Pendant ce temps-là, notre ministre tente de faire diversion en annonçant des mesures pour les carrières des personnels. Au-delà de quelques mesures intéressantes (comme une meilleure
prise en compte de l'ancienneté professionnelle au moment du recrutement), la philosophie principale de ces propositions repose sur l'augmentation de l'individualisation des salaires, sur la base de primes attribuées
localement, avec tous les risques de dérives qu'un tel système permet. A l'inverse, nous avons toujours défendu la possibilité d'avoir une accélération du franchissement d’échelons et des promotions, en cas d’évaluation nationale favorable.

En outre, Valérie Pécresse annonce un futur décret sur la « modulation des services » et son directeur de cabinet a explicitement affirmé pour la première fois aux organisations syndicales la volonté du gouvernement de modifier le décret statutaire de 1984.

Par ailleurs, la situation au CNRS se dégrade. Le projet de "chaires" défendu par Valérie Pécresse a été rejeté par le Conseil Scientifique du CNRS : ce système a pour conséquence d'utiliser deux emplois pour chaque personnes recrutée sur une de ces chaires.  Au niveau des disciplines scientifiques, rappelons qu'une commission nommée par le ministère et chargée de "mettre en oeuvre le plan stratégique « Horizon 2020 » du CNRS" rendra ses conclusions le 10 novembre. Ce qui se profile : rien moins que la sortie du CNRS de la biologie d'une part qui rejoindrait un nouvel établissement créé autour de l'INSERM et de l'informatique qui rejoindrait l'INRIA. Tout cela sans débat avec les principaux acteurs.

Le plan social pour les organismes de recherche et les universités est en train de prendre forme : face à cette rupture dangereuse, la mobilisation est nécessaire.