L'enjeu est de taille en effet, d'une part pour les ménages dont les dépenses de logement pèsent de plus en plus lourd dans leur budget, mais également pour le développement économique du département, car les entreprises constatent de plus en plus des difficultés pour recruter dans certains secteurs.

Etait souligné en introduction, le déficit important dans la production de nouveaux logements. Alors que les besoins sont estimés à 3 800 logements par an, seuls 2 000 sont construits. Par ailleurs, la plupart des logements sont orientés vers une clientèle aisée, ce qui les rend inaccessibles à la majorité des ménages, dont les capacités d'acquisition sont en nette diminution d'année en année.

En effet, depuis 1999, on observe un doublement des prix de l'immobilier dans la plupart des secteurs. Fin 2006, ils atteignent en moyenne 3 500 € / m² dans l'ancien et 4 500 € / m² dans le neuf. Alors qu'en 2000, un ménage pouvait acheter un T3 de 70 m² pour 125 000 €, il doit se contenter aujourd'hui d'un T2 de 38 m² pour le même prix !

Devant ce constat, les acteurs se mobilisent, tentent d'apporter des solutions et mettent en place des politiques plus ou moins ambitieuses pour enrayer la crise du logement et rattraper le retard accumulé depuis plusieurs années. Car, ce qui manque finalement ce sont des logements adaptés aux revenus des ménages habitant les Alpes Maritimes, c'est-à-dire des logements sociaux, ou des logements pour actifs selon la terminologie utilisée.

Aujourd'hui le parc de logements sociaux des Alpes Maritimes compte environ 40 000 logements soit seulement 10 % du parc des résidences principales, alors que le taux national est de 20% et le taux régional de 15%. On peut également ajouter que plus de 60% de la population y est éligible.

La production annuelle de logements sociaux était tombée à 440 logements en 1999. Depuis, elle ne fait heureusement que remonter. En 2003, 1076 logements on été financés et les objectifs pour 2007 sont proches de 1500 à 2000 logements. Ces chiffres, bien qu'encourageants restent cependant encore très éloignés des objectifs fixés par la loi SRU du 13 décembre 2000 qui vise la production de 2500 logements par an.

Ils sont également à comparer, comme le souligne le livre blanc établi en 2004 à l'initiative du mouvement associatif pour l'hébergement et l'insertion, au nombre de ménages qui sont en attente de logement social et qui s'élève à 26 000.

Face à cette situation, il faut encore accentuer l'effort de production et surmonter les problèmes souvent évoqués : équilibre financier des opérations, coût et rareté du foncier mais également opinion réticente des populations.

Cette effort doit être orienté vers une construction importante de logements neufs en prenant soin de favoriser une certaine mixité sociale et d'adapter l'offre à toutes les catégories de ménages (familles nombreuses, monoparentales, personnes âgées et handicapées, logements favorisant l'insertion …) mais également par la mise en œuvre de petits programmes d'acquisition et de réhabilitation de logements qui ont la particularité de bien s'insérer dans le tissu urbain existant.