Il est temps d'essayer la différence !
Par Bob, jeudi 6 novembre 2008 à 10:46 :: Congrès :: #507 :: rss
2. Parce qu’elle est précise sur les propositions ! Aux discours vagues et aux orientations floues, nous préférons des propositions précises, susceptibles de mobiliser le peuple de gauche : sur les salaires, sur les retraites, sur l’école, sur les services publics, sur la réforme des institutions, sur la démocratie dans les médias, nous proposons aux militants des réformes ambitieuses et réalistes.
3. Parce qu’elle est claire sur les orientations ! Contrairement à d’autres, nous n’avons jamais caressé le rêve de concilier socialisme et libéralisme. Nous plaidons au contraire pour une gauche décomplexée, fière de ses valeurs, offensive face à la droite.
4. Parce qu’elle est la seule à proposer une position sans ambigüité sur les alliances ! Le congrès sera utile s’il affirme sans ambiguïté que le PS revendique une stratégie claire de refus d’alliance avec le centre. Nous proposons d’engager une démarche politique pour favoriser l’unité de la Gauche.
5. Parce qu’elle est une motion de rassemblement. Là où d’autres se divisent pour cause d’ambitions concurrentes, nous avons choisi de nous rassembler. Les militants de 7 contributions se retrouvent sur notre motion.
6. Parce qu’elle fait le pari du renouvellement. Chaque motion promet le renouveau et la rénovation. Nous avons choisi de passer des paroles aux actes : le 1er signataire de la motion C est Benoît HAMON, député européen de 41 ans.
AFIN QU'ON NE PUISSE PLUS DIRE DEMAIN AU PS...
1. « Il faut faire des retraites par capitalisation... »
La chute des places financières que nous connaissons aujourd’hui produit la faillite des banques mais entraîne également une dépréciation importante des actifs des fonds de pensions. Cette baisse a pour conséquence immédiate une violente baisse des retraites de millions d’anciens salariés dans de nombreux pays. Certains se retrouvent à la rue et ne savent plus comment subsister. Au contraire, la retraite par répartition garantit une stabilité des ressources des retraités.
Par ailleurs, en temps normal, les fonds de pensions exigent des rendements financiers extrêmes de la part des entreprises dont ils détiennent le capital. Cette pression aux dividendes exerce un effet dévastateur sur les salaires, encourage le dumping social, fiscal et écologique et limite les investissements dans la recherche et l’innovation. En conséquence, les salaires baissent, le pouvoir d’achat dégringole, l’épargne retraite s’amenuise et les retraites à venir des salariés actuels se réduisent comme peau de chagrin.
2. « Il faut d’abord produire plus de richesses pour augmenter le niveau de vie des Français... » ou « On ne peut pas augmenter les salaires »
La production de richesses n’a jamais été historiquement aussi importante. Néanmoins, depuis le début des années 1980, la part de la richesse nationale qui va aux salaires et aux charges ne cesse de diminuer au profit du capital.
En 30 ans, c’est 11 points de PIB qui sont allés des poches des salariés, du budget de l’état et des caisses de sécurité sociales vers les poches des actionnaires. En 2008, c’est donc presque 200 milliards qui n’ont pas été versés aux salaires et aux charges sociales par rapport à la répartition qui existait en 1983. En maintenant l’équilibre d’alors il n’y aurait pas de trou de la sécu, de déficit du budget de l’état et chaque actif aurait touché environ 5000 euros net en plus sur l’année.
3. « Il faut remettre les français au travail... »
Sous l’effet d’innovations techniques, d’une éducation de qualité et d’efforts de la part de tous, la productivité en France a été multipliée par 5 entre 1960 et 1990 (alors qu’elle n’avait que doublé entre 1820 et 1960). Il faut donc beaucoup moins de gens pour produire plus.
La régulation par le marché a conduit à un chômage de masse et à une précarité importante dans tous les pays du monde. En France, grâce à un droit du travail protecteur, la précarité généralisée a été limitée. Pour redonner du travail à tous et redistribuer l’effet des progrès accomplis collectivement, il faut reposer la question de la durée du travail. La relance de la croissance ne suffira pas à redonner un travail à chacun.
Quand on moyenne sur l’ensemble des durées de travail des actifs d’un pays (en retirant les chômeurs), la durée du travail hebdomadaire moyenne en France est plus importante qu’aux USA et qu’aux Pays-Bas. C’est un résultat surprenant qui s’explique par la multiplication des emplois précaires de courte durée et faiblement rémunérés dans de nombreux pays possédant un droit du travail peu protecteur.
4. « Le problème de la France, c’est les 35 heures »
La modération des salaires mise en place dans de nombreux endroits lors du passage aux 35 heures n’est pas la cause principale du pouvoir d’achat. En effet, depuis plus de 30 ans, le chômage de masse met une pression insupportable sur les salaires. Quand le chômage est partout, qui est en situation de négocier avec son patron ? Personne.
