppose une décision individuelle du type « je ne suis pas d’accord avec cette loi, disposition car elle va à l’encontre du bien commun, de la société ». En d’autres termes, je préjuge de mes qualités en absorbant l’ensemble de la pensée collective et je nie les lois primaires de la République et de la Démocratie qui l’accompagne : je deviens le despote éclairé qui conduit la plèbe dans la bonne direction.











