Flambée des prix, espoirs en cendres
Par Hervé, lundi 25 février 2008 à 18:34 :: Débats :: #307 :: rss
Les prix des produits alimentaires ont explosé de novembre à janvier, jusqu’à 48 % selon l’Institut national de la consommation (INC). Selon le numéro de mars de 60 Millions de consommateurs, mensuel de l’INC à paraître demain, beurres, yaourts, pâtes, céréales, biscottes, pains de mie, riz et autres jambons ont vu leurs prix s’envoler de 5 % à 48 % entre novembre et janvier. «La flambée des matières premières ne peut justifier des hausses d’une telle ampleur», souligne Marie-Jeanne Husset, directrice de rédaction du mensuel.
Pendant ce temps, le salaire des fonctionnaires et les petites retraites vont être augmentées de quelques miettes, le SMIC n'a pas eu de coup de pouce supplémentaire et le gouvernement se refuse toujours à ré-introduire la taxe sur l'essence "flottante" que Jospin avait créé pour amortir les hausses violentes du pétrole et que la droite a retiré très vite en arrivant au pouvoir en 2002. Pendant ce temps, rien n'est fait pour enrayer la spéculation sur les logements.
Le pire, c'est que ces hausses des matières premières, on en entend parler depuis plus d'un an. Tout le monde savait, rien n'a été fait pour éviter ces dérapages, au contraire c'est à ces industriels boulimiques d'argent que les paquets fiscaux de fin 2007 étaient adressés, pour qu'ils se gavent un peu plus.
C'est d'autant plus révoltant que ces hausses touchent des produits de première nécessité. Des produits qui sont l'alimentation principale de ceux qui souffrent déjà le plus.
Ceux là qui faisaient déjà parfois moins d'un repas par jour, comment vont-ils faire ?
Ceux là, parmi les plus faibles, sont déjà exposés à la précarité du travail renforcé par les projets de réforme de Sarkozy. Ils sont tout autant exposés à la précarité du logement car un déménagement signifie pour la plupart d'entre eux une hausse faramineuse du loyer et pour beaucoup les loyers sont déjà difficiles à payer ... alors que faire en cas d'expulsion ?
Ceux là voient aussi les franchises médicales de 50€/an comme une barrière indépassable les éloignant d'une santé décente.
Et pendant ce temps ? Fillon décide, enfin, d'en discuter avec ses ministres maintenant que la situation est publique. Résultat : une commission, une opération "coup de poing" dont on ne sait rien et qui ressemble à s'y méprendre à une gesticulation médiatique de plus, et une "vérification de la hausse des prix", preuve supplémentaire de leur déconnexion totale des réalités de la vie des gens. Bref, une honte !
Et Sarkozy ? Il insulte des gens au salon de l'agriculture et bouffe au resto avec des candidats aux municipales. En 6 ans au pouvoir, il est responsable de la situation et n'a pas l'air de s'en émouvoir.
Information niçoise
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