Rubrique ‘Non à l'extrême droite’

La loi Hortefeux - faisons les reculer

Publié le 24 octobre 2007 par Hervé | Catégorie Non à l'extrême droite.

Alors ça y est, la Droite, toute à son allégeance à Sarkozy a voté en rang serré la loi dite Hortefeux. La France est désormais tristement connue internationalement pour avoir versé dans la biologisation du droit et le fichage ethnique. Même le New York Times, qui n’est pas un journal gauchiste, est choqué par cette France qui n’est plus tout à fait la France, cette République qui oublie d’où elle vient et les valeurs qu’elle est censée incarner.

Cette loi Hortefeux, c’est celle qui impose aux immigrés de faire des tests ADN pour prouver que leurs enfants sont bien les leurs lors d’un regroupement familial. Réguler l’immigration est une nécessité pour les Socialistes, mais réguler signifie qu’il y a des règles … justes.

Au motif que plusieurs pays européens pratiquent ces tests (et encore, dans quelles conditions ?) la Droite veut verser d’un côté que la France a toujours rejeté : celui du droit du sang, celui d’une filiation fondée sur la biologie et non sur l’amour parental.
C’est stigmatiser quelques milliers de migrants par an (et oui, si peu) pour faire plaisir à l’extrême droite et, pour faire oublier que l’immigration illégale est organisée par des gens puissants qui y ont des intérêts financiers, pour faire oublier que la politique de la Droite sert ces mêmes gens.

Mais surtout, le plus important, c’est qu’il s’agit là de renier l’ensemble des fondamentaux philosophiques qui sont le ciment de notre République.

Par ailleurs, si cet amendement est le plus chargé de symbole et celui qui focalise le plus de répulsion, il ne faut pas oublier le reste de la loi, pas beaucoup plus brillant. Effectivement, la partie, écoeurante, qui visait à exclure des centres d’hébergement d’urgence les sans-papiers rajoutant de la souffrance à la souffrance, a été enlevée. Mais il reste notamment le fichage ethnique qui, dans le contexte de cette loi, fait froid dans le dos et ouvre les portes à des dérapages lourds de conséquences.

La loi est votée. La France est entâchée de honte. Certes. Mais le combat ne s’arrête pas là : la pétition lancée par Charlie Hedbo contre cette loi rassemble déjà 250 000 signatures, il est encore temps de la signer et d’élargir la mobilisation. Souvenons-nous du CPE. Le combat avait été long et difficile, mais à force de mobilisation et de courage, il fût victorieux. Rien n’empêche que ce soit le cas.

L’extrême droite en Europe

Publié le 7 septembre 2007 par Hervé | Catégorie Europe, Non à l'extrême droite.

On en parle peu, voire plus, mais l’Europe est malheureusement toujours gangrénée par le fascisme et l’extrême droite, sous des formes variées.

Cet été, un léger buzz a eu lieu autour des neo-nazis russes et leur violence extrême. On parle sporadiquement de l’imprégnation des groupuscules d’extrême droite chez les supporters de foot, que ce soit à Paris, aux Pays Bas, ou … à Nice (et oui !). De temps à autre, on entend parler d’une “percée” d’une formation d’extrême droite en Belgique ou aux Pays Bas.

Pourtant l’extrême droite européenne est bien plus implantée que cela, et elle progresse ! Il y a quelques années, l’Europe entière s’était émue de la participation des neo-nazis au gouvernement autrichien, à la limite de se demander si l’Autriche pouvait rester dans l’Union. Beaucoup de bruit médiatique, de controverses, … puis les médias sont passés à autre chose et Heider est resté au pouvoir et a même été réélu sans que cela ne révolte qui que ce soit.

Aujourd’hui, l’Autriche n’est plus un cas isolé. Les neo-fascistes étaient au côté de Berlusconi en Italie, en Belgique et aux Pays Bas plusieurs pouvoir locaux sont menacés à chaque élection. Mais c’est dans les pays de l’Est que la situation est particulièrement préoccupante pour la démocratie et les droits de l’Homme, le pays le plus emblématique étant la Pologne.

