CHOMAGE ET SEGREGATION URBAINE

Le chômage des jeunes est un fléau. Dans notre société moderne, il faut être ni trop jeune, ni trop vieux, pour prétendre à un emploi. Après le premier tour des municipales, les principaux représentants du gouvernement ont claironné qu’il fallait continuer les réformes parce que les chiffres sont là, implacables : le chômage baisse.

La baisse du chômage est bien réelle en effet, mais, on oublie de nous préciser que cette baisse repose pour l'essentiel sur des emplois de mauvaise qualité et que par ailleurs, elle ne profite que faiblement aux jeunes et aux moins-diplômés.

Enfin, ces chiffres flatteurs cachent des disparités territoriales criantes. Il faut observer les statistiques en fonction des lieux d’habitation, pour voir que le taux de chômage dans les zones urbaines sensibles (ZUS) sont de très loin plus élevées qu’ailleurs, et notamment en ce qui concerne les jeunes.

C’est ce que révèle le rapport 2006 de l'Onzus (Observatoire National des Zones Sensibles), relayé dans un article d'Alternative Economique du mois de février, insistant ainsi sur le fait qu'un enfant habitant et assurant une scolarité dans ces quartiers n'a pas la même chance de réussite qu'un autre enfant habitant le centre ville.

En effet, le taux de chômage des 15-24 ans atteint 42% en 2005 dans les ZUS contre 23% pour l'ensemble des jeunes.

Sans oublier que l'emploi des jeunes des ZUS est souvent plus précaire que pour les autres jeunes. Le faible niveau de qualification de ces jeunes en est la cause principale : un tiers des jeunes des ZUS ont arrêté l'école avant d'avoir obtenu un diplôme contre 16 % en moyenne pour l'ensemble des jeunes. Concernant les diplômés, ils ne sont que 23 % a avoir Bac + 2 ou plus contre 39% pour l'ensemble des jeunes.

Mais cet écart s'explique également par des origines familiales modestes : seul un jeune sur dix a au moins un de ses parents cadres soit trois fois moins que chez les autres jeunes. D'autre part, à peine la moitié des parents de ces jeunes sont nés en France ou étaient de nationalité Française à leur naissance.

Enfin, des facteurs plus subjectifs interviennent. Les jeunes de banlieue font l'objet de traitements inégaux à l'école, de façon inconsciente. Ils doivent faire preuve, plus que les autres, d'une véritable excellence scolaire pour se voir proposer des orientations en seconde générale puis dans les filières scientifiques. Les élèves de ZUS sont en effet, plus fortement orientés vers les filières professionnelles.

En plus des difficultés sociales et financières auxquelles doivent faire face les jeunes habitant dans les ZUS, vient s'ajouter la discrimination dès la formation initiale mais surtout lors de l'embauche : faciès, nom, adresse.

Enfin, l'enclavement de ces zones constitue un autre frein à l'emploi. La faible mobilité des jeunes est en handicap supplémentaire.

LE RETOUR-2 SUR LES ELECTIONS

Le 7 avril dernier, je vous livrais les résultats bruts des 2 bureaux de vote dans lesquels "Changer d'ère" avait dépassé les 50% des voix dans la triangulaire du second tour, et j'évoquais le retard à combler pour espérer un jour faire gagner la gauche à Nice.

Aujourd'hui, je voudrais revenir sur le résultat du 2ème Canton.

Certes, précédemment, les candidats n'étaient pas, à mon avis, désignés pour faire bien peur à Mr Icart. Candidature de témoignage, la gauche n'a jamais réalisé plus de 30%.

Cette fois, Yann LIBRATI anticipe :

  1. Pétition sur le commissariat Foch, bien avant les élections
  1. Ecoute de la population sur les réelles problématiques du quartier :


* mur antibruit sur la voie rapide

  • stationnement résident
  • subvention des doubles vitrages pour les résidents sur les voies de bus
  • écoeurement face aux marchands de sommeil
  1. Constitution d'un comité de soutien allant au-delà de la gauche traditionnelle, tracts ciblés, expliquatifs, (jettons nous des fleurs) une équipe de militants actifs, joyeux, toujours sur le terrain.

Pour avoir accompagné Yann en porte à porte, j'ai réalisé la justesse des thèmes de campagne auprès de la population.

Le commissariat Foch a toujours été défendu comme un service public rendu à la population en faisant aussi le rappel de la fermeture de 6 commissariats de quartier par la droite alors que la sécurité est leur fonds de commerce.

