En direct du Conseil Municipal de Nice du 30 mai 2008

Grâce à nos émissaires dans l'assistance de l'assemblée municipale, vous voici plongés en direct du Conseil Municipal de Nice du vendredi 30 mai 2008. Vous pouvez trouver l'ordre du jour du conseil en ligne ici.

8h15 : Le conseil municipal débute, comme d'habitude, avec 15 minutes de retard, sans un seul mot d'excuse de la part de Christian Estrosi.

09H : la majorité sèche, mais va quand même à la plage

Bonne intervention de Rémy Gaechter sur les "coupons" sport supprimés par le gouvernement qui étaient d'un montant de 32 euros. Rémy propose au Maire de pallier localement à ce manque et se voit opposer une réponse agressive du Maire qui ne veut pas parler de politique nationale -ce qui est nouveau- "qui s'est fixé un cap et qui ne compte pas sortir de ce cap" (sic), etc.

Sérieusement mis en difficulté, Christian Estrosi, reproduit les comportements de Jacques Peyrat sous le mandat précédent, et coupe le micro pour stopper l'argumentation de l'opposition. Triste réalité de la démocratie locale qui suscite l'indignation du public présent.

Intervention de Yann Librati pour mettre des toilettes décentes sur les plages, qui ne soient pas des baraques de chantier. Sophie Duez insiste sur la gratuité des toilettes publiques, Frédérique Grégoire-Concas propose la mise en place d'une consigne sur les plages pour les usagers.

Réponse favorable du Maire et rire dans la salle lorsque Sophie rappelle que Président, Ministre ou citoyen, nous sommes tous confrontés aux mêmes besoins .....

Interpellation du Maire par Marie-Luz Hernandez-Nicaise et Yann Librati. Marie-Luz a dû annuler une commission d'appel d'offre car les conseillers de la majorité n'ont pas jugé utile de se déplacer, ce qui a eu pour effet de bloquer la commande publique. Yann alerte le Maire sur un comportement similaire lors de la dernière Commission des Finances : 15 conseillers sur 17 de la majorité ont séché. Profil bas du Maire, surtout quand Yann lui rappelle le couplet de son conseiller Tordo sur les mérites de la démocratie représentative face aux principes de démocratie participative (une lettre ouverte de Yann Librati à Christian Estrosi sera publiée très vite).

10H : débat sur la gare routière, haro sur Mac Do

Proposition est faite de déplacer la gare routière et, par la suite, de supprimer le parking du paillon et les jardins suspendus (qui n'ont jamais étés utilisés) pour construire un grand espace ... vert ?

C'est une bonne chose qui redonnerait une perspective visuelle là où l'on en manque cruellement dans notre ville qui a pourtant des façades magnifiques. Il nous faudra néanmoins attendre jusqu'en 2014 avant que cela ne commence à voir le jour car une délégation de service public à Vinci court jusque là.

C'est une bonne chose, mais encore faut-il proposer un autre parking pour les résidents du Vieux Nice. A cet endroit, faut-il le préciser, creuser est impossible car, en dessous, il y a le Paillon, d'où le nom du parking actuel.

Il faut faire attention à l'endroit où nous installerons la future gare routière. Selon le choix du site, l'impact sur les déplacements intra-urbains ne sera pas le même. L'objectif doit être d'augmenter la part des déplacements faits en transports en commun.

Enfin, il faut faire cesser l'occupation illégale du domaine publique par le Mac Drive du Paillon. Les contribuables ont largement investi pour fluidifier le trafic à cet endroit (tunnel sous terrain, aménagement du tramway, ...) et le Mac Drive, sans jugement sur la qualité de l'endroit, génère des bouchons incessants.

Réponse de Ciotti : il dit que nous avons raison et qu'il veut fermer le Mac Drive dans un premier temps, le Mac Do dans un deuxième.

Commentaire personnel : leurs clients pourront toujours retrouver le vrai goût d'une bonne Socca servi juste en face, et d'un excellent Kebbab la nuit. Et oui, contrairement à certains discours trop étriqués, on peut prendre du plaisir avec une Socca et un Kebbab.

A noter, lors d'une digression sur les transports, Christian Estrosi perd son sang froid et pète les plombs en menaçant les représentants de la collectivité régionale. Il invective Patrick Allemand, 1er vice président du Conseil Régional : "On obtiendra de la Région la réalisation de la ligne 3 ou on la fera plier". Serein, le président du groupe Changer d'Ere fait remarquer à Christian Estrosi que les termes employés sont proprement inacceptables. Lui demandant de modérer ses propos, il lui indique qu' "on ne fait pas plier une collectivité territoriale, on négocie avec elle".

