LA CRISE FINANCIERE REORIENTE LE DEBAT AU PS
Par Bob, jeudi 9 octobre 2008 à 13:28 :: Congrès :: #465 :: rss

Dans son édition quotidienne du 9 octobre, le journal gauchiste Le Figaro revient sur le congrès du Parti Socialiste et sur l'analyse critique du libéralisme dans les différentes motions... Ci-dessous l'article qui rend compte de certains revirements ou de différents positionnements dans les 4 principales motions soumises au choix des adhérents en vue du Congrès de Reims...
Malheur à ceux qui ont manié le mot «libéral», Bertrand Delanoë en tête. Au printemps, dans son livre De l'audace, le maire de Paris pensait paraître moderne en se déclarant «socialiste» et «libéral» politiquement et philosophiquement. Depuis, la crise financière est passée par là, et le mot, qui pouvait prêter à confusion, a disparu de ses discours. Ainsi que de ceux de Ségolène Royal, qui se présentait comme blairiste il y a deux ans. Maintenant, elle demande l'interdiction des licenciements pour une entreprise bénéficiaire qui délocalise son activité.
Au PS, à moins d'un mois du vote sur les motions pour le congrès de Reims, on discute désormais moins de la «nature du parti» que de la remise en cause du système capitaliste. Les nationalisations bancaires en cascade ont marqué le retour de l'État. Du pain béni pour les socialistes qui pensaient avoir perdu la bataille idéologique.
Les discours aux accents de gauche de Nicolas Sarkozy placent cependant le PS dans une situation ambiguë : si les socialistes sont d'accord sur les mots, ils ne lui font pas confiance sur les remèdes. «Ce qui s'effondre aujourd'hui, c'est une partie de ce que vous appeliez la bataille idéologique, c'est-à-dire le libéralisme économique», a lancé François Hollande mercredi à l'Assemblée lors du débat sur la crise.
Les tenants d'une ligne plus à gauche au sein du PS sentent-ils leur analyse renforcée par la faillite du système ? «C'est vous qui le dites», élude Martine Aubry quand on lui pose la question. Mais la maire de Lille ne manque pas de souligner ses différences avec Bertrand Delanoë : «Il dit : “je suis pour le libre-échange dans tous les domaines”, moi je préfère un juste échange, pour aider les pays du Sud mais aussi pour garantir nos activités et éviter nos licenciements». Dans l'entourage de Delanoë, on trouve «malhonnête» la polémique sur ce terrain. «Il faut être sérieux», estime le président du groupe à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault. D'ailleurs, tous les députés ont reçu un argumentaire pour leurs réunions publiques sur la «faillite du libéralisme». Mercredi, la direction du PS s'est aussi réunie en «séminaire de travail» sur la crise.
Mais, au PS, le plus en phase avec la dénonciation du libéralisme, c'est le député européen Benoît Hamon, candidat au poste de premier secrétaire. Il y a deux mois, il n'était qu'un renfort. Aujourd'hui, il est l'objet de toutes les attentions. Mardi soir, lors du débat sur les motions à Paris, chacun a eu un mot aimable à son égard. Pour autant, Benoît Hamon et sa volonté de «restreindre le libre-échange» ne plaisent pas à tout le monde. «Le risque est de déplacer le curseur du congrès vers un populisme de gauche», craint Ayrault.
À la gauche du PS, le discours est radical. On ne fait pas confiance à Nicolas Sarkozy pour résoudre la crise du capitalisme. Partisan de Hamon, Pascal Cherki n'y va pas de main morte : «C'est comme demander à Marc Dutroux de lutter contre la pédophilie ou à Pablo Escobar de lutter contre le trafic de drogue.»
Le Figaro du 9 octobre 2008

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