CHOMAGE ET SEGREGATION URBAINE
Par Sabine, mardi 15 avril 2008 à 10:27 :: Débats :: #335
Le chômage des jeunes est un fléau. Dans notre société moderne, il faut être ni trop jeune, ni trop vieux, pour prétendre à un emploi. Après le premier tour des municipales, les principaux représentants du gouvernement ont claironné qu’il fallait continuer les réformes parce que les chiffres sont là, implacables : le chômage baisse.
La baisse du chômage est bien réelle en effet, mais, on oublie de nous préciser que cette baisse repose pour l'essentiel sur des emplois de mauvaise qualité et que par ailleurs, elle ne profite que faiblement aux jeunes et aux moins-diplômés.
Enfin, ces chiffres flatteurs cachent des disparités territoriales criantes. Il faut observer les statistiques en fonction des lieux d’habitation, pour voir que le taux de chômage dans les zones urbaines sensibles (ZUS) sont de très loin plus élevées qu’ailleurs, et notamment en ce qui concerne les jeunes.
C’est ce que révèle le rapport 2006 de l'Onzus (Observatoire National des Zones Sensibles), relayé dans un article d'Alternative Economique du mois de février, insistant ainsi sur le fait qu'un enfant habitant et assurant une scolarité dans ces quartiers n'a pas la même chance de réussite qu'un autre enfant habitant le centre ville.
En effet, le taux de chômage des 15-24 ans atteint 42% en 2005 dans les ZUS contre 23% pour l'ensemble des jeunes.
Sans oublier que l'emploi des jeunes des ZUS est souvent plus précaire que pour les autres jeunes. Le faible niveau de qualification de ces jeunes en est la cause principale : un tiers des jeunes des ZUS ont arrêté l'école avant d'avoir obtenu un diplôme contre 16 % en moyenne pour l'ensemble des jeunes. Concernant les diplômés, ils ne sont que 23 % a avoir Bac + 2 ou plus contre 39% pour l'ensemble des jeunes.
Mais cet écart s'explique également par des origines familiales modestes : seul un jeune sur dix a au moins un de ses parents cadres soit trois fois moins que chez les autres jeunes. D'autre part, à peine la moitié des parents de ces jeunes sont nés en France ou étaient de nationalité Française à leur naissance.
Enfin, des facteurs plus subjectifs interviennent. Les jeunes de banlieue font l'objet de traitements inégaux à l'école, de façon inconsciente. Ils doivent faire preuve, plus que les autres, d'une véritable excellence scolaire pour se voir proposer des orientations en seconde générale puis dans les filières scientifiques. Les élèves de ZUS sont en effet, plus fortement orientés vers les filières professionnelles.
En plus des difficultés sociales et financières auxquelles doivent faire face les jeunes habitant dans les ZUS, vient s'ajouter la discrimination dès la formation initiale mais surtout lors de l'embauche : faciès, nom, adresse.
Enfin, l'enclavement de ces zones constitue un autre frein à l'emploi. La faible mobilité des jeunes est en handicap supplémentaire.
Le 7 avril dernier, je vous livrais les résultats bruts des 2 bureaux de vote dans lesquels "Changer d'ère" avait dépassé les 50% des voix dans la triangulaire du second tour, et j'évoquais le retard à combler pour espérer un jour faire gagner la gauche à Nice.

Information niçoise