Loi Pécresse : 41 universités toujours touchées, le Snesup appelle à la mobilisation

Alors que les étudiants et le principal syndicat du supérieur appellent à manifester demain, douze directeurs d’UFR de Lille mettent en garde contre le blocage. A Paris, un étudiant bloqueur est indemne après avoir été visé par un tir d’arme à feu.

Une quarantaine de sites universitaires étaient perturbés ce matin par la mobilisation étudiante contre la loi Pécresse, dont 28 bloqués à des degrés divers, selon des sources concordantes. Le ministère de l'Enseignement supérieur a comptabilisé avant midi «35 sites universitaires perturbés à des degrés variables» dont «cinq fermés».

Selon un comptage effectué à partir des informations recueillies par les bureaux régionaux de l'AFP et auprès du syndicat étudiant Unef, le fonctionnement de 41 sites universitaires était perturbé hier soir par des blocages plus ou moins importants (28), des barrages filtrants (4) ou des fermetures administratives (4). Comme chaque jour depuis le 14 novembre, s'ajoutent à ce compte, cinq universités de la région parisienne, désertés en raison du mouvement de grève dans les transports en commun: Paris X-Nanterre, Paris VIII-Saint-Denis, Marne-la-Vallée, Paris XII-Créteil et Paris XIII-Villetaneuse.

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Jeudi Noir dans le gnan-gnan des cabinets ministériels

Hier, mardi 20 novembre, une délégation de Jeudi Noir a été reçue par le cabinet de Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur. Après notre rendez-vous de la semaine précédente au ministère du Logement, on commence à voir (ça c’est simple) les points de blocage et les pistes à creuser (ça c’est plus dur mais, sur les effets inflationnistes des APL, ils veulent bien qu’on leur explique la situation ; et sur la manière d’imposer des surloyers de solidarité aux locataires de HLM ayant dépassé les plafonds de ressources et qui prennent la place des plus précaires, ils sont prêts à avancer).

Au-delà de la bonhomie de nos interlocuteurs, le problème, c’est qu’ils refusent absolument de faire des choix sociaux. Par exemple favoriser, ne serait-ce qu’un tout petit peu, les locataires modestes au détriment des bailleurs qui n’ont jamais été aussi riches. Bloquer ou au moins diminuer l’IRL, l’indice qui autorise les bailleurs à augmenter les loyers de 3 % par an.

Non non, ce qu’ils cherchent, c’est le «gagnant-gagnant», ce fameux concept dit aussi «gnan-gnan» de tous ceux qui ne voient pas la différence entre des locataires étranglés par la bulle immobilière et des proprios dont le patrimoine a plus que doublé de valeur en dix ans et qui pratiquent des loyers augmentant deux à trois fois plus vite que l’inflation.

Lire la suite sur l'excellent blog "En direct du ministère du logement"

Les Universités Populaires

Le premier à avoir avancé l'idée de transmettre des savoirs théoriques et/ou pratiques pour tous est un éducateur/pasteur danois Nicolai Frederik Severin GRUNDTVIG (1783-1872). En France, c'est Condorcet dans son rapport sur "l'organisation de l'instruction publique" et plus généralement les Encyclopédistes qui ouvriront la voie à l'instruction pour tous.

L'affaire Dreyfus suscitera la création formelle des premières universités populaires. Au déferlement d'un antisémitisme populaire soutenu par des hommes politiques inféodés à des thèses racistes , certains tenteront d'apporter une réponse humaniste; la raison et la connaissance en réponse à la passion. Les Universités populaires essaieront, d'autre part, d'apporter une réponse aux grands oubliés des lois scolaires Ferry. Les Universités populaires auront vocation à instruire les adultes. En 1896 nait la première université populaire "La coopération des idées" à l'initiative de G DEHERME et d'ouvriers de Montreuil-sous-bois.

En 1901, il existe 124 Universités populaires dont l'Université Populaire de Bourges créée en 1897. Elle existe toujours sous le nom d'Université Populaire du Berry. C'est la seule rescapée du premier grand mouvement.

Après l'effervescence suscitée par l'affaire Dreyfus et malgré les bonnes volontés (qui ne suffisent pas toujours) les Universités Populaires vont se trouver confrontées à divers problèmes. Le choc culturel entre les intellectuels venus apporter le savoir, pas toujours très bons pédagogues et les ouvriers du XIXème siècle très peu instruits révélèrent les limites de l'approche humaniste initiale. Le mouvement des universités populaires, guère relayé par le pouvoir en place, s'est alors doucement éteint. A la veille de la première guerre mondiale elles n'étaient plus que 14.

Dans l'entre deux guerre la nature des Universités Populaire va changer. Elles porteront désormais une véritable vocation politique et/ou syndicale. Ainsi, l'université populaire de Bourges devient, à l'initiative de Simone Veil (la philosophe), en 1936, une Université Ouvrière. Ce mouvement accompagnera le Front Populaire.

La deuxième guerre mondiale engendrera de nouvelles disparitions.

