Ce fut ensuite au tour de Jacques Sapir d’intervenir sur la question du libre échange.

Selon lui, l’absence de protections est en grande partie responsable de la crise actuelle car à l’origine de la stagnation des salaires dans le monde occidental, stagnation ayant entrainé entre autres l’insolvabilité des ménages américains. Au passage, il souligne que le nouveau prix Nobel Paul Krugman et auteur il y a quelques années de « la mondialisation n’est pas coupable », admet aujourd’hui la pertinence de cette thèse.

L’économiste s’étonne des accusations dont font encore l’objet les défenseurs des restrictions au libre échange tel que Benoît Hamon et regrette l’interdit religieux sur cette question. Il rappel donc que la crise de 1929 était avant tout due à l’effondrement du système des paiements et que l’absence d’entraves au commerce international n’avait pas empêché la Première guerre mondiale.

Selon lui, le retour à une forme de protectionnisme est absolument indispensable : « Il faut dire aux pays émergents : si vous allez vers des normes sociales et environnementales acceptables, alors nous baisserons nos tarifs douaniers »

Il conclut son intervention par un pronostic pour le moins pessimiste : « Si les plans mis en place ne suffisent pas, nous irons tout droit vers une crise monétaire à cause de la dette américaine qui risque de faire plonger le dollar »

L’intervention de Bernard Maris (beaucoup plus courte, l’IEP n’ayant finalement accordé que deux heures au lieu de trois aux intervenants) s’est articulée autour d’une problématique plus politique. Pour lui, il y a là une véritable opportunité pour la gauche à se saisir de ces enjeux, mais si elle ne le fait pas, la droite serait bien capable de rafler la mise par un tour de passe passe.

Henri Emmanuelli a ensuite pris la parole brièvement. Il considère que le plan Sarkozy n’apporte rien et constitue un risque important pour nos finances publiques, avouant qu’il a été tenté de voter non.

Benoît Hamon a conclu la séance par un retour sur l’optimiste incroyable de la droite et des médias depuis deux jours pour un plan qu’il a qualifié de « Loi d’amnistie qui efface la dette de jeu sans changer les règles ». Concernant le congrés, il a répété que "rien ne serait pire pour le PS que son action se confonde avec celle de ceux qui veulent renflouer un système, sauver un monde qui s’éteint inexorablement".