Robert Navarro (Motion Ségolène Royal) demande une réintégration rapide de Georges Frêche
Par Bob, mercredi 29 octobre 2008 à 23:26 :: Congrès :: #492 :: rss

Si le calendrier préparé par la fédération socialiste de l'Hérault est respecté, Georges Frêche pourrait réintégrer le PS en janvier, après un vote favorable au congrès de Reims. Ainsi le veut Robert Navarro (sénateur, vice président de Région), porte flingue de Georges Frêche qui tient d'une main de fer la puissante fédération de l'Hérault depuis 18 ans (!) et le fameux congrès de Rennes.
Pourtant, le 27 janvier 2007, la commission des conflits du PS avait prononcé l'exclusion de l'ancien maire de Montpellier après les propos tenus en novembre 2006 sur le trop grand nombre de «Blacks» dans l'équipe de France de football.
Initiée par la troisième section socialiste de Montpellier à laquelle appartenait Georges Frêche, la demande de réintégration a obtenu 98 % de votes favorables. Elle a ensuite été transmise aux instances nationales par la fédération départementale, qui revendique officiellement 5 346 membres cotisants. «Nous avons besoin de lui au Parti socialiste pour préparer la prochaine échéance des régionales, avec son bilan et sa capacité à fédérer», explique Robert Navarro, sénateur, secrétaire départemental et fidèle lieutenant du bouillant président de la Région Languedoc-Roussillon.
«Cela ne changera pas grand-chose au fonctionnement de la fédération. Même exclu, il présidait en personne les réunions de désignation de candidature pour les sénatoriales. Et il s'était lui-même bombardé tête de liste avant de choisir la cinquième place. S'il est réintégré, moi et mes trois confrères (Lazerges, Rigaud, Bilhac) de l'autre liste socialiste aux sénatoriales ne devons pas être exclus», répond Robert Tropéano, sénateur élu sur la liste concurrente de celle de la fédération.
Les dernières sénatoriales s'étaient en effet déroulées dans une ambiance de vendetta départementale entre les amis d'André Vézinhet (président du conseil général), qui défendent la motion Delanoë, et ceux de Georges Frêche (Navarro, Mandroux), qui soutiennent la motion Royal. «Nous choisissons cette motion parce qu'elle est défendue par des responsables locaux qui n'ont rien à voir avec l'establishment parisien. En signe de pacification, nous n'avons pas demandé l'exclusion des parlementaires qui avaient soutenu les dissidents des sénatoriales. Les sanctions des quatre candidats sont tombées automatiquement de Paris», ajoute encore Robert Navarro en stakhanoviste du consensus dans un PS héraultais sur les charbons ardents. Comme toujours depuis que Frêche est aux fourneaux...
Voila donc le dernier coup de force de la tristement célèbre fédération de l'Hérault : demander la réintégration de Georges Frêche au Parti Socialiste, dont il avait été exclu en janvier 2007 après avoir - encore - tenu des propos très limite (il avait qualifié les harkis de «sous-hommes»). Jeudi dernier, le conseil fédéral a demandé qu'une procédure de réintégration soit soumise au niveau national. Malgré quelques abstentions, les socialistes héraultais ont, comme toujours, soutenu la demande.
« Techniquement, cette requête n'est pas recevable, explique un membre de la commission des Conflits. Frêche ayant été exclu définitivement, il doit attendre au moins deux ans avant de demander sa réintégration, c'est-à-dire janvier 2009 ». A compter de cette date, il devrait patienter jusqu'au congrès de 2011 pour être amnistié, puisque seul le congrès peut statuer sur les demandes de réintégration. C'est bien trop loin pour le patron de la région Languedoc-Roussillon, qui compte sur l'indulgence de ses camarades de Solférino qu'il espère convaincre d'accepter sa réintégration dès le congrès de Reims, le 15 novembre prochain. Frêche gagnerait ainsi deux ans de purgatoire.
Information niçoise
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