En Pologne, déjà, ce sont deux frères jumeaux qui assument la présidence et la direction du gouvernement, les frères Kaczynski, que Le Monde daté du 7 septembre qualifie pudiquement de “très conservateurs”. Ils sont, en fait, issus d’un parti ultra-catholique et nationaliste, et coutumiers de provocations antisémites, fascistes et anti-démocratiques.

Dernier épisode en date : ils ont mis leur véto à la création de la “journée européenne contre la peine de mort”, proposant qu’il s’agisse plutôt d’une “journée de défense de la vie, qui condamnerait à la fois la peine de mort, l’avortement et l’euthanasie”. Le Monde rappelle qu’en août 2006, ils avaient déjà tenté de faire modifier la Convention européenne des droits de l’homme, qui interdit aux 47 Etats membres du Conseil de l’Europe de pratiquer la peine de mort.

La banalisation des idées d’extrême droite qui a permi à Sarkozy de tenir le discours inique qui était le sien pendant la campagne est-elle si forte que personne ne se révolte ? Combien de temps l’Europe supportera cette situation sans broncher ? Faudra-t-il attendre que les bruits de botte soient trop fort pour qu’on réagisse ?

Notre identité nationale vaut-elle la vie d’un enfant ?

Publié le 10 août 2007 par Hervé | Catégorie Non à l'extrême droite.

Aujourd’hui, c’est l’écoeurement. Ecoeuré après avoir apris l’hospitalisation d’un enfant de 12 ans essayant d’échapper à la police avec son père … juste parce qu’ils n’avaient pas de papier. L’article qui suit, issu du nouvelobs en ligne est asseptisé mais déjà révoltant.

Un enfant russe sans-papiers de 12 ans a été hospitalisé dans un état grave après avoir chuté accidentellement jeudi 9 août à Amiens du 4e étage d’un immeuble, en voulant fuir avec son père la police qui s’apprêtait à les interpeller, a-t-on appris de sources concordantes. Comme les forces de l’ordre allaient s’introduire dans l’appartement familial, vers 08h30, le père a tenté de s’enfuir en passant sur le balcon d’un voisin. L’enfant, qui le suivait, aurait chuté du balcon.
Le procureur d’Amiens, Patrick Beau, a déclaré à la presse: “on pense que le pronostic vital est engagé” car l’enfant souffre d’un traumatisme crânien grave et d’importantes lésions cérébrales. Le magistrait a également précisé qu’il était hospitalisé en réanimation au service de neuro-chirurgie du CHU d’Amiens.

Ouverture d’une enquête

La police d’Amiens intervenait dans le cadre d’une réquisition du procureur, et entendait contraindre la famille à répondre à une “convocation pour audition”. Le père de famille, âgé de 33 ans, sa femme, âgée de 29 ans, et leur fils avaient effectué plusieurs demandes d’asile politique et de titres de séjour, toutes rejetées depuis février 2005, peu après leur arrivée en France.
Une enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour déterminer les causes des blessures de l’enfant, ainsi que les conditions d’intervention des forces de l’ordre.

Peur, sentiment d’humiliation : le terreau du vote Le Pen

Publié le 4 avril 2007 par Hervé | Catégorie Non à l'extrême droite.

Ils se sentent envahis par les Maghrébins et les Noirs, et le diront dans les urnes, avec fracas, le 22 avril. Dans le quartier de la gare de Creil, ces “petits Blancs” – retraités, employés, ouvriers – montrent dans la rue les jeunes des “cités” au volant de voitures de sport, évoquent les “kebabs” qui se multiplient dans la ville, parlent des émeutes de 2005, des insultes antifrançaises, de l’insécurité… Cinq ans après avoir voté pour Jean-Marie Le Pen, la plupart sont prêts à recommencer, parce que “rien n’a changé”.