11H : l'avenir de la Libé en jeu

Intervention de Marie-Luz sur le devenir de la médiathèque du quartier de la Libération. Elle souligne à travers une intervention très bien construite toute l'importance de cet équipement de proximité. Marie-Luz attaque avec force la réalisation de ces étales verdâtres du marché pour les maraîchers qui vont défigurer notre Ville et qui coûte 1,2 M d'euros.

Elle alerte le Maire sur le fait que l'entreprise qui a effectué le démontage a un engagement de trois ans pour reconstruire. Au delà, elle n'aura plus d'obligation légale et le risque de le faire faire par une autre entreprise, c'est que ce soit très mal fait ! D'après Marie-Luz, ce délai de trois ans est très court et il faut agir vite.

Que va-t-on faire à cet endroit ? Un commissariat ? Une salle de video surveillance ? Ou un équipement sportif de proximité, attendu avec impatience par les riverains ?

De manière globale, il s'agit de repenser toute l'organisation de ce quartier qui décrie unanimement l'ensemble des projet du Maire précédent.

12H : Estrosi n'assume pas et s'énerve

Intervention musclée à propos du chantier, urgent, de la rénovation du Mamac dont les dalles menacent tous les jours de tomber sur les passants. Yann Librati avait fait plusieurs interventions sur le sujet lors des conseils précédents.

Aujourd'hui, c'est Frédérique Grégoire-Concas qui s'y colle et qui énerve notre Maire-député-deux-fois-président qui est obligé de reconnaître qu'il n'a pas budgeté une rénovation dont la maîtrise d'oeuvre est déjà attribuée à la suite d'une longue et coûteuse expertise.

Marie-Luz intervient en appui pour dénoncer ce gâchis dangereux pour les finances et les Niçois.

Colère du Maire qui nous dit qu'il n'est là que depuis 60 jours et que ce serait de notre faute, à nous, l'opposition, car nous aurions accepté cet état de fait !

Réponse énervée de Yann : "Depuis dix ans notre opposition est frontale ! Par contre, vous, vous étiez aux abonnés absent. Et Peyrat, c'était votre couleur politique !"

Estrosi : "il ne vous a pas échappé, Monsieur Librati, que Monsieur Peyrat était candidat contre moi."

Réponse de Yann : "Certes, au moment des élections ! Alors que le mal était fait. Mais sinon, pendant dix ans, Estrosi dans la vile c'était silence radio !"

Silence gêné dans la salle. Estrosi parle de la mauvaise image de Yann qui répond qu'il assume.

L'annulation d'un mariage à Lille pour mensonge sur la virginité de l'épouse

Le 1er avril dernier le TGI de Lille a annulé un mariage "pour erreur sur les qualités essentielles" de la conjointe car celle-ci avait menti sur sa virginité.

Cette décision suscite une vie polémique. La philosophe Elisabeth Badinter s'est déclarée "ulcérée" par cette décision. Elle a déclaré avoir "honte" pour la justice française.

Le PS a dénoncé un jugement "atterrant" qui "bafoue le droit des femmes à disposer de leur corps et à vivre, librement, comme les hommes, leur sexualité", et le PCF l'a qualifiée de "scandaleuse". L'association Ni putes ni soumises a évoqué de son côté une "régression", exprimant son amertume "de savoir qu'en France la virginité peut être considérée comme une 'qualité essentielle'" et a réclamé un changement législatif.

A lire également le billet Honte au TGI de Lille ! de Dominique BOY-MOTTARD, conseillère générale du 7ième canton à Nice, qui estime que "l’argumentation juridique importe peu" et conclut en citant les propos d'Elisabeth Badinter exprimés sur France Inter .

À contre-courant des réactions indignées des mouvements féministes, associations antiracistes et laïques mais aussi de l'UMP, Rachida Dati a jugé que «le fait d'annuler un mariage est aussi un moyen de protéger la personne qui souhaite peut-être se défaire du mariage».

La ministre a par ailleurs fait valoir que «cette jeune fille a souhaité également, sans doute, se séparer assez rapidement». Elle a en outre rappelé que les époux concernés étaient tous les deux «d'accord». Ces questions ont un écho tout particulier pour Rachida Dati qui a eu à les éprouver à titre personnel. En effet, elle a fait annuler son propre mariage, «décidé sans le vouloir», selon ses propos dans le livre Je vous fais juge, qu'elle a publié chez Grasset en 2007.

A contre-courant également Maitre Eolas estime dans son billet N'y a-t-il que les vierges qui puissent se marier ? que :

Ce jugement ne dit absolument pas que le mariage d'une femme non vierge est nul, ni que la virginité est une qualité essentielle de la femme. Il dit ceci et rien d'autre. Madame Y… a menti à Monsieur X… sur un point qu'elle savait très important pour lui. Elle savait que si Monsieur X… avait su la vérité, il ne l'aurait probablement pas épousé. Et d'en tirer les conséquences légales que lui demandent les deux époux dans ce qui après tout est leur vie.

