Notre camarade Florence a mis en ligne sur son blog un jukebox de vidéos d'interventions des élus de Changer d'Ere lors de ce conseil municipal.

Gros morceau de ce conseil municipal : le passage de la communauté d’agglomération en communauté urbaine.

Patrick Allemand a rappelé avec force que la méthode employée, sans aucune concertation de la population, n’était pas convenable et qu’il y avait de profondes lacunes en matière de fonctionnement démocratique. En effet, les citoyens n’ont reçu aucune explication (pas la moindre lettre justifiant la démarche), ce qui dénote une absence totale de transparence sur un dossier ô combien important pour l’avenir de notre ville et du territoire concerné.
Aussi, le vote qui intervient et qui ne porte pas sur le principe de la création d’une communauté urbaine mais sur ses modalités d’organisation et de fonctionnement aboutit au résultat suivant : la majorité vote pour, les 2 élus communistes votent contre et les 2 élus Verts et les 6 élus socialistes s’abstiennent. Patrick Allemand a insisté sur le fait que les populations devaient être respectées et que l’on ne pouvait escamoter de cette manière le débat démocratique dans chaque commune en décidant en catimini un transfert de compétences (voirie communale, équipements collectifs sportifs et culturels, logement, politique de la ville, prévention de la délinquance, gestion des sols, cimetières) bien lourd de conséquences.

Christian Estrosi se perd dans des explications embrouillés où il déclare entre autres : « Si je me trompe, je peux essayer de vous convaincre » (sourires dans la salle) ou bien « l’hégémonie n’est pas de mise pour moi » (un peu fort de café pour quelqu’un qui est déjà maire de la cinquième ville de France, président du conseil général, député, président d’une communauté d’agglomération qui deviendra bientôt communauté urbaine pour moitié du département, secrétaire général adjoint de l’UMP à qui l’on prête des intentions ministérielles… les Niçois et les habitants de cette future communauté urbaine jugeront sur pièces de la volonté non hégémonique de Christian Estrosi.



Deuxième sujet qui emporte la polémique dans ce conseil municipal : la cérémonie de PACS en mairie. Frédérique Grégoire Concas rappelle que la gauche, à l’initiative de cette loi en 1999, ne peut que se réjouir que cette cérémonie puisse revêtir aujourd’hui une dimension encore plus forte par une célébration officielle en mairie.
Elle place Christian Estrosi en face de ses responsabilités et de ses contradictions en lui rappelant ses déclarations outrancières au moment des débats parlementaires sur le PACS où il déclarait notamment : « Ce projet est pernicieux car il déstabilise la société ». Christian Estrosi fait profil bas et lui répond : « jubilez, jubilez, jubilez si ca vous fait du bien. J’ai eu tort et je le reconnais. J’ai beaucoup réfléchi. J’ai eu tort. J’ai eu tort ». Son intervention n’a pour but que de couper la parole de l’élue d’opposition. Nous rappellerons donc ici la violence inouïe des propos de Christian Estrosi lors de ce débat parlementaire :

  • 3 novembre 1998 : « Nous reviendrons et nous l'abolirons ! ». Il avait donc menti. Tant mieux.
  • 7 novembre 1998 : « Vous avez créé un monstre juridique… Le gouvernement socialiste remet aujourd'hui en cause cet héritage inestimable alors que l'institution du mariage organise notre vie sociale depuis des siècles… Ce projet est pernicieux car il déstabilise la société. Alors que des jeunes n'ont plus de valeurs, que de plus en plus jeunes, ils tuent, violent, volent pour un oui ou pour un non, vous faites perdre encore un peu plus les repères à ceux qui en ont le plus besoin, ceux qui sont en devenir. »
Si Estrosi reconnaît qu’il s’est trompé, nous en sommes ravis, s’il déjuge aujourd’hui la violence des propos de son camp (), nous ne pouvons que nous dire que seuls les idiots ne changent pas d’avis. Christian Estrosi le rappelle lui-même dans son intervention : il a eu tort. Dont acte.

Gros bémol toutefois quand à la fin de ce débat, Frédérique Grégoire Concas lui demande d’aller dans le même sens que cette initiative pour le progrès et l’égalité en se prononçant, comme la gauche le demande, pour le mariage homosexuel. Réponse d’Estrosi : « non merci, qui d’autre veut s’exprimer ». A vouloir chasser le naturel, il revient toujours au galop…