(…)

Le vote de ces électeurs n’est pas idéologique. Derrière leur suffrage probable pour le Front national, transparaît un sentiment d’humiliation quotidienne face à des jeunes des cités qui les effraient. “C’est pas un problème de race,mais d’attitude. Comment on peut intégrer quelqu’un qui ne veut pas l’être et qui ne fait rien comme vous? Moi, je suis immigré et j’ai toujours considéré qu’en tant qu’étranger je devais rester discret. Les jeunes d’aujourd’hui n’en ont rien à faire”, se désole Mirko Andrijevic, ouvrier de 60 ans, devenu français il y a quinze ans. Lui aussi a voté pour Le Pen en 2002.

(…)

Nicolas Sarkozy a beau se flatter d’avoir mis fin à l’augmentation de la délinquance, peu d’habitants le croient à cause du décalage entre des statistiques officielles, a priori suspectes, et leur vécu. “L’insécurité c’est comme le chômage, ils truquent les chiffres. Moi, je suis au chômage depuis un an mais dispensé de recherche d’emploi parce que je suis trop vieux. Ça veut dire que j’apparais pas dans les statistiques du chômage. C’est pareil pour l’insécurité”, souligne Mirko Andrijevic.

(…)

Jean-Marie Le Pen n’a pas besoin de parler ou d’apparaître dans les médias. Ceux qui sont susceptibles de voter pour lui ne suivent pas sa campagne : sans l’écouter, ils ont retenu depuis longtemps son message sur la défense des Français et le rejet de la classe politique actuelle. Un ressentiment qui frappe plus durement la gauche, accusée de privilégier les immigrés sans papiers et de se désintéresser de leurs difficultés de “pauvres Français”. Le silence est d’or pour Jean-Marie Le Pen.

(extrait d’un article du monde)

Sarko drague les racistes, Ségolène Royal riposte !

Publié le 10 mars 2007 par Hervé | Catégorie Non à l'extrême droite.

Ségolène Royal dénonce dans la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un “ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale” un amalgame assez ignoble.

“Je trouve assez ignoble de faire cet amalgame entre l’identité française et les travailleurs immigrés, étrangers, qui viennent ici pour contribuer à la croissance économique”, a déclaré la candidate socialiste à l’élection présidentielle en marge de sa visite au Salon de l’agriculture à Paris.

“Je pense que c’est une confusion malheureuse”, a-t-elle ajouté. “Jamais les travailleurs immigrés n’ont menacé l’identité française. Au contraire, les immigrés réguliers (…) viennent souvent faire du travail que les Français ne veulent pas faire.”

Le candidat de l’UMP à l’Elysée a avancé cette idée jeudi soir sur le plateau France 2, lors de l’émission “A vous de juger”, parce qu’à ses yeux “le dossier de l’immigration est explosé en trois ministères différents”.

Sarko facho ?

Publié le 5 février 2007 par Hervé | Catégorie Non à l'extrême droite.

Décidemment, nous vivons une époque bien étrange : Sarkozy, ministre-candidat d’une droite ultra-libérale et sécuritaire, braconne sur les terres de gauche, invoquant Jaures et Blum.

Discours aux relents de fracture sociale version 1995, mais promotion de l’insécurité sociale et de la rupture avec le chiraquisme.

Il invoque la République, mais exploite Police et R.G. à ses fins personnelles (scooter du fiston, affaire Rebelle, …).

Alors justement, Sarko facho ou pas ? On se pose souvent la question, tentés de répondre positivement, mais prudent sur une banalisation de cet adjectif honteux.

Ces jours ci, on a eu un nouvel élément de réponse : la préface italienne de son bouquin a été écrite par Gianfranco Fini, leader du parti post-fasciste MSI. (source Des mots et débats, un des libéblogs)

Pour bien mettre les choses au clair, le symbole du MSI, c’est une flamme tricolore. Les députés européens du MSI, dont une certaine Mlle Mussolini, font parti du tout nouveau groupe politique au parlement européen dont le président est … Bruno Gollnisch.

Dire que Sarkozy est fasciste est peut être un raccourci rapide, mais en tout cas, certains de ces copains le sont.

Conclusion : Sarko facho, je ne sais pas, mais Sarko démago, c’est certain !

