Sarkozy : l'économie à neuneu pour les riches ?
Par Hervé, mercredi 3 septembre 2008 à 14:29 :: Révolte ! :: #437 :: rss
- L'emploi intérimaire a augmenté deux fois plus en 2007 qu'en 2005 et 2006 (sur Rue89)
Avec 637 900 équivalents-emplois à temps plein, l’emploi temporaire a atteint un record l’an dernier, progressant de +5,8 % en 2007, soit deux fois plus que les deux années précédentes. C’est ce qu’indique une étude du ministère du travail publiée le 2 septembre. En 2007, 3,6 % des salariés étaient intérimaires et plus de 17 millions de contrats d’intérim ont été signés.
- Les petits épargnants paieront le RSA, pas les « capitalistes » (sur Rue89)
Mécaniquement, les seuls Français sollicités pour mettre en oeuvre la solidarité nationale ne seront pas les plus riches. C’est le principe du bouclier fiscal : il plafonne à 50% le total de la fiscalité qui peut peser sur les revenus d’un contribuable. Pour eux, le prélèvement supplémentaire de 1,1% prévu par le gouvernement ne s’ajoutera pas.
- Et si le patron de la Poste voulait privatiser son entreprise avant tout pour gagner plus?
(extrait du blog économique "Les cordons de la bourse" par Nicolas Cori, journaliste à Libération.)
Quel est le salaire de Jean-Paul Bailly (PdG de La poste) ? Officiellement, aucun chiffre ne circule. Seule indication, une indiscrétion de l’Express reprise par le Quid, datant de 2005, et qui faisait le point sur les salaires des dirigeants d’entreprises publiques: en 2004, Bailly aurait gagné 360 000 euros par an. Un tel chiffre semble très vraisemblable. Et on peut parier que cette somme n’a pas beaucoup variée depuis.
En revanche, la rémunération des patrons des entreprises publiques qui sont entrées en Bourse a connu une toute autre évolution. Et là, les chiffres sont publics.
Prenons Jean-François Cirelli, PDG de GDF, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, et nommé à la tête du groupe gazier en 2004. Cette année là, le classement de l’Express le place derrière Bailly, avec 267 576 euros par an. En 2005, première forte progression: la rémunération passe à 357 257 euros (avec un petit bonus de 35 000 euros). En 2006, nouveau bond à 432 282 euros. Cette fois-ci, le bonus est monté à plus de 100 000 euros. En 2007, la progression est plus modeste. On passe à 455 324 euros. Résultat, en à peine trois ans, sa rémunération a progressé de 70%. Et ce n’est pas surement pas fini, en raison de la fusion avec Suez. On n'imagine pas que Cirelli, bien que dg du nouvel ensemble, ne soit pas traité aussi bien que le PDG Gérard Mestrallet (2,7 millions d’euros en 2007 sans compter les stock-options).
Autre exemple, celui de Pierre Gadonneix, un profil proche de celui de Bailly. Il a fait toute sa carrière dans le public (notamment en étant patron de GDF de 1996 à 2004). En 2004, il est nommé PDG d’EDF alors qu’il est proche de l’âge de la retraite (il est né en 1943). Sa rémunération est alors de 468 676 euros par an. En 2005, on passe à 549 660 euros, en 2006 à 807 155 euros, et en 2007 le million est dépassé: 1 055 731 euros. Soit, en trois ans, un doublement de son salaire, là aussi grâce à une augmentation importante du bonus (la partie variable de la rémunération).
A l’heure où Bailly fait campagne pour privatiser la Poste, on peut parier qu'il a en tête tous ces chiffres.
(lire aussi "La Poste privatisée : un avant-goût assez amer" sur Rue89).
Information niçoise
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