Article de Nice Matin du jour : la gauche propose des pistes pour améliorer la situation de Nice face à la pollution.

Innover en matière d'environnement.
Yann Librati, conseiller municipal d'opposition, apporte de l'eau au moulin du député-maire Christian Estrosi qui veut faire du département un laboratoire du Grenelle de l'environnement (notre édition du 3 octobre). Il propose de tester à Nice un béton dépolluant capable d'absorber les gaz d'échappement et de peindre en blanc les toits-terrasses pour limiter l'absorption des rayons solaires.

« J'ai saisi le maire par courrier, explique l'élu socialiste, afin que soit testé en ville le béton dépolluant ». Ce matériau absorbe les gaz néfastes des pots d'échappement.

Comment ?
Les rayons du soleil, en frappant la chaussée, activent des particules de dioxyde de titane incluses dans le ciment, lesquelles neutralisent, grâce à des réactions chimiques, une partie du CO2 et autres gaz rejetés par les véhicules. Ce ciment mangeur de pollution a été testé par la Ville de Vanves, en région parisienne. Et l'élu niçois incite la municipalité à lui emboîter le pas.

« Je ne dis pas que c'est une solution miracle, mais en matière de réduction de la pollution, toutes les initiatives doivent être étudiées. On pourrait déterminer un axe niçois qui supporte beaucoup de trafic et y tester ce ciment. »

Des toits blancs

Autres pistes à explorer : l'utilisation de peinture blanche sur les toits terrasses. Idée saugrenue ? Pas vraiment. Une étude de trois chercheurs américains (Berkeley, Californie) met en évidence l'impact d'une telle mesure généralisée aux métropoles mondiales (1). Elle permettrait la stabilisation de l'effet de serre pour la prochaine décennie !

« C'est simple, s'enthousiasme Yann Librati, la couleur blanche dispose d'un coefficient d'absorption du rayonnement solaire inférieur aux autres couleurs et permet d'éviter que nos bâtiments deviennent des fournaises. »

Du blanc, donc, pour réduire la température dans les habitations et donc une surconsommation de clim'. La Californie contraint d'ailleurs depuis 2005 les propriétaires de constructions au toit plat d'utiliser des revêtements blancs.

Mais d'après les chercheurs américains, il faudrait également s'occuper de la voirie. Et privilégier le béton à l'asphalte sombre.

A quand une capitale azuréenne aux allures de cité grecque ?

1. Trois chercheurs du Berkeley National Laboratory ont évalué l'impact climatique qu'aurait l'application de peinture blanche ou claire sur les toitures des grandes agglomérations urbaines de la planète.