Face à la crise, la droite assassine la recherche
Par Hervé, jeudi 30 octobre 2008 à 14:20 :: Débats :: #493 :: rss
Pour paraphraser Raffarin, une "bonne gestion de père de famille" voudrait que lorsque l'inquiétude règne, on investisse pour tracer des perspectives utiles dans l'avenir.La droite le dit bien plus qu'elle ne le fait. En particulier, elle maintien le fameux paquet fiscal et saborde la recherche publique nationale en organisant dogmatiquement un véritable plan social.
Voici un communiqué de "Sauvons la Recherche" qui tente de mobiliser scientifiques et citoyens face à ce danger de déclassement de la France dans les années à venir.
Depuis cet été, nous savions que l'enseignement supérieur et la recherche allaient vivre une rupture, avec la suppression de 900 emplois. Nous avons appris il y a quelques jours que les projets de "chaires mixtes universités-organismes" allaient en fait couter 130 emplois supplémentaires, portant donc le nombre total de suppressions à plus de 1 000.
Au CNRS, il y aura 300 postes de chercheurs au concours en 2009, contre 385 l'an dernier. A l'INSERM, il y aura près de 20% de recrutements de chargés de recherche en moins (dans certaines sections jusqu'à -50%).
Par ailleurs, nous savons que le budget dont la discussion à l'Assemblée nationale doit démarrer lundi 3 novembre sera mauvais pour la recherche publique, alors même que la France accuse aujourd'hui ici un retard abyssal. Et les grandes opérations de communication du gouvernement pour vanter ses
efforts sans précédent dans le financement et le renouveau de l'organisation de la recherche ne doivent tromper personne (voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2183 ) : même le "Rapport sur les politiques nationales de recherche et de formations supérieures" indique que la dépense intérieure de recherche et développement, rapportée au PIB, baisse depuis 2002, et n'atteint plus en 2007 que 2,08%.
Pendant ce temps-là, notre ministre tente de faire diversion en annonçant des mesures pour les carrières des personnels. Au-delà de quelques mesures intéressantes (comme une meilleure
prise en compte de l'ancienneté professionnelle au moment du recrutement), la philosophie principale de ces propositions repose sur l'augmentation de l'individualisation des salaires, sur la base de primes attribuées
localement, avec tous les risques de dérives qu'un tel système permet. A l'inverse, nous avons toujours défendu la possibilité d'avoir une accélération du franchissement d’échelons et des promotions, en cas d’évaluation nationale favorable.
En outre, Valérie Pécresse annonce un futur décret sur la « modulation des services » et son directeur de cabinet a explicitement affirmé pour la première fois aux organisations syndicales la volonté du gouvernement de modifier le décret statutaire de 1984.
Par ailleurs, la situation au CNRS se dégrade. Le projet de "chaires" défendu par Valérie Pécresse a été rejeté par le Conseil Scientifique du CNRS : ce système a pour conséquence d'utiliser deux emplois pour chaque personnes recrutée sur une de ces chaires. Au niveau des disciplines scientifiques, rappelons qu'une commission nommée par le ministère et chargée de "mettre en oeuvre le plan stratégique « Horizon 2020 » du CNRS" rendra ses conclusions le 10 novembre. Ce qui se profile : rien moins que la sortie du CNRS de la biologie d'une part qui rejoindrait un nouvel établissement créé autour de l'INSERM et de l'informatique qui rejoindrait l'INRIA. Tout cela sans débat avec les principaux acteurs.
Le plan social pour les organismes de recherche et les universités est en train de prendre forme : face à cette rupture dangereuse, la mobilisation est nécessaire.
Information niçoise
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