Campagne à front renversé, mais justifié par les réalités, taper sur le fonds de commerce de la droite car elle a failli, mais en défendant toujours nos valeurs de services publics (Police de proximité pour anticiper, en partenariat avec la population).

Puis dans un second temps revenir sur nos valeurs de gauche pour ne pas mettre son drapeau dans la poche.

J'y vois des clefs pour les campagnes futures.

Nous arrivons au second tour à 46-54 en faveur de Mr Icart, alors que se déroule le même jour les élections municipales que l'on sait. Que se serait-il passé si les deux élections avaient été découplées ?

Estrosi aurait fait reproche du résultat du second canton, Icart n'est même pas adjoint de la ville. Tel Denise Fabre sera-t-il le conseiller général élu pour le "rayonnement du 2eme canton" ?

Je passe tous les jours devant la permanence de Mr Icart, il a scotché une petite affiche remerciant son électorat d'avoir su: "déjouer la campagne de dénigrement et de désinformation de son adversaire"

Je bois chaque fois ces mots avec délice, faut-il qu'il est eu vraiment peur de passer à la trappe pour écrire de tels propos.

La prochaine fois, pour nous, ce sera la bonne.

  • Sans lien direct, sauf que ça concerne Yann aussi : vous trouverez bientôt sur ce blog les interventions et l'ambiance autour du premier vote d'un budget de la nouvelle municipalité. Des surprises se profilent et qui risquent d'être détonnantes. En tout cas, Estrosi a déjà montré son grand respect de la démocratie en escamotant le débat d'orientation budgétaire. Il ne risque pourtant pas d'être mis en minorité, et il est lui même le chef des deux exécutifs les plus puissants : la mairie et le département (au mépris d'ailleurs des Niçois et des Niçoises en même temps que de l'esprit de la loi). Il n'en a probablement rien à foutre, ou alors il sait déjà que ses promesses démagogiques seront intenables et qu'il faudra faire des choix qui lui coûteront des inimitiés ?

Banque centrale européenne, inflation et autorité politique

En Europe, la Banque Centrale Européenne est un interlocuteur de poids et une anomalie démocratique qui ferait passer la constitution du Sénat pour une concrétisation parfaite des principes de l'Athènes antique. Pour aller très vite, et c'est un des chevaux de bataille récurrent de la gauche européenne, la BCE est aujourd'hui indépendante de tout pouvoir politique démocratiquement élu et ne reçoit d'ordre de personne.

Depuis des années nous réclamons dans tous les lieux de débat européen que la BCE reçoive au moins une lettre de cadrage du parlement européen. Pas de quoi faire frétiller un révolutionnaire ! Mais les libéraux s'accrochent comme des arapèdes à la sacro-sainte indépendance de la BCE et sa croisade contre l'inflation : la seule et unique préoccupation de la BCE et de son président Jean-Claude Trichet est censée être la maîtrise de l'inflation (de la hausse des prix donc) en Europe.

Le terme est important, il s'agit bien de maîtriser l'inflation, et certainement pas d'augmenter le pouvoir d'achat global, ce qui pourrait passer par une baisse du chômage en Europe. C'est l'unique problème de la hausse des prix qui compte et, dans un contexte d'économie mondialisée, le président de la BCE a bien compris qu'un euro fort, très fort même ... trop disent certains, permet de réduire le prix des importations, le surcoût des exportations pouvant être contre-balancé par des baisses de salaires. En gros, si on pouvait aligner les salaires européens sur ceux des Chinois, Indiens, et autres petits enfants les produits que l'on importe, il aurait gagné.

Ce qui est drôle tout de même, c'est la conception à géométrie variable de l'autorité politique de la droite européenne :

Dès que se pose la question de l'autorité politique sur la BCE, on entend des cris d'orfraies annonçant l'effondrement du consensus européen et de la monnaie unique. Au secours !

Dès que quelqu'un évoque l'idée d'une harmonisation fiscale au niveau européen pour lutter contre le dumping fiscal, les mêmes se pâment : mais que fait-on de l'autonomie des nations européennes ?

Par contre, lorsque le président de la BCE se permet de dire que les mécanismes sociaux nationaux visant à maintenir un pouvoir d'achat décent aux travailleurs belges et luxembourgeois sont "inacceptables", avec quelle autorité parle-t-il ?

En tout cas, cela illustre parfaitement deux phénomènes des plus constants en Europe :

  • les parlementaires de droite sont plus prompts à parler justice sociale et pouvoir d'achat dans leur pays qu'à s'en donner les moyens dans la lointaine Europe (où ils sont majoritaires)
  • un des clivages indépassables entre la gauche et la droite est la place respective de l'homme et de l'économie : l'économie doit être et rester un outil au service de l'homme et de son projet de société.