Là où les indignés des micros se muent tous en Tartuffe, c'est quand on se demande ce qu'il serait advenu en cas de rejet de la demande. Ces époux seraient-ils restés mariés et auraient-ils vécu heureux avec beaucoup d'enfants ? Non, ils auraient divorcé. Par consentement mutuel, puisqu'ils étaient d'accord pour se séparer. Consentement mutuel qui exclut que soient abordés les raisons du divorce. Donc dissolution du mariage, mais l'honneur est sauf : on ne saurait pas pourquoi.

Quant à moi, je rejoins l'un des 500 commentaires (au moment où j'écris) du billet de Maître Eolas qui souligne que l'obsession croissante de la virginité n'est pas prope aux musulmans. Il ne faudrait tout même pas oublier la religion catholique qui n'est pas en reste sur le sujet. Au-delà du jugement du TGI de Lille que Maître Eolas a parfaitement résumé, c'est cette obsession croissante de la virginité qui est déplorable.

L'article 14 de la déclaration de principes du Parti Socialiste qui énonce que Le Parti socialiste est féministe et agit en faveur de l’émancipation des femmes. est plus que jamais d'actualité.

DIX QUESTIONS POUR UN CONGRES, PAR FRANCOIS HOLLANDE

Dans Le Monde du jour, le camarade premier secrétaire détermine 10 grandes questions auxquelles les socialistes devront selon lui répondre au moment du Congrès de Reims. Il considère, comme tant d'autres militants, que les décisions de personnes et de leadership doivent être réglées au terme d'un débat et non à son commencement. Il juge que la gauche n'a pas simplement à préparer une victoire électorale, mais qu'elle doit surtout mener une offensive idéologique et faire la démonstration, notamment auprès des couches populaires et moyennes, que ce sont ses valeurs, ses propositions et ses méthodes qui correspondent aux aspirations de la France dans le monde tel qu'il est. Selon lui, l'enjeu du congrès consiste à relever trois défis : le projet, la stratégie et les rôles respectifs du parti et du candidat.

Dix questions pour un congrès, par François Hollande...

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Conseil municipal de Nice le 30 mai 2008

Comme d'habitude, vous pourrez trouvez sur notre site l'ordre du jour du conseil municipal de Nice qui aura lieu vendredi 30 mai.

Et parce qu'il faut savoir ne pas être humble quand on est très fier, je voulais ici souligner l'importance que revêt la publication de cet ordre du jour, autrement quasiment impossible à trouver : chaqu'un des ordres du jour que nous avons mis en ligne a été téléchargé plusieurs centaines de fois, la palme allant à celui du conseil du 2 février 2007 qui totalise près de 2 000 consultations !

Et bien à tous ceux à qui cela a rendu service ou contribué à se forger une opinion libre, je vous engage à diffuser l'information et participer aux débats sur la vie publique niçoise. Notre démocratie locale en a trop besoin !

Pétrole : Nous sommes des enfants gâtés

Après les débats de samedi dernier et, plus généralement, ceux que nous organisons régulièrement sur ce thème qui est la marotte de Yann, rien n'est à enlever de ce que raconte Jean-Marc Jancovici dans l'interview qu'il a donné à Libération.

Aujourd'hui se lance le débat sur la fiscalité du pétrole. Le contexte, c'est l'injustice de la flambé spéculative du brut qui fait le bonheur de Total et qu'il faudra prendre en compte. C'est aussi les drames que peuvent vivre certains professionnels dans l'impossibilité économique de se défaire du gazoil seuls et que les mécanismes de redistribution devront soulager.

Mais le contexte, c'est surtout cette révolution culturelle, industrielle et sociétale à mener impérativement, non pas pour la planète que nous laisserons aux générations à venir comme c'est trop souvent seriné en minimisant l'urgence de l'enjeu, mais simplement pour la survie économique de nos sociétés et de leurs capacités à assurer une justice sociale. Il faut insister sur le très court terme dont il s'agit : puisqu'on parle maintenant de quelques dizaines d'années avant la fin des énergies fossiles, la situation sera dramatique dans les années à venir, en commençant par les plus faibles d'entre-nous, et ce ne sont pas les marins pêcheurs qui diront l'inverse.

Jean-Marc Jancovici est consultant, spécialiste des questions d’énergie et de pétrole. Membre du comité de veille écologique de la fondation Nicolas Hulot, ce polytechnicien a participé au groupe «climat» du Grenelle de l’environnement. Avec Alain Grandjean, il a publié en 2006 Le plein, s’il vous plaît ! (Le Seuil), un ouvrage iconoclaste et instructif sur la dépendance au pétrole.

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