C'est d'Alsace en 1963 (du fait de sa proximité avec l'Allemagne, pays dans lequel les Volkshochschulen ont une véritable mission de service public dans le domaine de la formation permanente, financée par les landers) à Mulhouse que renait le mouvement des universités populaires. L'Université Populaire du Rhin devient la locomotive d'une série d'initiatives. Plus près de nous, Michel ONFRAY créée l'Université Populaire de Caen. Il met sa notoriété au service de cette grande et belle idée et suscite, ainsi, tous les ans de nouvelles créations.

Il n'y a jamais eu d'Université Populaire à Nice. Il existe des initiatives similaires mais ne répondant pas aux même impératifs. Une université se définit populaire par un certain nombre de critères. L'objectif est précis. Il s'agit de démocratiser la culture et de dispenser gratuitement un savoir au plus grand nombre. Les moyens mobilisés reposent essentiellement sur le bénévolat des enseignants. Ceux-ci sont volontaires et doivent assurer un enseignement de qualité auprès de personnes venues à leur rencontre sans qu'aucun pré-requis n'ait été demandé.

L'enseignement est totalement gratuit, ne donne pas lieu à la délivrance de diplôme, l'âge, le niveau scolaire, le quartier d'habitation....ne doivent, à aucun moment, constituer un handicap. Chacun et chacune doit pouvoir venir écouter, apprendre, discuter, échanger.

Depuis mai 2007, nous avons une Université Populaire dans les Alpes-Maritimes. Elle vous attend nombreux. Elle commence sa saison 2007 / 2008 le mercredi 21 novembre à 19h30 à l'Agora Nice Est (près du collège Bon Voyage, à la sortie de la pénétrante Pont R Coty) par une conférence de JF AUVERGNE sur le thème de "L'ingénierie de la connaissance". Voir la programmation et les détails sur le blog.

Et pour finir...deux citations en lien direct avec le sujet abordé....

- "La démocratie plus l'ignorance populaire c'est le plus court chemin vers le despotisme via la démagogie". Condorcet.

- "On asservit les peuples plus facilement avec la pornographie qu'avec des miradors". Soljenitsyne.

Antigon06

L’égalité d’autonomie, un outil de réconciliation de la société avec ses individus

(par Régis Juanico, député de la Loire)
Les inégalités sont à la source de l’individualisme

Considéré comme utopique, même dans notre propre camp, le combat pour l’égalité est aujourd’hui mis de côté alors qu’il est le seul moyen de parvenir à reconstruire un vivre ensemble dynamique dans lequel chaque individu se sentirai membre d’un tout. Or notre société voit les inégalités se creuser sans cesse, que ce soient les inégalités de naissance, les inégalités dans les parcours scolaires, les inégalités dans l’accès au marché du travail mais aussi dans les conditions de travail ou la fin de carrière. Ces constats, nous les avons tous faits, mais apparemment, les solutions que nous avons proposé lors des dernières échéances électorales n’ont pas été suffisamment cohérentes et crédibles.

Le lien entre la société et l’individu est entretenu et prend son sens dans les protections et les garanties d’égalité de traitement que le collectif peut apporter aux individus. Ainsi, les nombreux quartiers, dans lesquels la promesse d’une égalité de traitement par la République de chacun de ses citoyens n’est plus respectée, sont de véritables laboratoires de l’individualisme. la loi du plus fort y règne, l’obscurantisme reprend la place que les services publics ont abandonné et le seul échappatoire réside dans la perspective de pouvoir déménager un jour futur.

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Une certaine paupérisation de la population française

Aussi incroyable que cela puisse paraître, lors du débat sur le projet de budget de la justice, Rachita Dati a évoqué la proposition du rapport d’information d’un sénateur UMP sur l’aide juridictionnelle que vous trouverez ici qui est d’instaurer une franchise sur l’aide juridictionnelle. Voir le Monde.

Dans ce rapport, on peut lire :

L’aide juridictionnelle (AJ) est victime de son succès. Alors qu’on dénombrait, en1991, 348.587 admissions, ce nombre s’est élevé, en 2006, à 904.532.

Un tel résultat peut diversement s’interpréter. S’il témoigne d’une réussite incontestable du dispositif en place (réponse correspondant à une attente des justiciables, bonne diffusion de l’information quant à l’existence de cette aide), il traduit aussi, en creux, une certaine paupérisation de la population française et fait peser une lourde hypothèque sur la soutenabilité de la dépense consacrée à l’AJ sur le moyen terme.

C'est tout de même fou de voir un sénateur UMP reconnaître avec une telle facilité la paupérisation de la société française ! A tel point, que cette paupérisation explique le "succès" de l'aide juridictionnelle. Mais le plus déroutant est à venir :

En s’inspirant de la logique de l’assurance maladie, il paraît souhaitable d’introduire un « ticket modérateur justice » dans le dispositif de l’AJ.

Alors que le forfait journalier s’élève à 16 euros par jour dans la majorité des cas, le rapport construit des scénarii selon plusieurs niveaux pour le « ticket modérateur justice » : 5 euros, 15 euros, 30 euros et 40 euros.

Constatant une paupérisation croissante de la population française, le sénateur UMP Roland du Luart propose une franchise juridictionnelle !

L'UMP, c'est gagner moins pour payer plus !