Assurer une meilleure redistribution des richesses, c’est d’abord augmenter les salaires. Le problème de la crise sociale c’est le chômage endémique et l’exclusion sociale qu’il génère. La lutte contre le chômage est une priorité, le partage du travail en est un des outils essentiels. Le passage à 35 heures a créé 350 000 emplois en ne profitant qu’à 60% des salariés. Depuis la productivité a augmenté continuellement, le chômage est repartit à la hausse malgré une situation démographique favorable et la crise financière n’arrangera rien. Il est primordial de relancer un débat sur la question de la durée du travail. Plusieurs mesures sont possibles. Par exemple, l’INSEE estimait dans l’un de ces rapports que le passage à la semaine de 4 jours permettrait de créer 1 600 000 emplois à temps plein et validait le schéma de financement envisagé.
5. « La solution au chômage c’est la croissance »
Depuis maintenant 60 ans, la croissance moyenne en France ne cesse de diminuer pour être de l’ordre 2% par an ces dernières années. Cette année, elle sera même plus basse et nous venons de rentrer en récession.
Pour créer des emplois en France, les économistes s’accordent à dire qu’il faut faire plus de 3 points de croissance. Or depuis de nombreuses années, nous n’y arrivons plus. Nous ne sommes pas les seuls. Au japon, malgré un investissement massif dans la recherche et l’innovation (plus de 3% du PIB), le pays ne sort pas d’une situation de croissance molle. Les progrès techniques contribuent plus à l’augmentation de la productivité qu’à l’émergence de nouveaux domaines d’activité. Le développement durable est une poche de croissance et d’emplois mais il ne peut être le seul remède au chômage de masse. La relance de la croissance ne peut constituer la seule stratégie de résorption du chômage.
6. « La concurrence et l'autorégulation des marchés est efficace »
La mise en concurrence a été officiellement le maître mot de la politique de Reagan et Thatcher pour s’attaquer aux grands monopoles d’état concernant les transports des personnes (train, avion) ou l’accès aux ressources élémentaires (énergie, eau,…). Elle a ensuite été reprise au niveau européen à propos de nombreux services aux citoyens (gaz, rail, électricité, téléphonie). Force est de constater que le bilan est globalement très négatif : on peut citer par exemple les trains anglais jamais à l’heure et dangereux, la distribution de l’eau en France dont le prix varie du simple au triple (voire davantage) en fonction des communes rompant ainsi avec le principe d’accès équitable à une service humain fondamental, la mise en concurrence des Universités aux USA qui a conduit à des inégalités criantes d’un établissement à l’autre et qui produit des jeunes diplômés lourdement endettés (mais en conséquence extrêmement dociles). Même dans des domaines où un certain gain pour le consommateur dans le prix des services a pu être observé à un moment du processus de mise en concurrence (accès internet en France par exemple), on observe très rapidement une reconcentration des opérateurs qui prennent ainsi des positions quasi-monopolistique au détriment des citoyens. On passe d’un monopole public à un quasi-monopole privé de fait.
7. « La libre circulation des capitaux est porteuse de croissance »
La crise actuelle est l’aboutissement d’un processus qui a vu la dette privée exploser dans quasiment tous les pays développés. La croissance de la dette a en effet été la seule issue trouvée par le système capitaliste pour accentuer le déséquilibre de la redistribution des richesses tout en maintenant le niveau de vie des classes moyennes. Depuis les années 1980, la croissance du PIB américain est tirée par l’endettement des ménages et l’immigration sur le sol américain et non par la libre circulation des capitaux.
La libre circulation des capitaux et le développement des paradis fiscaux ont été la cheville ouvrière de l’attaque frontale menée contre la redistribution des richesses. Ils ont donné les outils pour rendre possible les délocalisations et l’évasion fiscale et accentuer la pression sur les salaires.
Par ailleurs, la baisse graduelle de la croissance française (mais également de celle des USA, japonaise et européenne) depuis les années 60 a été concomitante à une libéralisation importante des flux financiers démontrant clairement que la libre circulation des capitaux n’est pas porteuse de croissance.
8. «Notre système de santé n’est plus tenable. Le recours à un système assuranciel est inévitable.»
Le système de sécurité sociale à la française coûte un peu moins de 10 points de PIB par an, c’est environ 40 % de MOINS que le système assuranciel américain. Selon les enquêtes de l’OMS, c’est un système très efficace. De plus, il ne laisse personne sur le bord du chemin, en particulier grâce à la CMU instituée par les socialistes.
A l’opposé, un système assuranciel comme le système américain est incapable de répondre aux besoins de santé de la société américaine, plusieurs dizaines de millions d’américains n’ont pas accès au soin et depuis quelques années la durée de vie des américains a commencé à reculer. Le déficit annuel de la sécurité sociale est d’environ 3% de son budget. C’est la baisse des cotisations sociales qui a mis notre système dans le rouge. Le retour à un meilleur équilibre dans la répartition des richesses peut rétablir l’équilibre financier. Le passage à un système assuranciel vers lequel une mutation s’opère déjà occasionne un décollage des coûts via les mutuelles et les premières assurances privées et détruit l’accès aux soins pour tous.

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