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Je vous invite à lire la dernière chronique de Caroline Fourest, d’une clarté et d’une justesse remarquables, publiée dans le Monde du 12 mars 2011, sur le débat sur l’Islam organisé par l’UMP :
” Pas besoin de respirer bien fort pour sentir comme un air vicié. Ni de croire aux sondages pour comprendre que l’ensemble de la classe politique doit faire preuve de pédagogie et de sang-froid. Au lieu de profiter des bouleversements actuels pour affoler.
Le débat voulu par l’UMP sur l’islam, bien vite recyclé en débat sur la laïcité, n’aura pas cette vertu. Lancé en fanfare, de façon partisane, il surgit totalement à contretemps. Au moment où nous pouvions entamer la “cicatrisation” de lois difficiles, comme celle qui porte sur le fait de ne pas masquer son visage dans la rue. Alors que la dynamique sociale peut ressouder des liens que la crispation confessionnelle sectionne. Toujours avec cette même maladresse ayant empoisonné le débat sur l’identité nationale : annoncer qu’on vise une religion en particulier. Ce qui ne peut que braquer.
Mais où étaient donc les partisans de ce débat, officiel et formel, sur l’islam et la laïcité ces dernières années ? Dans une grotte ? Sur une île vierge ? Voilà bien longtemps, au moins dix ans, que nous débattons de ces questions, sans tabou et même avec une certaine efficacité. Contrairement aux pays ayant opté pour le “multiculturalisme” comme philosophie politique, la France a réglé la plupart des contentieux liés à la montée de l’intégrisme grâce au principe de laïcité. Elle a résisté à tout. Aux provocations intégristes comme aux tentations politiques. Comme celle de modifier l’article 2 de la loi de 1905 pour financer - et donc mieux contrôler - les mosquées. Une volonté affichée par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’intérieur. Abandonnée après une véritable levée de boucliers. Mais qui ressort des cartons à la faveur de ce débat voulu par l’UMP.
On nous reparle de vouloir couper l’islam de “ses influences étrangères”, en interdisant les financements étrangers, les prêches en arabe, et en formant les imams. Au nom de quel principe ? Et les autres religions ? Allons-nous interdire au Vatican (un Etat étranger) de financer des églises traditionalistes qui prient en latin ? Mettre sous tutelle les temples évangéliques financés par les Etats-Unis dont les pasteurs chantent en anglais ? Sanctionner les prêtres dont le catéchisme bafoue les lois de la République sur le pacs ?
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