Demain : rassemblement contre les Identitaires

Publié le 26 janvier 2007 par Hervé | Catégorie Non à l'extrême droite.

Demain, les Identitaires (Jeunesse Identitaire et Nissa Rebella) organisent un rassemblement d’une bonne partie de la famille neo-nazie européenne.

Nous ne pouvons tolérer que se banalise le retour de la peste brune. Par ailleurs, nombre de Niçois ignorent la réelle teneur de l’idéologie nauséabonde de Nissa Rebella, qui n’est finalement qu’un ravalement de façade qui fait “plus propre” pour qu’ils présentent deux candidats aux élections législatives prochaines.

Nissa Rebella, c’est à peu de choses près, la reconstitution d’Unité Radiale, le groupe fascisant dissout après qu’un de leur militant ai tenté d’assassiner le président de la République. C’est le genre de militant à faire l’apologie des attentats contre les mosquée sur leurs forum. C’est le genre à organiser des ratonnades à Nice après leurs rassemblements. Bref, du genre dangereux.

Un collectif s’est monté, rassemblant tout ce qui compte pour lutter contre l’extrême droite (évidemment on n’y trouve ni l’UMP ni l’UDF), et un rassemblement unitaire s’organise

Demain, samedi 27 janvier, 15h00, sortie Dubouchage de Nice-Etoile (croisement Dubouchage et J. Medecin)

L’appel se trouve sur http://nissa-antifa.blogspot.com/ (il faut juste rajouter le PS dans la liste des signataires)

17 %

Publié le 22 décembre 2006 par Administrateur | Catégorie Non à l'extrême droite.

Ce chiffre peut paraître anodin, mais il s’agit du pourcentage d’intentions de vote pour J. M le Pen à l’élection présidentielle. L’an dernier, à la même heure il était de moitié.

Malgré toutes les réserves que j’ai sur les sondages, ce dernier traduit une progression indéniable des idées de Le Pen dans la société. J’y vois trois raisons principales.

  • La première est dûe au fait que l’électorat du Front National a été décomplexé depuis le 21 avril 2002.
  • La seconde est le fait que la droite et la gauche sont inefficaces ce qui se traduit par le vote antisystème.
  • La dernière est le langage que pratique la droite, et notamment Sarkozy, avec des phrases telles que : «la France tu l’aimes ou tu la quittes » qui font progresser les idées extrémistes.

A mon avis, notre part de responsabilité vient du fait que trop longtemps, nous avons blâmé les électeurs frontistes en les cataloguant comme de gros fascistes. Nous devons sortir de ce discours limité et facile, il faut pousser le Front National à s’exprimer sur des thèmes qui ne soient plus l’insécurité et l’immigration.

Par ailleurs, employons nous à demander pourquoi et comment J.M le Pen défend une vision ultra-libérale, communautariste et antirépublicaine de la société. Par exemple sur l’éducation, la fin de la scolarisation précoce privilégiant l’éducation par la mère au foyer, la suppression de l’IUFM, de même que l’éradication des langues vivantes au primaire.
Sur le plan social, la réduction drastique des cotisations sociales ainsi que la mise en concurrence des caisses d’assurance-maladie avec les assurances privées.
Sur l’Europe la fin de l’euro, ce qui est complètement démagogue.
En économie suppression de l’impôt sur le revenu, réduction des prélèvements obligatoires qui sont la principale source de notre service publique.

Enfin vient la question de la représentation du Front National. Je suis partisan de l’introduction d’une dose de proportionnelle pour sortir Le Pen de son rôle de victime. Cette introduction devra amener de nombreuses réflexions comme la quantité du pourcentage, à quelle assemblée doit elle s’appliquer. Seulement le Sénat ? En tous cas je suis pour le principe de la « représentativité limitée » des partis extrémistes au sein des assemblées. Après, sur les modalités, le débat est ouvert.

Voilà à mon sens les clés du combat contre l’extrême droite.

Thibaut, secrétaire général du Mouvement des Jeunes Socialistes 06