Développement économique et bien être
Par Sabine, mercredi 21 mai 2008 à 11:28 :: Environnement :: #365 :: rss
Notre modèle de croissance économique pose de plus en plus fortement le problème de son impact sur l’environnement. Par ailleurs, il semble que les progrès du bien être soient de moins en moins corrélés avec le niveau de croissance économique.
Alternative économique, s’appuie sur des données du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) pour montrer cette déconnexion, au delà d’un certain seuil de richesse, entre la notion de bien être et le PIB des pays.
Trois mesures du bien être sont analysées.
D’abord le bien être subjectif, qui est mesuré par des enquêtes d’opinions, permet une analyse entre pays et une mesure de son évolution dans le temps.
La comparaison par pays montre qu’au delà d’un PIB par habitants supérieur à 15000 dollars, il n’y a plus de corrélation entre le niveau de satisfaction des habitants et le PIB des Pays.
Si l’on compare dans le temps, en France par exemple, alors que le PIB a fortement progressé entre 1973 et 2005, le bien être subjectif a stagné à un niveau assez bas, autour de 6,6 / 10.
Lorsque l’on observe des critères plus objectifs, tels que l’espérance de vie ou l’accès à l’éducation, le même constat est fait.
Si la croissance s’est bien accompagnée dans le passé d’une progression de l’espérance de vie, on peut douter aujourd’hui de tels effets. Ainsi, un pays comme le Chili, dont le PIB est 2 à 3 fois moins élevé que celui des pays riches, a une espérance de vie identique, autour de 78 ans.
On rentre ici dans un débat de fond qui concerne le système de protection de la santé, plus ou moins inégalitaire selon les pays.
La disparition de toute corrélation au delà d’un certain seuil de richesse, prouve que l’on peut atteindre les mêmes résultats dans ces domaines, avec moins de richesse économique.
Maintenant, si l’on compare richesse et durabilité environnementale, les constats sont inquiétants, car les variables de développement économique utilisés jusqu’ici font totalement abstraction de la notion de durabilité.
La comparaison entre émission de CO2 par habitants et PIB montre cette fois une forte corrélation, linéaire cette fois. Si l’on raisonne au cours du temps, la croissance économique reste bien le grand facteur explicatif de la croissance des émissions de CO2 et du réchauffement climatique. On estime actuellement que la moyenne actuelle des émissions des pays riches est 5 fois supérieure à ce qu’il faudrait atteindre pour préserver les générations futures.
Ces objectifs de réduction drastique peuvent ils être envisagés aujourd’hui avec le maintien d’une économie réorientée comme certains l’espèrent, en s’appuyant sur les progrès de la technologie, ou bien, faudra-t-il raisonner autrement ?
Information niçoise
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