Cette infâme main invisible des "lois du marché" à laquelle les libéraux veulent nous faire croire et nous soumettre est un mythe n'ayant pour seul but que de justifier leur projet de société injuste comme une nécessité scientifique alors qu'il ne s'agit que de permettre à quelques uns d'entre de se gaver et d'engranger toujours plus de richesse, tels des rats boulimiques dans une cave à fromages.

À force de voir des fraudeurs partout, on traite tout le monde comme des fraudeurs.

L'application de la loi Sarkozy du 24 juillet 2006 relative à l'immigration et à l'intégration commence à révéler son caractère rétrograde.

Cette loi a prévu le retrait automatique du titre de séjour en cas de disparition des conditions de délivrance : c'est ainsi qu'une Béninoise, Elisabeth Guerin, s'est vu refuser le renouvellement de sa carte de séjour à la mort de son mari français. Brice Hortefeux, ayant été alerté de ce refus à la lecture du journal Le Monde, a immédiatement demandé au préfet de régulariser la situation de Mme Guerin alors que:

  1. c'est la loi Sarkozy du 24 juillet 2006 qui a prévu le retrait automatique du titre de séjour en cas de disparition des conditions de délivrance ;
  2. c'est cette même loi qui a empêché Madame Guerin de devenir française au bout de deux ans de mariage, ce délai ayant été porté à quatre ans.
  3. C'est cette même loi qui l'a empêché de bénéficier d'une carte de résident de dix ans dès le début de son mariage et l'a contrainte à attendre trois années de vie commune, ce que la maladie ne lui a pas octroyé.

Rions de voir aujourd'hui ce proche de l'auteur de cette loi s'exclamer qu'un préfet qui l'applique très exactement commet “une erreur manifeste d'appréciation” quand son résultat est aussi inhumain.

Mais ce résultat est très précisément celui voulu par la loi. À force de voir des fraudeurs partout, on traite tout le monde comme des fraudeurs. Y compris la majorité qui ne l'est pas. Elle est là, l'erreur d'appréciation. Dans la loi elle même. Ayez au moins le courage de l'assumer, monsieur le ministre. Ça nous changera.

Ce billet est extrait de l'un des meilleurs blogs de la blogosphère, celui de Maître Eolas

Empêchons Sarkozy d'aller jouer à Rambo en Afghanistan

Quelle démocratie peut accepter que le président engage nos forces dans une guerre sans que les représentants du peuple aient leur mot à dire ?

Quelle démocratie peut tolérer que le Président change la stratégie d’autonomie suivie depuis cinquante ans par la France vis-à-vis de l’OTAN sans en saisir le Parlement ?

Au mépris de son positionnement pendant la campagne présidentielle, Sarkozy entend aligner la politique militaire de la France sur celle de l'axe Américano-britanique, et il entend le faire avec sa méthode usuelle : au forceps. Il va discourir devant le congrés américain des choix stratégiques de la France. Sa proximité idéologique et amicale avec G.W. Bush est plus qu'inquiétante. Il enfonce enfin le clou, à Wesminster, en réservant la primeur de l'annonce d'un envoi de troupe aux députés britaniques !

Les décisions stratégiques et militaires françaises ne valent pas un débat avec le peuple français, mais valent bien les honneurs anglo-saxons ! Ce sont certes des alliés, mais Sarkozy a dû oublier qu'il n'était pas le propriétaire de la France mais le représentant des Français.

Dans la suite du billet, vous pouvez lire le discours de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, motivant le dépot d'une motion de censure pour qu'enfin les représentants du peuple s'expriment sur une réorientation brutale de la stratégie internationale de notre pays.

On verra quels seront les choix des députés à ce moment là, qui cautionne la mise de la politique militaire française sous tutelle américaine, qui cautionne l'envoi de troupes dans ce qui est en train de devenir un bourbier comparable à celui du Vietnam.

  • Sans aucun lien, je veux exprimer ici l'émotion et la tristesse ressenties par tous les camarades de la section lors du terrible accident qui a coûté la vie à une jeune joueuse du Cavigal ainsi qu'à un automobiliste qui leur portait secours, et a grièvement blessé trois autres. Toutes nos pensées vont à leurs familles. Une pensée particulière pour Alain et sa fille, Lola, dont nous espérons le meilleur rétablissement possible. Vous pouvez compter sur nous dans l'épreuve que vous traversez.

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