Vitamine C, l'écologie et le social sont liés
Par Hervé, vendredi 31 octobre 2008 à 14:39 :: Congrès :: #498 :: rss
Par Hervé, vendredi 31 octobre 2008 à 14:39 :: Congrès :: #498 :: rss
1. Le dimanche 2 novembre 2008 à 12:52, par David
Enfin plus d’écologie dans la motion C ! Les propositions sont globalement bonnes et plus précises que dans le texte de la motion :
- Gestion directe de l’eau par les collectivités locales
- Mise en œuvre d’un plan d’investissement dans la maitrise de l’énergie des logements
- Développement de transports des marchandises moins pollueurs (par voies fluviales, par ferroutage…
- Fiscalité verte : principe du pollueur / payeur + taxe carbone
- Agriculture mondialisée : relocalisation de certaines productions
- Culture bio moins chère, démocratisée
- Développement de la recherche
Outre l’absence de propositions sur l’après pétrole et l’après nucléaire, outre le fait qu’il n’y ait absolument aucune idée neuve, le seul et vrai défaut de l’argumentaire, me semble-t-il, est dans la façon de présenter ces propositions.
On ne parle, pour répondre à l’urgence environnementale, que de l’intervention de la puissance publique. Bien sûr, on ne peut attendre que le marché se saisisse tout seul de la question environnementale. Mais l’on perd ainsi un argument fort que les socialistes avaient développés durant la campagne présidentielle de 2007, un argument que les Verts ne développaient pas et qui est aujourd’hui repris par… Jean Louis Borloo !
Cet argument consiste à présenter l’écologie non pas comme une contrainte mais comme un moyen de faire des économies, de réaliser des bénéfices et de créer des emplois. Au lieu de s’opposer au marché financier en le diabolisant et en lui opposant la puissance publique (à qui on demande décidément tout, au risque se trop s’en remettre à elle, au risque de susciter une attente qui sera forcément déçue), il s’agit de montrer au marché que son propre intérêt est de prendre en compte la donnée environnementale. Il faut convaincre le capital que le respect de l’environnement, sur le long terme, lui coûte moins cher.
Le thème de l’excellence environnementale développée par Royal durant la campagne, et qui, pourtant, est très peu développé dans la motion E, était vraiment porteur : on expliquait alors que l’isolation thermique des logements anciens est un chantier immense, qui devra s’étaler sur deux à trois décennies, qui doit certes être organisé par la puissance publique mais qui sera créateur d’emplois (nous n’avons pas en France l’équivalent des ingénieurs experts en isolation thermiques qu’ont les pays du Nord de l’Europe ou la Belgique). L’isolation thermique représente une baisse considérable des charges du foyer. L’idée de l’excellence dans le développement durable consistait à faire de la France un pays « pilote », un exemple en Europe et dans le monde.
L’état de Californie aux Etats-Unis, prétend être un exemple de croissance économique tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en respectant les accords de Kyoto. Même si la personnalité de Schwarzenegger peut être contestable, ainsi que certaines pratiques dites écologiques en Californie, il a réussi le tour de force de démontrer la compatibilité entre l’économie de marché et le respect de l’environnement : l’écologie n’est plus le seul devoir des forces publiques, c’est une chance pour l’économie.
Borloo expliquait récemment dans une émission de télé qu’il voulait démontrer aux entreprises que le respect de l’environnement pouvait représenter pour elles un gain de productivité. Cela repose un problème d’ordre général :
La Gauche parle de l’intérêt collectif. Elle a raison. Mais elle a tort de ne parler que de cela.
La Droite parle de l’intérêt individuel et fait des promesses à chacun des électeurs, en essayant de n’oublier personne, aucune catégorie sociale, aucun type de population. Elle a bien sûr tort sur le fond, mais c’est ce qui la fait élire à chaque fois (repensez à la campagne de Sarkosy) et ce qui nous fait perdre à chaque fois.
Ne parlez de l’écologie que sous l’aspect de l’action de la puissance publique est réducteur. Sur le fond, bien sûr, ce n’est pas faux (rien ne se fera sans la puissance publique), mais c’est stratégiquement et pédagogiquement une erreur. Il faut montrer que l’intérêt est double :
- Collectif (pour la planète, pour les générations futures, pour la gestion des sols, etc.)
et
- Individuel. Et c’est là qu’il faut être bon pour convaincre car le discours des verts a paradoxalement fait beaucoup de tort à l’écologie. On a montré uniquement l’aspect « contraignant » de l’écologie, l’aspect « privatif de libertés » : on te dit comment te déplacer (les voitures polluantes sont montrées du doigt), comment te laver (tu prends un bain ou une douche ?), comment te laver les dents (ne laisse pas couler l’eau quand tu te lave les dents !) et là… on touche le fond !!!
Il faut au contraire montrer que l’écologie fait baisser la facture EDF, que cela réduit l’asthme, les bronchiolites des enfants, certains risques de cancer, améliore la qualité de vie (bruit, pollution, nourriture saine), etc.
Il faut aussi montrer leur intérêt individuel aux entrepreneurs et aux agriculteurs pour les amener à modifier leur modèle de production, les faire bénéficier d’aides publiques et de déduction d’impôts et de charges.
Sur le fond, on a raison (avec aucune proposition nouvelle), mais, sur la forme, on a un
monde… de retard !
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