Dès la petite enfance, il faut anticiper et préparer l'entrée dans la culture écrite. Ensuite, l'école maternelle joue un rôle très important pour réduire les inégalités. L'implication des parents est indispensable mais parfois difficile. Le tissu associatif joue alors un rôle important pour aider les parents à aller sans crainte à l'école. Leur travail doit s'effectuer en collaboration avec l'éducation nationale pour être efficace.

Par ailleurs, il est nécessaire de repenser le système d'évaluation aveugle selon Alain BENTOLILA, Professeur à l'université Paris 5, et cesser de laisser passer des élèves en classe supérieure lorsqu'ils n'ont pas acquis les compétences requises.

Pour les jeunes en difficulté,sortis du système scolaire, des dispositifs existent, notamment à travers les missions locales. L'enjeu, de taille, est de leur faire retrouver une nouvelle envie d'apprendre, à partir de leurs centres d'intérêt et en travaillant sur l'estime de soi, qui souvent est très bas.

Enfin, il faut former tout au long de la vie et sécuriser les parcours professionnels. En effet, si l'illettrisme est un frein à l'insertion, il est également un problème professionnel. L'enjeu est de sensibiliser les entreprises à l'importance de la formation de base et de fournir aux entreprises impliquées dans la formation, des moyens d'agir, en repérant les salariés en difficulté et en les aidant à construire des parcours de formation adaptés comme un perfectionnement en rapport avec des situations de travail, pour être mieux accepté par des salariés qui redoutent un "retour à l'école".

Lors des interventions, la question du repérage des personnes en situation d'illettrisme a été abordée. En effet, il n'est pas évident d'avouer ses difficultés. Un énorme travail de repérage est à effectuer pour amener les personnes vers la formation. Mais la question des moyens financiers est également posée. Francis LAVOINE, Directeur du département de lutte contre l'illétrisme à la Fondation des caisse d'épargne pour la solidarité, après la présentation de son dispositif "savoirs pour réussir" qui concerne 700 personnes en situation d'illettrisme accompagnés par 400 bénévoles, expliquait à ce propos qu'il faudrait dans certains départements près de 150 ans pour prendre en charge l'ensemble des personnes touchées.

Le grenelle de l'insertion a notamment pour objectif de repenser les politiques d'accompagnement des personnes en difficultés. Mais que pourra-t-on faire sans moyens supplémentaires ?

La lutte contre l'illettrisme ne peut être clamée comme une priorité nationale lorsque la volonté du gouvernement est de réduire les effectifs dans l'éducation nationale et que l'insertion repose de plus en plus sur le bénévolat.