Le cas Zemmour, par Caroline Fourest
Publié le 5 avril 2010 par David | Catégorie Revue de Presse, Réflexion.Nous discutions des propos d’Eric Zemmour lors des “sujets libres” de notre dernière réunion de section. Parmi la foule d’articles plus ou moins bons publiés sur le sujet, l’analyse de Caroline Fourest me semble être l’une des plus justes et des plus constructives. Le rappel de “casier médiatique” de Zemmour en dit long sur le personnage…
” Les petits calculs d’Eric Zemmour ”
Article de Caroline Fourest publié dans Le Monde du 27 mars 2010 :
” Eric Zemmour vient d’expérimenter une loi cardinale en matière de dérapages : l’accumulation. Comme pour Georges Frêche, le tollé soulevé par ses propos n’est pas dû à la pire de ses déclarations, mais à celle de trop : « Les Français issus de l’immigration (sont) plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait. »
Par certains aspects, cette pharse rappelle la polémique soulevée par Renaud Camus. A l’époque, le goût douteux pour la comptabilité ethnique consistait à compter les journalistes juifs sur une station de radio. Quant à Georges Frêche, son truc serait plutôt de compter les footballeurs noirs.
Dans les trois cas, plus l’émotion est grande, plus nos valeureux statisticiens sont sûrs d’engranger des soutiens parmi les amateurs d’évidences chiffrées et de francs-parlers. Ben quoi, c’est pas vrai ? Il y a beaucoup de Noirs dans l’équipe de France, beaucoup de juifs dans les médias et beaucoup d’Arabes et de Noirs dans les prisons ! Alors quoi, on peut plus rien dire ?
On peut. Mais tous les racismes commencent ainsi. Le problème réside moins dans la mentalité racialiste et comptable de ces raccourcis que dans leurs « non-dits » : les fantasmes qu’ils suggèrent.
Oui, il y a de nombreux joueurs noirs en équipe de France. Mais pourquoi le relever ? Si ce n’est pour sous-entendre qu’un joueur noir ne représente pas aussi bien la France qu’un joueur blanc. Oui, de nombreux journalistes de talent sont juifs. Mais pourquoi le relever ? Si ce n’est pour sous-entendre que le fait d’être juif – et non le fait de venir de familles diasporiques misant sur la culture – favorise la vocation médiatique ?












